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fois la clé de fa : précisons que ces clés sont dans la forme ancienne, un c pour Yut, un f pour le fa. Les notes, on peut le voir sur le fac-similé, ont régulièrement une forme carrée et sont prolongées à droite par une petite haste descendante.
Les ligatures sont la réunion de plusieurs notes groupées dans une même figure, parce qu'elles sont chantées sur une même syllabe. A Tépoque des troubadours et des trouvères, on trouve plusieurs types différents de ligatures pour rendre un même mouvement mélodique : ces difiTérences sont sans intérêt, mais à la fin du xiii^ siècle, après la réforme dun maître célèbre de Yars mensurabilis, Francon de Cologne, il conviendra de distinguer soigneusement entre ligatures de différentes espèces.
Le bémol est d'un emploi fréquent sur la note si^ plus rare sur le mi. Le dièse, qui dans cette notation prend la forme du bécarre moderne, affecte la note /«, quelquefois la note ut.
Les pauses sont des barres verticales coupant, selon les cas, un, deux ou trois interlignes de la portée.
Tel est dans la majorité des manuscrits chansonniers l'état de la notation. Ce système a un grave défaut : cette écriture, où toutes les notes sont semblables, où les ligatures elles-mêmes
n'ont point de signification propre, n'indique pas le rythme, et, pourtant, cette musique possède un rythme précis, mais il est à l'état latent et il faut le découvrir. Nous dirons en un autre chapitre comment on y arrive. C'est sur cet écueil qu'ont échoué jusqu'à présent les tentatives des musicologues : mieux connue aujourd'hui, cette difficulté n'est plus aussi redoutable et nous pouvons, sans crainte de nouveaux échecs, pénétrer plus avant dans l'étude de ces manuscrits.
Les chansons sont ordinairement classées par auteurs, le nom du trouvère figure souvent en marge. Mais il y a des exceptions : ainsi, dans le manuscrit français 846 de la Bibliothèque Nationale, les pièces sont rangées suivant un ordre approximativement alphabétique, d'après le premier mot du premier vers.
11 n'y a point d'autres classifications dans le grand nombre des chansons. Elles sont toutes mélangées dans les manuscrits, sans distinction de genres. Cet ordre — le classement par noms d'auteurs — et ce désordre — la confusion des genres — nous révèlent la façon dont les manuscrits chansonniers ont été composés. Ce sont des anthologies formées par les copistes du xiii^^siècle d'après des cahiers plus anciens, qui contenaient les œuvres lyriques d'un même trouvère : telle
est la raison de la diversité des chansonniers qui nous sont parvenus. D'autre part, le poète variait ses sujets, mais non la forme de ses compositions. Le xiii^ siècle, exception faite pour le rondeau, n'a pas connu les genres à forme fixe, qui sont caractéristiques de la poétique du siècle suivant, de la lyrique de Guillaume de Machaut ou de Philippe de Vitry, ou pour mieux dire, le xiii^ siècle a connu et pratiqué une forme musicale à peu près fixe, la chanson. La structure, il est vrai, n'en est pas d'une rigueur absolue, mais on reconnaît aisément l'observance d'une disposition généralement adoptée. Voici un type de strophe musicale dans la lyrique des trouvères ^
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A . mors me fait cod - men.cier U - ne ehan.
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I. Cette pièce est une chanson du roi de Navarre conservée au folio 12 du chansonnier manuscrit aigS de la Bibliothèque de l'Arsenal.
LES SOURCES etc
^ .1 Ji.i Jir rifr j i.i Jij
mont vi .vant, C'est la bêle au cors gent, C'est ce . le
dont je chant, Dex m'en doint te] nou . ve
-le Qui soit a mon ta lent^ Car me. nu et sou
-Vent Mes cuers por li. sau . te . le.
On y remarque une phrase mélodique composée de deux membres de phrase ou distinctions (AH- B). Cette phrase mélodique se répète une seconde fois (A' + B'), puis elle est continuée par un nombre variable de phrases mélodiques librement disposées (.r), qui constituent le développement musical du thème initial. Le t3'pe général de la strophe musicale d'un troubadour ou d'un trouvère se ramène donc à la formule :