SCÈNE PREMIÈRE
LOBD B LOU N T, dicUnt.
€ Ci-gil lord Owen Blount, membre de la Cité, Mort comme il a vécu, par curiosité. »
Milord!
LÉON, stnpéfût.
LORD BLOUNT
« A quarante ans. » — Signez avec paraphe ; Vous daterez plus tard
LÉON
Mais c’est une épitaphe?
LORD BLOUNT
Oui, monsieur; je m’en vais, sans bruit officiel, Dans ce beau lac tranquille et bleu comme le ciel;
Je hâte le départ que tout le monde ajourne ;
Je sais par cœur le cercle où l’existence tourne.
Le hasard est un sot qui n’a rien inventé ; L’espérance nous berne à notre volonté;
Et les illusions, que vous gardez vieillies Et qui tombent au vent, moi, je les ai cueillies.
Je suis las de creuser toujours le même trou,
Et je veux à tout prix aller je ne sais où.
LÉON.'
(A part.)
C’est bien loin. Les Anglais ont la joie hypocondre.
Adressez au lord-maire, et franc de port, à Londre.
LÉON
Alors, c’est un tombeau que je peinturlurais ?
Il fallait m’avertir, j’aurais mis des cyprès Et des parents en pleurs.
LORD BLOUNT
Non, je les déshérite.
Je ne veux pas coûter une larme hypocrite.
(Apiielaat.)
John ?
(Joho, qui était resté immobile comme uae statae, fait qoelques pai.) LÉON, étuDoé.
Ça marche !... Il vous sert ainsi?
JOHN
Depuis quatre ans,
Sans gages.
LORD BLOUNT
Oui, je lègue à John vingt mille francs.
Pourquoi ?
LORD BLOUNT
Je l’intéresse à mon départ.
JOHN, avec nn sourire de satisfaction.
Ils se complètent.
Sans doute.
LÉON, à part.
Stella !
LORD BLOUNT, en regardant à gauche.
Oh I voyez donc sur la route.
LÉON, de même.
LORD BLOUNT
Bien. — Je vous laisse un conseil, en partant: La vie est un chemin qu’on parcourt haletant.
Les montagnes, les bois, les ruisseaux, les villages. Vus de loin, en massifs, font de gais paysages ;
On passe, en emportant des regrets ; approchez :
Les montagnes ne sont que d’arides rochers ;
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