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NN E d'une Famille trés- obscure, il s’éleva de luiméme et uniquement par son propre mérite au rang de Capitaine de Vaisseau de la Marine Royale; il faisoit son troisième Voyage autour du Monde lorsqu'il fut tué le 14 février 1779, par les Sauvages d'Owhyhee, Isle qu'il avoit découverte peu de temps auparavant.
Il réunissoit aun degré éminent toutes les qualités propres à son métier et aux grandes entreprises, et il avoit en méme-temps toute la douceur et toute la bonté des hommes les plus recommandables par leur caractère.
Le sang-froid et la prudence dirigeoient ses opinions ; ses résolutions annoncotent une sagacitérare, et il mettoit une activité extrême a les exécuter; constant et ferme dans ses entreprises, il les suivoit avec une vigilance et des soins infatigables; les tra= vaux, les difficultés et les mauvais succès ne le rebutoient point; il étoit fertile en expédiens ; il avois toujours de lu présence d'esprit; ilétoit toujours maitre de lui-même; et dans les occasions les plus orsgeuses,
il ne manqua jamais de garder l'usage entier de son excellente téte.
Doux et juste ,mais exact en ce qui avoit rapporta la discipline, tl étoit le père de ses équipages , qui lut étoient attachés par affection et qui lui obéissoient avec confiance.
Ses lumières ; son expérience et sa sagacité, le rendoient si complettement maitre deson sujet, que sous sa direction on surmontoitles plus grands obstacles» que les Navigations les plus dangereuses devenoient faciles et presque sires.
Il a reconnu l'hémisphère austral bien au-dela du point où les autres Navigateurs étoient parvenus, et avec moins d'accidens que n'en éprouvent communément les vaisseaux ge cotoyent les rivages de l’ Angleterre.
En s'occupant sans cesse du bien-étre de ses équipages, il a découvert et établi, pour la conservation de la santé des Marins, pendant ses longues expedi= tions, un régime qui a eu des succès merveilleux ; car durant son second Voyage autour du Monde, sur cent dix-huit hommes quil avoit à bord, les maladies ne lui en firent perdre qu'un.
La mort de ce grand homme fut un mathowr pour l'humanité en général : il doit étre regrette de toutes les Nations qui font cas des exploits utiles, qui hono-
rent les sciences, et qui aiment les cœurs sensibles et
généreux. Il doit sur-tout exciter les regrets del Avs gleterre, qui a droit de se vanter d’avoir produit un Navigateurauquel nul autre ne peut être compure. Ce chagrin deviendra plus amer, si l’on songe qu'il a eté enlevé à sa patrie par une peuplade at quell: il nae soit pointfait de mal : plein au contraire des soins les
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GENERALE. 97 plus attentifs et de la commisération la plus tendre pour les Sauvages ex général, il s’efforca toujours de dissiper leurs craintes et de cultiver leur amitié; il oublioit leurs perfidies et leurs vols, et souvent il intervint lui-même, aux risques de sa vie, afin de les soustraire aux premiers mouvemens de la colère de ses équipages. - ’
Sa dernière expédition eut pour objet de reconnoitre et de déterminer les bornes del’ Asie et de l'Amérique, et de pénétrer dans la Mer du Nord par le Cap Nord- Est del’ Asie.
Navigateur! contemple, admire, révère et imite ce modèle de ta profession, dont l’habileté et les travaux-ont rendu des services signalés à la philosophie naturelle; qui a agrandi la science nautique, et qui a dévoilé tout-a-la-fois l'ordre admirable et longtemps caché qu'a mis le Tout-Puissant dans la formation de notre globe, et arrogance des mortets, quiosent,avecleursspéculations, expliquer les lois di grand Etre : on sait maintenant, de manière a n'en pouvoir douter, que l’Etre-Supréme qui créa l'univers a voulu que la terre gavdat son équilibre sans avoir un continent austral qui répondit aux régions du Nord: Extendit aquilonem, super vacuum, et appendit terramsuper nihilum. Joë. 26. 7.
Si cet homme extraordinaire n’a pas, aprés ses intrépides, mais exactes recherches, découvert un nouveau Monde, il nous a fait connoitre des mers sur lesquelles on n’avoit point navigué avant lui, et qui étoient absolument ignorées ; il nous a montré denouvelles Isles, denouvelles peuplades et de nou velles productions dont on n’avoit aucune idée ; s’il n'a pas eu, comme Améric Vespuce, le bonheur de
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