‹ Trop curieux comedie en un acte, en versChapitre 8 sur 27 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

STELLA

C’est délicat.

LÉON

Oh ! dites, dites vite I

STELLA

Mon père doit...

LÉON

Eh bien ?

STELLA

Vous demander... J’hésite.

Si VOUS ne vouliez pas?

LÉON

Mais je veux, je suis prêt.

STELLA

11 VOUS demandera de faire mon portrait.

Votre portrait? Le vôtre! est-ce que c’est possible?

Et pourrais-je fixer sur ma toile insensible Celle beauté sans nom, la grâce des seize ans.

Et ce charme inconnu qu'on subit, que je sens.

Que je vois ; mais que rien ne peut rendre.

STELLA

Il refuse?

J’essayerai.

LÉON

STELLA

Savez-vous que me voilà confuse ;

On n’ose pas me faire un portrait ressemblant ;

Je suis donc laide, alors? Vous n’ètes pas galant. — A quoi pensez-vous donc?

LÉON, s’oubliant.

Comme vous êtes belle !

— Ohl les peintres! pour eux, tout devient un modèle.

STELLA

Vous ne m’offensez pas; je vous connais si bon.

N’est-ce pas? Et si vieux ! je suis presque un barbon.

STELLA

Non, VOUS êtes Tarai dévoué de mon père.

LÉON

Oui^ Stella, le meilleur.

STELLA, lui tondant la main.

Et le mien, je Tespère ?

LÉON

Votre ami 1... si je pars, vous m’oublierez.

STELLA

Oh 1 non.

LÉON

Plus tard ; votre portrait vous redira mon nom.

STELLA

Est-il besoin de lui pour que je me souvienne Que je viens de presser votre main dans la mienne ?

LÉON

Ohl Stella!

STELLA

Que c’est laid de s’attrister ainsi.

De parler de départ ; — Êtes-vous mal ici ?

Non, je suis trop heureux, cela me dépayse.

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