‹ Trois pièces tirées des romans et précédées chacune d'une préface de Emile ZolaChapitre 31 sur 239 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MES-BOTTES, BIBI LA GRILLADE, suivis dADOLPHE

MES-BOTTES, entraDt avec Bibi, endimanchés tous deux.

Quelle gueuse de chaleur!

ADOLPHE

Que demandent ces messieurs?

MES-BOTTES

Nous sommes de la noce à M. Coupeau.

ADOLPHE

Ah ! treS bien ! Il va pour sortir.)

MES-BOTTES

À quelle heure qu'on mange?

ADOLPHE

A six heures, monsieur.

MES-BOTTES

Encore une demi-heure. Jamais je n'attendrai jusquelà... Servez-moi un pain et un brie, pour m'amuser.

Avec deux litres, chacun le nôtre.

ADOLPHE

A l'instant, messieurs, (il sort.)

MES-BOTTES

Cristi! qu'il fait soif!

BIBI

La pépie, quoi!

MES-BOTTES

C'est-à-dire que tout à l'heure, en venant, j'ai manqué m'arrêler devant une fontaine.

BIBI

Heureusement que j'étais là! Si l'on t'avait vu! (Adolphe

apporte deux litres, du fromage et une portion de pain.) MES-BOTTES, regardant le pain.

Garçon!... Qu'est-ce que c'est que ça, garçon?

ADOLPHE

C'est un pain.

MES-BOTTES

Ça, un pain... Ah, ça ! garçon, est-ce que tu me prends pour un Anglais? Va me chercher un pain, un pain tout entier, tu entends !

ADOLPHE

Bien, monsieur! (n sort.)

MES-BOTTES, s'asseyant.

Ça la lui coupe, à ce paroissien !

BIBI, versant à boire.

A ta santé, ma vieille.

MES-BOTTES, trinquant.

A la tienne... Il n'est pas mauvais, ce petit bleu.

BIBI

Tu ne la détestes pas, cette couleur-là, hein?

MES-BOTTES

C'est-à-dire que je finis par croire qu'à ma naissance

maman m'a VOUé au bleu ! (Le garçon apporte un pain énorme.)

BIBI

Avec une baguette comme celle-là, on a de quoi bourrer son fusil.

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