CONTRA
HplÉisl^ii Aloct ho ho hé hé hâta
Halouet ho ho hé.
Egrina hau, Egnna hé hc hu hu
ho ho ho , Egrina hau hau hau .
Aloct bo ho hé hé ha
ha Halouet ho ho hé.
Egrina hau, 'Egnna hc hé hu hu
ÊflllÊiî
hp ho ho , Egrina hau hau hau.
i3a AU PAYS
les suit pour lui faire la révérence d'un hochement de tète. Et ceux ou celles qui se démènent le mieux et font plus à propos toutes les petites simagrées, sont estimés les meilleurs danseurs : c'est pourquoi ils ne s'y épargnent pas.
Ces danses durent ordinairement un, deux ou trois après-dîners et, pour ne recevoir empêchement à y bien faire leur devoir, quoique ce soit au plus fort de l'hiver, ils ne portent jamais d'autres vêtements que leurs brayers pour couvrir leur nudité, si cela leur est permis, comme il l'est ordinairement/Mais si pour quelque sujet il est ordonné de les mettre bas, ils le font, n'oubliant néanmoins jamais leurs colliers, oreillettes et bracelets et de se peinturer parfois. En effet, au cas pareil les hommes se parent de colliers, plumes, peintures et autres fatras, dont j'en ai vu être accommodés en mascarade ou carêmes-prenants, ayant une peau d'ours qui leur couvrait tout le corps, les oreilles dressées au haut de la tête et la face couverte, excepté les yeux. El ceux-ci ne servaient que de portiers ou bouffons et ne se mêlaient dans la danse que par intervalle, à cause qu'ils étaient destinés à autre chose. Je vis un jour un de ces bouffons entrer processionnellement dans la cabane, où se devait faire la danse, avec tous ceux qui étaient de la fête ; celui-ci, portant sur ses épaules un grand chien lié par les pattes et le museau, le prit parles deux jambes de derrière, au milieu de la cabane, et le rua par terre par plusieurs fois jusqu'à ce que, le chien mort, il le fit prendre par un autre boulTon qui 1 alla apprêter dans une autre cabane pour le festin, à l'issue de la danse.
Si la danse est ordonnée pour une malade, à la dernière après-dînée, s'il est trouvé expédient ou ordonné par Loki, elle y est portée; et en l'une des reprises on la porte; en la seconde on la fait un peu marcher et danser, la soutenant sous les bras ; et à la troisième, si la force lui peut permettre, ils la font un peu danser d'elle-même, sans aide de personne, lui criant cependant toujours à pleine tête: Etsagon ontsahonne, achieteq anatetsence ; c'est-à-dire : prends courage, femme, et tu seras demain guérie. Et les danses finies, ceux qui sont destinés pour le festin y vont, et les autres s'en retournent en leurs maisons.
Il se fil un jour une danse de tous les jeunes hommes, femmes et (illes, tout nus en la présence d une malade, à laquelle il fallut qu'un de
DES IIURONS. i33 ces jeunes hommes pissât clans la bouche, et qu elle avalât et bût cette eau: ce qu'elle fit avec un grand courage, espérant en recevoir guérison, car elle-même désira que le tout se fît de la sorte, pour accomplir un songe qu'elle avait eu. Que si pendant leur songe, il leur vient encore en la pensée qu'il faut qu'on leur fasse présent d'un chien noir ou blanc, ou d'un grand poisson pour festiner ou bien de quelque chose à autre usage, en même temps le cri en est fait en toute la ville, afin que si quelqu'un a une telle chose, il en fasse présent à une telle malade pour le recouvrement de la santé. Ils sont si secourables qu'ils ne manquent point de la trouver, bien que la chose soit de valeur, aimant mieux souffrir que de manquer au besoin d'un malade. Et pour exemple : le père Joseph avait donné un chat à un grand capitaine, comme un présent très rare. Il arriva qu'une malade songea que si on lui avait donné ce chat, elle serait bientôt guérie. Ce capitaine en fut averti, qui aussitôt lui envoya son chat, bien qu'il l'aimât grandement et sa fille encore plus. Celle-ci, se voyant privée de cet animal qu'elle aimait passionnément, en tombe malade et meurt de regret, ne pouvant vaincre son affection. Trouvons beaucoup de chrétiens qui veuillent ainsi s'incommoder pour le service des autres, et nous en louerons Dieu.
