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Celui qui conduisait la marche, un gars au torse D'Hercule antique, avait, sous sa rustique écorce, Comme un lion captif grandi sous les barreaux, Je ne sais quel aspect farouche de héros.
C''tait un forgeron à la rude encolure,
Ün fort ; et rien qu’à voir sa calme et fière allure, Êt son regard honnête, et son grand ffont serein, On sentait battre là du cœur sous cet airain.
fl s'avança tout seul vers le fonctionnaire ;
Et, d’une voix tranquille où grondaït le tonnerre,
Dit:
—Monsieur le Consul, on nous apptend là-bas Que la France trahie a besoin de soldats.
On ne sait pas, chez nous, ce que c’est que la guerre Mais nous sommes d’un sang qu’on n’intimide guère;
Et je me suis laissé dire que nos anciens
Ont su ce que c'était que les canons prussiens.
Du reste, pas besoin d'être instruit, que je sache, Pour se faire tuer ou brañdir une hache ;
Êt c'est la hache en maïn que nous partirons tous : Ear la France, monsieur... la France, voyez-vous...
FH se tut ; un sanglot l'étreignait à la gorge. Puis, de son poing bruni par le feu &e la forge, Se frappant la poitrine, où son col entr'ouvert D'un scapulaire neuf montrait le cordon vert :
—Oui, monsieur le Consul, reprit-il, nous ne sommes Que cinq cent aujourd’hui ; mais, tonrerre ! des hommes. Nous en aurons, allez !... Prenez toujours cinq cent,
Et dix mille demain vous répondront: Présent !
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