SCENE II
NANA, MUFFAT, puis ZOE
(Nana a pris une corbeille à ouvrage et s'est assise. Elle coupe des écheveaux de laine avec une paire de ciseaux.)
NANA, après un silence.
Vous ne sortez pas, cette après-midi?
MUFFAT
Non.
NANA
Il fait un temps superbe, vous devriez en profiter pour vos affaires.
HUFFAT.
Je n'ai plus d'affaires. (Il se remet à lire son journal.)
ZOÉ, rentrant.
La... Elle est déjà assoupie. (Nana lui fait signe d'approcher.) NANA, bas à Zoé.
Quand Philippe arrivera, mène-le dans le pavillon et viens me prévenir.
ZOÉ, bas.
Monsieur ne sort donc pas ?
Non... (Zoé s'éloigne. Bas. à elle-même.) Quelle idée imbécile j'ai eue, de le laisser quitter sa femme et s'installer chez moi!
ZOÉ, haut.
Je puis desservir, Madame ?
NANA, haut.
Sans doute.
ZOÉ
En voilà un remue-ménage pour cette fête que Madame doit donner !... Madame sera obligée de dîner ici, car les tapissiers en ont au moins jusqu'à demain, dans la salle
à manger et dans le Salon. (Elle dessert, sort un instant, puis rentre.)
MUFFAT, se levant.
Alors, vous donnez cette fête, c'est décidé?
NANA
Oui... Cela vous contrarie?
MUFFAT
Vous savez bien que vos moindres caprices sont des
fois... (Rapprochant et baissant la voix.) Seulement, je trouve
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que c'est peu raisonnable, dans les terribles embarras d'argent où nous sommes, lorsque cet hôtel est saisi et que les fournisseurs se fâchent.
NANA
Mais, mon cher, je ne tous demande rien... D'abord, cet hôtel ne me plaît plus. Vous savez que j'étais résolue à le quitter.
JOSEPH, au fond, à Zoé qui est rentrée.
J'en ai assez, je veux qu'elle me paye. Le cocher et les autres m'envoient... Je vais lui parler, moi.
NANA
Qu'est-ce donc, Zoé?
ZOÉ
C'est Joseph qui désire parler à Madame.
NAXA.
Eh bien ! qu'il entre !
JOSEPH, à Zoé.
Vous comprenez, la cuisinière a avancé un millier de francs pour les provisions. Charles dit qu'on lui doit deux mois de paille et d'avoine. Ils demandent à être réglés tout de suite... Et vous?
ZOÉ
Merci ! ma pelote est faite. (Elle sort.)