‹ Trois rois trois dames comedievaudeville en trois actes par m. Leon GozlanChapitre 35 sur 53 · ACTE II, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII

dumartel, à Blicourl *.

Vous a-t-on vu à quelque bal bien gai, bien fou? Et les intrigues? Je ne vous parle pas de vos conquêtes, puisque je vous lais les miennes.

BLICOURT.

Il manque le feuillet 17... Ab ! le voici...

DUMARTEL.

Il n’y a plus de jeunesse! (A Blanchard.) T’expliques-tu, Blanchard, cette colère de Mathieu? (A part.) Il faut que je sache quelque chose.

BLANCHARD

Eh I mon Dieu, est-ce que Mathieu n’est pas en colère depuis sa naissance?

DUMARTEL.

Sans doute, mais depuis sa naissance, je trouve qu’il a fait de notables progrès.

BLANCHARD

Ensuite, outre l’intérêt qu'il le porte et qui lui a fait accepter avec tant de vivacité la mission de témoin dans ton affaire, Mathieu, dont tu connais les principes, a été irrité du récit de ton aventure, où deux femmes, qu’il suppose mariées, se font accompagner clandestinement au bal par deux jeunes gens, qu’il suppose aussi être les amants de ces dames.

BLICOURT.

Qu’ai-je entendu?

DUMARTEL.

Tu as raison mais il reste toujours à savoir qu’elles peuvent

être les deux dames que j’ai vues entrer dans cette maison, les deux charmants dominos gris, cause de mon duel?

blicourt, à part.

Il nous a suivis... tout est découvert.

DUMARTEL.

Monsieur de Blicourt, qui vient souvent ici, pourrait peut-être nous l'apprendre. (Il va vers Blicourl, qui affecte toujours d'être absorbé par sa lecture.) Connaissez-vous les dames qui habitent cette maison?

blicourt, sans lever la tête.

La femme d’un avoué.

DUMARTEL.

Les femmes d’avoués n’ont pas d’amants. Ensuite?

BLICOURT.

La femme d’un notaire.

DUMARTEL.

Oh ! les femmes de notaires n’ont pas d’amants non plus.

BLANCHARD

Mon cher Dumarlel, M. de Blicourt s’occupe de notre importante affaire, qui se décide dans quelques heures...

* Blanchard, Dumartel, Blicourt.

Oh! pardon, je me retire... je vais me faire avancer une voilure par ion concierge...

BLANCHARD, à part..

Oui, pour le questionner.

DUMARTEL.

A deux heures je viendrai vous complimenter, Mathieu et toi, sur la victoire que vous aurez remportée à la chambre.

BLANCHARD

Je t’accompagnerai jusqu’en bas, Dumartel.

DUMARTEL.

Pourquoi tant d’honneur? je ne le souffrirai pas.

BLANCHARD

Non, j’ai quelque chose à te confier relativement à notre affaire...

DUMARTEL.

( A part.) Je ne saurai rien. ( Saluant Blicourl.) Monsieur... [Haut, à Blanchard.) Puisque lu le veux.

ENSEMBLE

DUMARTEL.

Cet honneur me dépile.

Il me vexe, il m’irrite ;

Quoi ! finir ma visite,

Sans avoir rien appris !

BLANCHARD et BLICOL'RT.

A la fin il nous quitte,

Et sa langue maudite,

Pendant cette visite,

Chez nous » ,

j ci | n’a rien appris,

DUMARTEL , seul.

C’est à renoncer à la tâche:

Vraiment cela devient honteux.

Les gens ne veulent plus qu’on sache Ce que l’on fait chez eux.

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