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II. — Classification des trypanosomes

Le procédé le plus simple pour classer les trypanosomes consiste à les grouper, d'après leurs hôtes, en trypanosomes des Mammifères, des Oiseaux, des Reptiles, des Batraciens et des Poissons ' ; il est sans exemple qu'un trypanosome soit commun à des vertébrés de classes différentes.

Les trypanosomes des Mammifères sont de beaucoup les plus intéressants, attendu que, contrairement à ce qui existe pour les trypanosomes des autres classes de vertébrés, beaucoup d'espèces sont ici pathogènes et que les maladies auxquelles elles donnent lieu chez l'homme ou chez les animaux domestiques sont très répandues à la surface du globe et très graves.

Llihe a proposé de créer le genre Trypanozoon pour les trypanosomes des Mammifères-; si le groupement des trypanosomes par classes des hôtes nous paraît indiqué, nous ne croyons pas qu'on puisse transformer ce groupement en une véritable classification, en créant des genres tels que le genre Trypanozoon qui n'est pas basé sur des caractères différentiels suffisamment précis. Beaucoup de trypanosomes des Oiseaux, voire même des Reptiles et des Batraciens, ont une structure tout à fait comparable à celle des trypanosomes des Mammifères. Le moment ne nous paraît pas encore venu de créer des genres nouveaux.

La classification des trypanosomes des Mammifères présente de sérieuses difficultés, en raison des ressemblances morphologiques de trypanosomes appartenant à des espèces distinctes, et des aspects différents que peut présenter, au contraire, un même trypanosome. La morphologie fournit des caractères précieux qui suffisent à l'identification de quelques espèces : petitesse des centrosomes chez Tr. equinum, grandes dimensions du parasite chez Tr. Theileri, dimorphisme de Tr. Pecaudi; mais le plus souvent on est obligé • d'avoir recours, en même temps qu'à la morphologie, à dautres caractères : action pathogène ou non pathogène, nature des accidents

1. C'est le procédé de classement que nous avons employé dans la première édition de cet ouvrage et qui a été adopté par tous les auteurs. Voir notamment G. Pitta- LUGA, Revista de la R. Acad. de Cieiicias de Madrid, avril 1905, t. II, n° 3.

2. LiJHE, Ilandbuch dcr Tropenkrankheiten de C. Mense, 1906, t. III.

Laveran et Mesnil. — Trypanosomes et Trypanosomiases. 1"

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produits, espèces animales sensibles ou réfractaires, mode de transmission; enfin, dans certains cas difficiles, il faut recourir à des procédés spéciaux d'identification qui ont été indiqués plus haut : épreuve de l'immunité croisée, séro-diagnostic.

Avec la plupart des auteurs, nous diviserons les trypanosomes des Mammifères en deux grands groupes suivant qu'ils sont pathogènes ou non.

I. Trypanosomes non pathogènes. — Les trypanosomes non pathogènes des Mammifères comprennent :

1» Les trypanosomes non pathogènes des petits Mammifères;

2° Les grands trypanosomes des Bovidés et des Antilopidés.

Ces trypanosomes sont presque toujours spécialisés à une espèce animale ou à quelques espèces voisines.

Après une période active de multiplication, les trypanosomes deviennent très rares dans le sang où ils peuvent demeurer pendant longtemps à l'état latent. Les animaux guéris ont l'immunité.

Les trypanosomes non pathogènes se cultivent facilement dans les milieux appropriés, si bien que la culture est souvent le procédé le plus commode pour constater leur présence.

1° Trypanosomes non pathogènes des petits Mammifères. — La plupart de ces trypanosomes sont du type Tr. Lewisi et le principal caractère spécifique est fourni par ce fait qu'ils ne sont pas inoculables d'une espèce animale à l'autre.

Les trypanosomes non pathogènes des petits Mammifères peuvent être divisés, d'après leurs hôtes, en trypanosomes des Rongeurs, ce sont de beaucoup les plus nombreux, et trypanosomes des Chéiroptères, des Insectivores, des Edentés, des Carnivores.

