‹ Trois pièces tirées des romans et précédées chacune d'une préface de Emile ZolaChapitre 25 sur 239 · COUPEAU. GERVAISE · texte numérisé non relu

COUPEAU. GERVAISE

GERVAISE

Gueule-d'Or, c'est encore un surnom, n'est-ce pas?

COUPEAU

Oui, à cause de sa belle barbe jaune. Il s'appelle Gouget. Un garçon solide! et honnête, et rangé! qui vit avec sa mère, une vraie femme aussi, celle-là!... Vous vous en allez?

GERVAISE, qui s'est levée.

Sans doute, je m'en vais, j'ai mangé ma prune...

(Voyant Coupeau qui boit le jus qu'elle a laissé.) Comment! VOUS

finissez mon verre?

COUPEAU

Maintenant, c'est fait, je sais ce que vous pensez.

GERVAISE

Oh! ce que je pense, je veux bien vous le dire... Mon idéal, voyez-vous, ce serait de travailler tranquille, d'être sûre d'avoir toujours du pain, une chambre un peu propre, un lit, une table et deux chaises... Pas davantage !

Mais nous aurons tout ça.

GERVAISE

11 y a encore un idéal... Ce serait de ne pas être battue.

COUPEAU

Madame Gervaise, jamais je ne vous battrai, moi!

GERVAISE

Voilà tout ce que je voudrais. Alors, la vie serait heureuse.

COUPEAU

Eh bien! dites oui, et la vie sera heureuse.

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