‹ Trois rois, trois dames comédie en trois actes, mêlée de chantChapitre 28 sur 36 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

BLICOURT. BLANOUnD .

BLANCHARD

Nous sommes seuls, occupons- non* vite de notre affaire, mon cher monsieur de Blicourt. [Il va chercher te mémoire sur le bureau de droite.)

BLICOURT. à part.

Quel langage!... pas un mot de culère... Monsieur Mathieu ne lui a rien dit...

C’est à dix heures, ce matin, nous en sommes convenus hier, que vous devez porirr ce nn-moin* à votre oncle, qui l'attend, pour enlever la question et le vote do la chambre. Vous m'obligerez de le lui lire vous même, afin qu'il en retienne mieux les raisons. Cela vous prendra jusqu'à midi, mais la chambre n'ouvranl guère la séance qu'à u»e heure, voue aurez tout le temps nécessaire si vous apportez quelque activité, et vous m’avez habitue à votre zèle.

BLICOURT.

Une affaire des plus Importantes m'oblige à vous prier de charger un nuire que ni >i de porter ce mémoire à mon oncle.

BI.ANCliiRD, fl part.

Son duel I... (flaut.) Y songez-vous? Si je lui envoyais ce mémoire par une antre personne, votre oncle croirait que vous me retirez votre confiance.

BLICOURT.

C’est une prière.

BLANCHARD

N’insistez pa« , il m’est impossible d’y faire droU ; votre zèle suffi < à tout. (Il fui remet le mémoire.)

BLICOU1. à Mouchard.

Monsieur!... (Enten allant, d part.) Mou duell mon duel!... (Il tort.)

flCÈHTZ XXI.

BLANCHARD, seul.

Didier vient de ni’oppnser le même refus quand je lui ai dit d'aller chez son père cberchpr les fonds du cautionnement, qu’attend le ministre. Son refus a achevé d’éclairer tna conviction. II est le témoin de M. de Blicourt; et cette nuit, à l’Opéra, Didier était avec Hélène, comme M. de Blicourt était avec madame Mathieu. Je n'ai plus rien à savoir; ci voici ce qui va arriver. Didier n’ira pas <-hez son père, le banquier; «M. de Blicouri, chez son oncle, le député. Mon affaire est perdue, et c’est ce que jû veux. Eu agissant ainsi, je me passe de leur générosité et je lie laisse percer aucun soupçon. Quant à Dumartel, il en sera pour sa curiosité; je l'ai mis en voilure. Et Mathieu n'aura rencontré personne là où il est allé chercher un adversaire à frapper.

Tout mourra donc avant de mitre; j'ai comprimé l'embrasement dans me* mains. Ainsi, pas de scandale, pas de sang, excepté celui que nia blessure répand iutéiicumnnit goutte à goulu- . car je souffre beaucoup. Il m’étouffe ce masque de marbre que j’ai sur le visage; le poison lent du silence est terrible, c’est celui qui tue!... Oh! c’est trop pour un botnine de retenir à la fois sa colere, son indignation, ses cris et ses pleurs... Hélène, amour charmant de ina jeunesse!... trésor caché de ma maison... Hélène... elle en aime un autre... elle a etc éblouie par les brillants dehors qu’elle n’a pas trouvé- en moi... Oh! les femmes ne savent pas tout ce qn il y a de véritable amour dans le dévouement silencieux de l’honnètc homme qui aime comme Dieu, sans bruit, mais toujours... elle va venir... je l'attends... oh! quelle est cruelle la nécessité de se venger, de frapper la main qu’on a couverte autrefois de baiseis et de laitues... C'est elle.

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