‹ Troubles nerveux du typhus exanthématiqueChapitre 16 sur 18 · PATHOGÉNIE DES TROUBLES NERVEUX · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE DES TROUBLES NERVEUX

Un des caractères les plus saillants du typhus exanthématique est la disproportion qui existe entre l’intensité des symptômes nerveux objectifs et subjJectifs et les lésions que l’on trouve sur la table d’autopsie. Jamais nous n’avons trouvé, même dans les cas les plus marqués, trace de suppuration ménin-

gée. Les centres nerveux présentent, comme d’ailleurs

tous les autres viscères, une inflimmation banale se traduisant par des phénomènes congestifs diffus, quelquefois un léger épanchement de sérosité. Ce dernier loge, dans la plupart des cas, sous le feuillet viscéral de l’arachnoïde. Ce sont les opalinats de Jacquot. Le liquide céphalo-rachidien lui-même ne

présente que très rarement de l'hypertension; nous ne

l’avons jamais trouvé purulent.

Le cas de l’observation V, où se trouve une mondation ventriculaire, ne constitue qu’une exception due à lartério-sclérose antérieure dont souffrait le malade. De même pour les trois observations que

signale Babes. Nous n’avons jamais rencontré d’hé-

morragle méningée.

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ne IF semble donc qu’il faille admettre que le microbe typhique n’agit que par ses toxines et ne se localise pas sur tel ou tel organe. C’est là d’ailleurs lopinion des auteurs qui se sont occupés de cette question, de - Goïnard en particulier, qui signale ce fait. Gette toxine qui, ainsi que nous le verrons plus loin, peut produire des troubles plus ou moins prolongés, doit faire naïtre une antitoxine dans l’organisme. C’est sur ce principe que reposent les expériences si intéressantes de Nicolle sur l'injection de sérum de convalescents ou de sérum anti-exanthématique expérimental et ses applications sur l'homme. Notre ami, le D" Orticoni, a eu l’idée d’injecter ce sérum dans le rachis, pour le mettre directement en rapport avec les centres nerveux, qui sont les plus atteints. Les résultats obtenus permettent de supposer qu'il est sur la bonne voie.

Faut-il pousser cette hypothèse, car dans ce sn pitre, tant que le microbe spécifique n’aura pas été trouvé et ensemencé, tout ne peut être qu’hypothèse, jusqu’à prétendre, avec Combemale, que les toxines inhiberaient dans certains cas les centres thermo— oènes, ce qui expliquerait les cas de typhus apyrétiques toujours mortels. Nous avouons n’avoir jamais rencontré de typhus exanthématique avec mort dans l’apyrexie, si ce n’est chez certains vieillards. Il n’en est pas de même pour le typhus récurrent, où nous avons vu la température sauter brusquement de 40 degrés à 36,5, avec pouls filiforme et mort rapide.

Malgré le peu de réactions anatomiques macrosco— piques, il est cependant hors de doute que l'atteinte portée au Heu nerveux central est profonde et,

dans la grande majorité des cas, ne disparaît pas parallèlement à la température.

Chez tous les prédisposés, chez les intellectuels, chez les alcooliques, chez certaines femmes nerveuses, les séquelles persistent longtemps, mais finissent par disparaitre complètement: Il semble que les sécrétions solubles du micro-organisme encore: inconnu du typhus, ne s’éliminent que lentement, et que, comme dit Jaccoud, « l’action délétère du sang spécifiquement altéré », se fasse sentir longtemps après qu’a disparu le micro-organisme occasionnel. Mais, et le fait est

important au point de vue pronostic, la cellule ner-

veuse, qui réagit si violemment dans le courant de la maladie, par les symptômes que nous avons étudiés,

retrouve son intégrité dans l’inmense majorité des

Cas.

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