‹ Troisième anniversaire de "La Patrie" [microforme]Chapitre 16 sur 18 · ET · texte numérisé non relu

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Non, parce que cela ne s'accorde pas avec le reste Ge ses idées.

Il y a pourtant des hommes qui savent tout concilirr dans le monde! Heureuses et inoffensives natures! Ils seront monarchistes en Europe, libéraux au Canada ou vice versa. D'autres marchent dans les rangs du parti conservateur parce qu'ils ne trouvent pas les chefs libéraux assez avancés. Qui n'a pas rencontré de ces singuliers types ? Mais ces hommes ne font jamais une marque profonde ; ils manquent de caractère, et ne laissent pas d'œuvre durable.

Il y a donc des distinctions profondes, une séparation manifeste, inévitable, rationnelle d’ailleurs, entre les divers organes de la publicité. Que le journaliste dise tout ce qui convient à l’école qu’il représente. Il doit lui parler à cœur ouvert, lui dire franchement ce qu'il pense des hommes et des choses.

Un abandon de principe! Mais c’est une honteuse concession dont l’école adverse aura tout le bénéfice. Il faudra souvent bien C?s années pour reprendre le temps perdu.

Je voudrais qu'on ne perdit jamais une occasion d’examiner, d'étudier et d'approfondir ces graves questions qui touchent aux bases de la société moderne. Qu'importe le point de vue où se place le journaliste. Il discute, c’est déjà quelque chose. L'affirmation appelle la négation ; puis vient la polémique et ses résultats. Etes-vous libéral ? —vous montrez du doigt les progrès chaque jour grandissant de la démocratie honnête, laborieuse et chrétienne. Etes-vous conservateur ? — vous contemplez d’un œil satisfait les somptueux édifices que la monarchie a élevés dans le vieux monde, super antiquas vias.

J'admets que chacun ait sa manière de voir, pourvu qu'il ait Is liberté et le courage de dire ce qu'il voit.

Le journaliste a done le devoir impérieux, s’il veut être le représentant véritable de son groupe, le truchement d'une école politique, philosophique ou religieuse, d'aller sil le fant jusqu'à l'extrême limite des principes qu'il soutient, jusqu'à leurs dernières conséquences, Que dis-je ? il lui importe de s'élever au-dessus du profanum vulgus, de diriger l'opinion en l'éclairant, d'abandonner de temps à

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autre le terre à terre des mesquines disputes locales pour aborder l'examen des problèmes sociaux. Ne craignez pas de perdre votre temps. Rien ne se passe dans le domaine théorique qui n’ait presqu'immédiatement son retent'ssement dans le domaine des faits. 1\’écoutez que les inspirations de votre conscience. Toute presse doit être libre.

Ce n’est pas une lutte stérile que celle-là. Gagnez les intelligences par l’appât de la vérité. Les masses suivront. Enseignez ! tout journaliste est un apôtre. Il confesse une doctrine politique. Mais il lui faut la foi; la foi qui se trahit par l'affirmation, souvent par l’audace, toujours par la fermeté ; la foi politique qui fait les convertis et sauve la société civile.

Le dogmatisme politique préserve des hérésies politiques, et retient le soldat au drapeau. Il met de l'unité dans la vie de l’homme, et fait que le vieillard, jetant un coup d'œil en arrière, voit toute sa carrière à la fois, parcequ'elle est droite ! |

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