‹ Trois souvenirs [microforme]Chapitre 12 sur 22 · POUR LA FETE DE ST. JEAN-BAPTISTE · texte numérisé non relu

POUR LA FETE DE ST. JEAN-BAPTISTE

Que ne puis-je en ce jour, aux vers donnant la loi, Faire entendre en tout lieu des chants dignes de toi ! Oui, je te chanterais, à ma douce patrie !

Comme le fils bien né d'une inère chérie, Qni va louant toujours l'objet de son amour, En vers harmonieux je dirais tour à tour Et les faits merveilleux de ta brillante histoire ; Et les lieux renommés qui gardent la mémoire

| De tant de noms chéris, dont le doux souvenir Doit passer d'âge en âge aux siècles à venir ; Et les champs glorieux qu'illustra la vaillance ; Et les prés émaillés, si chers à mon enfance. Tantôt comme Virgil, sur le doux chalumeau,

À je chanterais la paix, les plaisirs du hameau ;

Nos épaisses forêts et nos riches campagnes ; Le Huron poursuivant l'élan sur les montagnes ;

| L'enfant qui de l'hiver brave tous les frimas Et guide son traîneau sur un lit de verglas, Ou sillonne en tous sens l'éclatante surface Qu'offre aux légers patins un brillant pont de glace,

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Quelquefois j'oserais, d'un style plus pompeux, Jenet'o Peindre du Saint-Laurent le cours majestueux ; l'on non Ou bien, sans redouter l'infortune d'Icare, Va must Et suivant dans son vol le sublime Pindare, Que ne] Chanter de nos guerriers le vaillant bataillon \ la reli{ Triomphant et vainqueur aux champs de Carillon ; Quand a Montcalm et son rival, que la valeur entraîne, La fille d Tout couvert de leur sang succombant dans la plaine Se chang C'est a!ors que vos noms, célébrés dans mes vers, Oh! de [raient de bouche en bouche au bout de l'univers, Diuis qui Châteauguay, Maricourt, Sérigny, d'Iberville, Qu'il me Ste. Hélène, Longueuil et vous braves Bienville ! Be prète: Famille de héros que les plus « climats Dux char Virent jadis gaientent affronter les combats. De conte Mais toi, Salaberry ; comment à ta mémoire De joyeu Rendre un juste tribut de louange et de gloire ? à Etla lun Et comment dignement de tes trois cents guerriers \ille obj Publier la valeur et les nobles lauriers ? Oh ! oui, Ma muse à le tenter serait même inhabile ; Pour dire Pour un si beau sujet il faudrait un Virgile, Combien Toutefois j'essaierais de louer vos vertus Ecoutant Et vos noms à jamais de gloire revêtus à leur ch Généreux fondateurs, vrais amis de l'enfance, Pour faire Pour qui le Canada, plein de reconnaissance, Puis, var Gardera souvenir à son amour égal. ’aisible Oui, vos noms précédés de l'immortel Laval, Du suiva Seraient partout bénis et répétés sans cesse. nes jardi

J'exalterais ces noms tant bénis autrefois :

Manse, Youville, et puis cette aimable Bourgeois,

Ange de charité, gloire de ma patrie.

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Je ne t'oublierais pas pieuse La Peltrie !

l'on nom réveille en moi de trop doux souvenirs, \ia muse à te louer charmerait ses loisirs ;

Que ne puis-je te peindre, auprès du monastère,

À la religion prêtant ton ministère ?

Quand au pied de ton arbre on voyait à ta voix, La fille du Huron, sortant du fond des bois,

Se changer tout-a-coup en timide colombe ?

Où ! de combien de fleurs je chargerais ta tombe ! Puis, quittant ces sujets, sur le rivage errant,

Qu'il me plairait le soir, aux bords du St. Laurent,

De prêter en silence une oreille attentive

BAux chants du matelot que répète la rive !

De contempler souvent, au loin fendant les flots, De joyeux Canadiens dans leurs légers canots ; Et la lune argentant de sa clarté féconde

\ille objets répétés dans le cristal de l'onde !

Oh ! oui, qu'il me plairait de composer alors, Pour dire ces beautés, les plus tendres accords ! Combien de fois aussi, dans un riant bocage, Ecoutant des oiseaux l'agréable ramage,

À leur chant doucereux je mélerais ma voix,

Pour faire retentir les échos de nos bois !

Puis, variant les sons de mon humble musette, aisiblement assis sur la naissante herbette,

Ou suivant en jouant les replis d'un ruisseau,

M cs jardins et des champs je peindrais le tableau.

Et comme l'abeille Tous Qui, de fleur en fleur, Font é Pillant la corbeille Et les !

Et flairant l'odeur s

Et les « Des parfums de Flore, It même du jour Prévenant l'aurore, Revoit tour à tour Les beautés nouvelles Pourqu Qui, dans le jardin, Acieux

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Ma muse légère Ainsi volerait Parmi la fougère, Et là chanterait La riche verdure Qui de son manteau À renvé Revêt la nature A l'omt D'un éclat nouveau ; Attends Toutes les merveilles Sous l'é Des jardins, des prés, Tu pou Les roses vermeilles, oh | Les œillets pourprés, À L'humble violette, Le narcisse en fleur, La blanche paquette, Je n'ira L'agréable odeur | Puisque Du lilas nouveau, Me con Embaumant l'enceinte rod D'un riant berceau, La sombre hyacinthe :

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Tous les trésors enfin que les tendre Zéphyrs

Font éclore au printemps au gré de nos désirs ;

Et les fruits abondants que nous offre l'automne ; Et les champs jaunissants que, plein d'espoir, moissonne Le joyeux laboreur, suivi de ses enfants,

Seraient aussi l'objet de mes rustiques chants. Mais où m'emporte donc ma folle rêverie ?

Pourquoi ces vains désirs de louer ma patrie ? AGieux, vœux impuissants ! mon esprit désormais Va, pour se consoler, former d'autres souhaits:

—**" Prospère, O Canada, grandis longtemps encore. Puisses-tu des malheurs que l'Europe déplore Ignorer à jamais les funestes excès !

Puisse-tu détourner les rapides progrès

De cet esprit nouveau dont le sombre délire

À renverser tout ordre exerce son empire !

A l'ombre du drapeau de la fière Albion

Attends en paix l'instant où, comme nation,

Sous l'égide du Dieu modérateur suprême,

Tu pourras, libre enfin, te gouverner toi-même." —Oh ! si le ciel propice écoute tous mes vœux, Que mon pays alors sera riche et heureux !

D'autres célèbreront son bonheur et sa gloire ;

Je n'irai point contre eux disputer la victoire.

| Puisque du don des vers le ciel sage et discret, Me condamne à toujours ignorer le secret, Froid versificateur, sans génie et sans verve, Je ne veux plus rimer en dépit de Minerve, Mais si plus tard sa voix, réveillant mon ardeur,

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