‹ Trois pièces tirées des romans et précédées chacune d'une préface de Emile ZolaChapitre 46 sur 239 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

LES MÊMES, MES-BOTTES

MES-BOTTES, entrant, à Coupeau.

Bonjour, mon vieux.

COUPEAU

Qu'est-ce que tu viens faire par ici?

J'apporte des chaînages pour cette bâtisse;.. Et toujours content?

coupeau. - Mais oui, merci.

MES-BOTTES

La famille va bien?

COUPE au.

Très bien! Gervaise, ma petite Nana, tout le monde se porte comme un charme.

MES-BOTTES

Ah ! tu es heureux, toi !

COUPEAU

Le fait est que j'aurais tort de me plaindre. Depuis sept ans que je suis marié, tout m'a réussi.

MES-BOTTES

T'as de la chance! Et tout ça, parce que tu n'as pas comme moi. sous le nez, un trou qui a toujours soif.

BIBI, apercevant Mes-Bottes.

Ohé! Mes-Bottes!

MES-BOTTES. regardant en l'air.

Eibi et Bec-Salé! qu'est-ce que vous faites donc làhaut?

BEC-SALÉ, fièrement.

Nous travaillons.

MES-BOTTES

Vous travaillez... En v'ià des fainéants! (On entend sonner

onze heures.)

BEC-SALÉ

Onze heures! L'heure de la soupe.

BIBI

Descendons Vite. (Ils descendent ainsi que les autres ouvriers qui s'en vont.)

MES-BOTTES, riant.

Hein? ça ne traîne pas.

BEC -SA LÉ

Viens-tu déjeuner avec nous?

MES-BOTTES

Il faut que je monte mes chaînages là-haut, (il monte sur

l'échafaudage.)

BIBI

Dépêche-toi, on t'attend.

BEC-SALÉ, à Coupeau.

Et toi, tu ne viens pas?

COCTEAU.

Merci, la bourgeoise doit m'apporter la becquée.

BEC-SALÉ

Plus que ça de genre!

COUPEAU

Et, en attendant, je vais chercher Zidore, mon polisson d'apprenti, qui est parti depuis vingt minutes pour m'avoir du zinc. Je parie qu'il joue au bouchon sur la

place, (ii sort.)

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