‹ Trois pièces tirées des romans et précédées chacune d'une préface de Emile ZolaChapitre 38 sur 239 · SCÈNE XII GERVAISE, LANTIER · texte numérisé non relu

SCÈNE XII GERVAISE, LANTIER

Je suis toute triste. Cette Virginie m'a rappelé le passe .Mais je veux être heureuse, je veux chasser ces mauvais

pressentiments. (A ce moment, Lantier, qui est sorti d'un bosquet. s'approche.)

LANTIER

Bonjour, madame Cou peau.

GERVAISE, reculant tr?s effrayée.

Lantier !

LANTIER

Eh bien! oui. moi... Ça te surprend?

GERVAISE

Que voulez-vous?... Ce n'est pas ici votre place.

LANTIER

Ah 1 tu n'es pas aimable. Moi qui venais t'apporter mes félicitations, au sujet de ton mariage !

GERVAISE

J'espérais ne jamais vous revoir, après la façon honteuse dont vous vous êtes conduit avec moi.

LANTIER

Mon Dieu! je l'avoue, j'ai eu des torts... Mais pourquoi as-tu conclu ce mariage si brusquement?

GERVAISE

Je n'ai pas à vous répondre. Nous n'existons plus l'un pour l'autre.

LANTIER. —

Ne dis donc pas ça... Je peux bien encore être ton ' ami.

GERYAISE.

Jamais !

LANTIER, avec càlinene.

Nous nous reverrons. Tout ne saurait être fini entre | nous. Entends-tu ! Gervaise, je veux te revoir. *

GERYAISE.

Laissez-moi, ou j'appelle.

LANTIER

Appeler! qui ça? Ton mari ! Eh bien ! à ton aise, ma chère, appelle, fais venir toute la noce.

GERVAISE, avec effroi.

Taisez-vous, par pitié !

LANTIER

Ne fctis donc pas la méchante. (Il veut la prendre dans ses bras.)

GERVAISE

Allez-vous-en, allez-vous-en, vous dis-je ! (11 veut

l'attirer à lui, elle se débat.)

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