A. Trypanosomes des Rongeurs.

Tr. Lewisi Kent 1881. — Trouvé chez Mus decumanus, M. rattus, M. rufescens. Tr. longocaudense Lingard 1906, trouvé chez Mus niveiventer, doit lui être identifié. Très répandu dans toutes les parties du monde. Tr. Lewisi mesure 24 à 25 a de long sur 1 u. 1/2 de large environ; la membrane ondulante est étroite et peu plissée ; le flagelle a une partie libre. La multiplication ne peut être observée qu'au début de l'infection; elle a lieu souvent par division multiple du noyau et les formes jeunes ont laspect dit en rosace. — Culture facile sur milieu de Novy.

/'/•. Duttoni Thiroux 1905. — Trouvé chez Mus morio au Sénégal, chez la souris domestique M. musculus à Panama, en Italie, au Caucase. Du type Tr. Lewisi.

Tr. Grosi Laveran et Pettit 1909. — Trouvé chez le mulot, 3Ius sylvaticus, en Russie et en France. Du type Tr. Lewisi.

Tr. microli Laveran et Pettit 1909. — Trouvé chez le campagnol, Microlus arvalis Pallas, en France et en Russie. Du type T/'. Lewisi.

CLASSIFICATION DES TRYPANOSOMES 243

Tr. Blanchardi Brumpt 1905. — Trouvé chez le lérot Myoxus nitela, en France et en Portugal. Du type Tr. Lewisi.

Tr. mijoxi Blanchard, trouvé chez Mijoxiis avellanarius, doit être identifié probablement à Tr. Blanchardi.

Tr. euotomys Hadwen. — Trouvé au Canada chez Evolomys saluraliis. Du type Tr. Lewisi.

Tr. peromysci Watson. — Trouvé chez Peromyscus maniculalus (muridés) au Canada Du type Tr. Lewisi.

Tr. Rabinowitschi Brumpt janvier 1906= Tr. criceti Liihe juillet 1906. — Trouvé chez le hamster, Cricetus frumenlariiis, en Allemagne et dans le sud de la Russie. Du type Tr. Lewisi.

Tr. Nabiasi Railliet. — Trouvé chez le lapin Lepus cuniculus et L. domesticus, en France, en Angleterre, en Ecosse, en Portugal, en Sardaigne, Du type Tr. Lewisi.

Tr. leporis sylvatici Watson. — Trouvé au Canada chez Lepus sylvaticus. Ne paraît pas différer de Tr. ciinicidi.

Tr. acouchii Brimont. — Trouvé par Brimont dans le sang de Tacouchy, à la Guyane française. Du type Tr. Lewisi.

Tr. indiciim Liihe. — Trouvé chez un écureuil de ITnde, Sciurus palmarum. Du type Tr. Lewisi.

Tr. citelli Waison. — Trouvé chez un écureuil du Canada, Citelliis Richardsoni. Du type Tr. Lewisi.

Tr. spermophili Laveran. — Trouvé en Russie chez Spermophilus musivus, Sp. guttatus et Sp. Eversmanni. Du type Tr. Lewisi.

Tr. otospermophili Wellmann et Wherry. — Chez un écureuil de Californie Otospermophiliis Beeclieyi. Du type Tr. Lewisi.

L'existence de trypanosomes du type Tr. Lewisi a été signalée en outre chez les rats rayés d'Afrique : Arvicanlhis piimilio Sparrmann et Arvicanlhis barbants pulchellns Gray. Kunstler a vu chez le cobaye, Cavia porcellus L., un flagellé qui est très incomplètement connu.

B. Trypanosomes des Chëiroplères.

Tr. vesperlilionis Battaglia 1904. — Trouvé chez Vesperugo noclula, Pipislrellus pipislrellas, et chez plusieurs autres espèces de chauves-souris. Très répandu. Tr. Nicolleorum Ed. et Et. Sergent et Tr. Dionisii Bettencourt et França doivent être identifiés probablement à Tr. vesperlilionis. Le trypanosome est du type Tr. Lewisi.

Tr. megadermœ Wenyon 1908. — Trouvé chez une chauve-souris du Soudan anglo-égyptien : Megaderma frons. Trypanosome du type Tr. Lewisi, notablement plus grand que Tr. vesperlilionis.

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