Pour recouvrer notre dé à coudre qui nous avait été dérobé par un jeune garçon, qui depuis le donna à une fille, je fus au lieu où se faisaient les danses; je ne manquai point de l'y remarquer et le ravoir de la fille qui l'avait pendu à sa ceinture avec ses autres matachias. En atlendant l'issue de la danse, je me fis répéter par un sauvage une des chansons qui s'y disaient, dont voici une partie que j'ai écrite :
Ongyata, enha, ha ho ho ho ho ho, Eguyotonuliaton on on on on on Eyontara eientel onnet onnet onnet Eyontara eientel à à à onnet onnet onnet ho ho ho.
Ayant décrit ce petit échantillon d'une chanson huronne, j'ai cru qu'il ne serait pas mal à propos de décrire encore ici une partie de quelque chanson qui se disait un jour dans la cabane du grand sagamo des Souriquois. à la louange du diable qui leur avait enseigné la
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chasse. Je l'ai apprise d'un Français qui s'en dit témoin auriculaire ;
yelle commence ainsi :
Haloet ho ho hé hé ha ha haloet ho ho hé
ce qu'ils chantent par plusieurs fois. Le chant est sur ces notes : Ré, fa, sol, sol, ré, sol, sol, fa, fa, ré, ré, sol, sol, fa, fa.
Une chanson finie, ils font tous une grande exclamation, disant: Hé, puis recommencent une autre chanson, disant :
Egrignahau, egrigna hé hé ha ha ho ho ho, egrigna hau hau haa.
Le chant de celle-ci était : Fa, fa, fa, sol, sol, fa, fa, ré, ré, sol, sol, fa, fa, fa, ré, fa, fa, sol, sol, fa. Ayant fait l'exclamation accoutumée, ils en commencèrent une autre qui chantait : Tarneia allelaia, tameia à don veni, haa haa, hé hé.
Les Brésiliens en leurs sabats font aussi de bons accords comme : hé hé lié hé hé hé lié hé hé hé, avec celte note : fa, fa, sol, fa, fa, sol, sol, sol, sol, sol. Cela fait, ils s'écrient avec maint hurlement épouvantable l'espace d'un quart d'heure, et sautent en l'air avec violence, jusqu'à en écumer par la bouche, puis recommencent la musique.
Dans le pays de nos Ilurons, il se fait aussi des assemblées de toutes les filles d'un bourg auprès d'une malade, tant à sa prière, suivant le songe qu'elle en aura eu que par l'ordonnance de Loki, pour sa santé et guérison. Les filles ainsi assemblées, on leur demande à toutes, les unes après les autres, celui qu'elles veulent des jeunes hommes du bourg pour dormir avec elles la nuit prochaine ; elles en nomment chacune un. Ceux-ci sont aussitôt avertis par les maîtres de cérémonies, et viennent tous au soir, en la présence de la malade, dormir chacun avec celle qui l'a choisi, d'un bout à l'autre de la cabane. Ils passent ainsi toute la nuit, pendant que deux capitaines aux deux bouts du logis chantent et sonnent de leur tortue, du soir au lendemain matin que la cérémonie cesse. Dieu veuille abolir une si damnable cérémonie avec toutes celles qui sont de même aloi et que les Français, qui les fomentent par leurs mauvais exemples, ouvrent les yeux de leur esprit pour voir le compte qu'ils en rendront un jour devant Dieu !