‹ Trois pièces tirées des romans et précédées chacune d'une préface de Emile ZolaChapitre 227 sur 239 · OCTAVE, BERTHE · texte numérisé non relu

OCTAVE, BERTHE

BERTHE

Mon Dieu! mon Dieu! (Elle se cache le visage entre les mains. Après être allé fermer la fenêtre, Octave revient vers elle. La chambre n'est toujours éclairée que par la lune.)

Voyons, Berthe, ces infamies ne peuvent nous atteindre. (Il veut l'embrasser.)

BERTIIE, le repoussant.

Oh! non, oh! non... (Avec un frisson.) J'ai le dégoût de /-loi-même. As-tu entendu dans quelle ordure elles ont traîné nos baisers, nos rendez-vous, tout ce qu'il y avait encore de bon et de délicat, au fond de notre pauvre amour?

OCTAVE

Ne pense plus à cela, je t'en prie.

BERTHE, sans l'entendre.

Elles savent tout, ces filles. 11 m'.a semblé qu'elles m'écorchaient au sang.

OCTAVE, se rapprochant d'elle.

Berthe...

BERTHE

Non, laisse-moi... Tes mains sont aussi froides que les miennes. Si tu crois que je ne sens pas ton effort pour me dire ces choses!... (On frappe.) Qu'est-ce donc?

OCTAVE, bas.

Chut h.. Ne parle pas. (On frappe de nouveau.) AUGUSTE, au dehors.

Ouvrez !

BERTHE, épouvantée.

Mon mari, maintenant!

Et rien pour te cacher!

AUGUSTE, au dehors.

Ouvrez donc! Je vous entends... Vous ne voulez pas ouvrir?

BERTHE

N'ouvre pas, il me tuerait!

m TROIS PIECES.

AUGUSTE, au dehors.

C'est bon, j'entrerai quand même!

On entend un craquement, la porte cède. Auguste entre. Rachel le suit, une bougie à la main. La chambre s'éclaire.

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