SCÈNE NEUVIÈME
JOHN, avec joie.
Milord, je vais vous suivre.
LEON, montrant Clarisse.
Madame cependant vous regarde.
LORD BLOUNT
Ohl
LÉON
Allons,
Soyez galant un jour...
(Lord Blount lui tourne le dos.)
> Vous tournez les talons T
(Le retenant.)
N’échappez pas si vite à ces regards de flamme ;
Madame pourrait bien vous plaire.
LORD BLOUNT, brusquement.
C’est ma femme.
LÉON, h part.
J’aila main malheureuse.
(Haut.)
Hein? votre femme?... quoi!
C’est?... allons donc! madame est veuve.
LORD BLOÜN T.
Oh I oui, de moi .
LÉON, à part, découragé.
Rien ne le retiendrait à présent.
CLARISSE, à lord Blount.
On s’étonne
Que je quitte le nom, quand la main m’abandonne ?
LORD BLOUNT, avec ironie, h Clarisse.
Ne vous effrayez pas; je suis iin revenant,
Et j’existe si peu que ce n’est pas gênant.
CLARISSE, étotinée.
Que dites- vous?
LÉON, gaiemeat.
Eh ! oui. Vous voyez notre joie ;
Nous sommes gais tous deux, ce soir : — monsieur se noie.
CLARISSE, ilapéfaite.
Se tuer I
LÉON, de mime.
L’autre monde a plus d’un amateur ;
On y devient esprit, et c’est toujours flatteur.
CLARISSE, ialerdite, à Léon,
Comment, vous l’approuvez ?
LÉON, avec aplomb.
Je le crois bien ; — j’hérilc.
LORD BLOUNT, étonné, le regardant.
Oh! votre dévouement était donc hypocrite ?
LÉON, de même, affectant l’égoïsme.
Vous en êtes surpris ? Pour qui me prenez-vous ? Pour un maroufle, bon à vivre avec les loups ? Diles-moi donc, alors, que je suis un sauvage,
Un vautour, un ours blanc, que je manque d’usage, Que je n’ai jamais mis les pieds dans les salons.
(D’on ton fat.)
Nous sommes hypocrite aussi, quand nous voulons ; J’ai du monde, milord.
JOHN, le suivant, avec admiration.
Oui.
LORD BLOUNT
J’ai fait une école.
(a Léon.)
Vous n’avez pas mes biens.
LÉON
Mais j’ai votre parole.
Parbleu 1 je reste riche.
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