LA BAIE SAINT-PAUL
L'histoire de ia Baie Saint-Paul dans ie comté de Charlevoix, comme celle de presque tous les anciens pays, semble remonter aux temps fabuleux même :
car ie Père Jérôme Lalement, parlant du célebre tremblement de terre du mois de
à février 1563, nous dit: “ Vers la Baie
dite de St. Paul il y avait une petite montagne sise sur le bord du fleuve,
È d’un quart de lieue ou environ de tour, h laquelle s’est abysmée et comme si elle n'eut fait que plonger, elle est ressortie du E fond de l’eau pour se changer en islette ! et faire d’un lieu tout bordé d’écueils,
comme il estait, un hâvre d'assurance
contre toutes sortes de vents.
On serait tenté de croire que cette île plongeuse n’est rien moins que l’Ile-aux-
(*) Cet écrit date de 1857.
Horn
Coudres, située en face de la Baie Saint- Paul, si Jacques-Cartier ne l'avait trouvée à sa place actuelle le 6 septembre 1535 lorsqu'il remonta le fleuve pour la première fois. Ce qui a probablement donné lieu à ce récit incroyable ce sont les éhoulements qui se firent à cette époque sur les bords du .leuve aux ÆEboulements
et dont cette dernière naroisse a tiré son
nom.
Quoiqu'ii en soit 1l est ceitain qu'à
l’époque de ce tremblement de terre il |
n’y avait pas encore un habitant à la Baie Saint-Paul, ni dar: tout le comtt de Charievoix, comme l’assure Boucher dans son Histoire Naturelle du Canada.
dressée à Colbert le 8 octobre de cette même année 1663. C’est fort heureux, ca
pauvres habitants seraient bien morts de frayeur en voyant des montagnes
aller ainsi se plonger dans le fleuve.
Depuis Tadoussac, dit-1l, jusqu’à sept
lieues proche de Québec que l’on nomme
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| Caps comme du reste, tout sera habité
le Cap Tourmente, le pays est tout-à-fait inhabitable, estant trop haut et tout de roche et tout-à-fait escarpé ! Je n’y ai reaarqué qu'un seul endroit, qui est la jaie Saint-Paul, environ sur la moitié du chemin et vis-à-vis de l'Isle aux Coudres.
qui paraît fort belle lorsqu'on y passe, aussi bien que toutes les isles qui se trouvent depuis Tadoussac jusques à
Québec, lesquellk & SOI propres À
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Ni cet historien remontait aujourd’hui le
Naint-Laurent comme il serait agréable-
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sur une cote et des inhabil
rochers qu alt vrai qn'une partie de cette côte du nord depuis la Baïe Saint- D ° sx . D: | Luz Paul jusqu'à Saint-Joachim est demeurée presqu'inhabitée jusqu'à ce jour, mais il en sera bientôt peut-être de cette partie côte du nord qu'on appelle les
bles ]
Déjà une paroisse y est établie sousle nom de Saint- Tite des Caps et les Messieurs
ne
du séminaire de Québec veulent faire coloniser au nord du chemin actuel une belle vallée (si toutefois on peut donner le nom de vallée à un terrain élevé de quinze cents pieds au moins au-dessus du fleuve) qui s'étend de la Baie Saint- Paul à Saint-Ferréol.
Quant à la Côte de Beaupré 11 y avait déjà longtemps, à l'époque où écrivait
M. Boucher, que des habitants s’y étaient |
établis, puisqu'un prêtre, M. de Saint-Sauveur, fut chargé en 1645, suivant lc
Journal des Jésuites, du soin spirituel et À
temporel de cette côte où il se rendit le 25 |
octobre avec 25 écus qu'on lui avait donnés à cette fin. Beauport’que l’on pourrait regarder comme la première
paroisse de la Côte de Beaupré en partant |
de Québec était déjà à cette époque desservi régulièrement. Car le même journal
dié plus loin: ‘“ Le 4 (décembre 1645) on à
envoya::1e chapelle complète à Beauport.
dont le calice était d’étein.….” Et l’annétÈ suivante : ‘ M. Nicolet, à qui le gs:vm.
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neur donnait cent écus pour dire des messes, allait à Beauport la dire les dimanches et festes d'ordinaire. ”
Comme une histoire de cette ancienne et belle paroisse de nos campagnes serait intéressante ! Qu'il me soit permis de faire ici une remarque : Ni, à l'exemple des premiers Missioanaires du pays, aux observations desquels rien n’échappait, on avait dans chaque paroisse recueilli religieusement tous les souvenirs, si l’on avait noté tous les faits les plus remarquables, quelle précieuse collection de mémoires n’aurait-on pas formée pour la brillante histoire de notre belle patrie !
Mieux vaut tard que jamais, et l’on ne doit point oublier que, si nous aimons à connaître ce qui s’est passé avant nous dans les lieux où la l’rovidence nous appelle à jouer le petit roie de notre vie, ceux qui nous remplaceront auront le même désir. Il y a dans chaque paroisse un homme placé avantageusement pour 1 ‘reprendre cette tâche et bien capable
se 0 —
de la remplir, le curé. Mais revenons à la Baie Saint-Paul.
Vingt ans après l’époque à laquelle écrivait Boucher, c’est-à-dire, en 1683, un mémoire nous fait connaitre les détails suivants : ‘“ La Baie Saint-Paul est
la première terr !.!'#’e {on ren- |
contre du cor. nou tu epnt de France; elle est à: frnic/s ur: li 4e dans les terres, dist wi de ‘jaich e de 15 lieues et 7 di ‘ap Te::ente. Les chemins sont très-difficiles et «angereux :
il y a 3 familles et 31 âmes ; on y dit la D messe dans une chapelle domestique.” |
Ces trois premières familles de la Baie Saint-Paul étaient celles de Noël Simard, marié à Marie-Magdeleine Racine, de Nainte-Anne de Beaupré, de Pierre Tremblay, marié à Marie-Magdeleine Simard,et de Pierre Dupré, marié à Catherine Caron aussi de Nainte-Anne de Beaupré. Cette dernière famille de Dæpré n’a pas laissé de descendants dans la parolsse tandis
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