ACTE I, SCÈNE III
gloire nous avons toujours préféré les cotons, le sucre et le café que nous rapportions en échange de nos vins. Si nous avons quitté Bordeaux, théâtre de notre fortune, c’est que nous son» gions, Blanchard et moi, à nous créer une position encore plus avantageuse. Sachez donc que nous sommes sur le point de devenir concessionnaires du chemin de fer de Paris à Brest.
HÉLÈNE
Mais la bonne nouvelle?
MATHIEU
Je viens de vous la dire.
HÉLÈNE
Ah! c’est là la bonne nouvelle?
MATHIEU
Sans doute... Permettez que j'achève. L’oncle de M. de Blicourt, — qui est député, un excellent député: il ne parle jamais, mais il vole!... — s’intéresse beaucoupau succès de notre demande, il l’appuie et il travaille à nous assurer le vote de la çbatnbre, qui aura lieu demain. Vous m’écoutez toujours?
Hélène.
Avec le plus vif intérêt.
LAURE
Avec le plaisir le plus grand.
MATHIEU
Il nous fallait encore dix millions pour compléter notre cautionnement; M. Didier s’occupe en ce moment de les réunir. Il est en course avec votre mari, madame Blanchard, et dans quelques instants nous les reverrons tous les deux nous apporter l'assurance qu’ils ont trouvé celle somme. Ainsi, réjouissez- vous 1 dans deux ans nous serons quatre fois plus riches; dans quatre ans encore plus riches!...
HÉLÈNE
Et nous travaillerons huit fois davantage !
Voilà un avenir !
MATHIEU
Qu’on pourra justement appeler brodé d’or.
un domestique annonce. . • ••'
M. Dumartel 1
matiueu, remontant.
Je m'étonnais qu'il ne fût pas déjà venu.