A. Laveran et A. Pettit, Soc. de Biologie, 4 juin
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pas acquis rimmunité. Du 3*= au 8" jour après l'inoculation, les trypanosomes apparaissent dans le sang. Les formes de multiplication sont semblables à celles du Tr. Lewisi. Après inoculation intrapéritonéale, on trouve dès le 3" jour des formes en rosace dans le péritoine. D'après Brumpt, les trypanosomes ont, vers le8" jour, leur aspect caractéristique et ils ne semblent plus aptes à se multiplier. Cette opinion paraît être en désaccord avec la longue durée de rinfection et avec les variations qu'on observe dans le nombre des trypanosomes au cours de cette infection.
Chez 3 lérots observés par Laveran, la durée de l'infection constatée au laboratoire a été de 7, 8 et 10 mois et l'infection, qui existait au moment de l'arrivée des lérots pendant l'hiver de 1909-1010, devait remonter déjà à plusieurs mois. L'examen du sang fait tous les 8 ou 10 jours chez ces animaux révélait l'existence de trypanosomes tantôt rares ou très rares, tantôt non rares, jamais nombreux. L'existence de trypanosomes en voie de division a été notée quelquefois chez un des lérots.
A la suite des inoculations expérimentales, le nombre des trypanosomes devient parfois assez grand sans qu'on observe pour cela de symptômes morbides. De même que les trypanosomes du rat, de la souris, du mulot et du campagnol, le trypanosome du lérot n'est pas pathogène.
Tr. Blanchardi peut continuer à vivre dans le sang du "lérot pendant la période d'hivernation. Trois de nos lérots, capturés en pleine période d'hivernation, étaient infectés.
Le trypanosome du lérot a une grande ressemblance avec Tr. Lewisi; il mesure ii6 à 35 a de long (flagelle compris) sur 1 <x, 5 à 2 a de large.
A l'état frais, le trypanosome a des mouvements très vifs, il se déplace rapidement dans le champ du miscroscope ; les mouvements persistent beaucoup plus longtemps que ceux des trypanosomes pathogènes. França a constaté que le trypanosome du lérot pouvait vivre deux ou trois jours entre lame et lamelle.
Dans les frottis de sang desséché et tixé, le trypanosome du lérot se colore difficilement par le Giemsa ; le procédé bleu de méthylène à l'oxyde d'argent-éosine, avec différenciation au tannin, donne des résultats beaucoup plus satisfaisants.
L'extrémité postérieure est effilée comme chez Tr. Lewisi; la membrane ondulante est peu plissée; le flagelle se termine, à l'extrémité antérieure, par une partie libre qui mesure 6 \j. environ. Le protoplasme prend une coloration d'un bleu très pâle, on n'y trouve que de rares et fines granulations. Le noyau, arrondi ou ovalaire, est situé à 1 union du tiers antérieur du corps avec le tiers moyen. Chez un lérot nous avons trouvé, à un moment donné, des
trypanosomes dont le noyau était divisé en deux parties bien distinctes. Ce stade de multiplication s'observe très rarement au cours de l'infection. Le centrosome cfui est volumineux est assez souvent bilobé; il est situé à une distance un peu variable de la pointe de l'extrémité postérieure, mais toujours assez loin de cette pointe.
Brumpt a constaté que Tr. Blanchardi n'était pas inoculable au rat et que Tr. Leivisi n'était pas inoculable au lérot. França a inoculé sans succès des rats sur un lérot infecté de trypanosomes. Biota vu aussi que le lérot était réfractaire au Tr. Lewisi. Laveran et Pettit ont inoculé sans succès, sur des lérols infectés de trypanosomes. S rats blancs et 4 souris blanches. Un lérot ayant acquis l'immunité pour Tr. Blanchardi. inoculé par les mêmes observateurs avec le virus renforcé du Tr. Lewisi (Roudsky), a montré, au bout de i4 heures, des trypanosomes très rares qui ont disparu en 48 heures.
França n'a pas réussi la culture dans le milieu de Novy; les essais faits par Laveran et Pettit avec le Novy ordinaire ouïe Novy simplifié nont donné aussi que des résultats négatifs.
Il était intéressant, au point de vue du mode de propagation de Tr. Blanchardi, d'étudier les ectoparasites des lérots etde rechercher des flagellés dans leur tube digestif.
França n'a pas trouvé de flagellés dans les puces du lérot parasité qui a servi à ses recherches.
La plupart des lérots qui ont servi aux recherches de Laveran et Pettit avaient, au moment de leur arrivée au laboratoire, des puces appartenant à l'espèce nouvelle qui a été décrite par Ch. Rothschild sous le nom de Ceralophyllus Laverani.
Dans les frottis du contenu de quelques-unes de ces puces, capturées sur des lérots infectés de trypanosomes, Laveran et Pettit ont trouvé :
1" Des trypanosomes semblables à ceux du sang du lérot; ces flagellés existaient dans des frottis ne contenant pas de sang frais de lérot, ce qui semble indiquer que Tr. Blanchardi peut vivre dans le tube digestif de la puce spéciale à cet animal ;
2° Des kystes à difl'érents degrés de développement, mesurant de 8 à 10 [i, de long sur 5 à 7 a de large. Il s'agit d'éléments de forme ovalaire plus ou moins allongée; le protoplasme, aréolaire, est séparé par un espace clair de la membrane kystique. Dans le protoplasme, on distingue, tantôt un seul caryosome central, tantôt 2, 4 ou 8 caryosomes de forme assez irrégulière, situés le plus souvent à la périphérie du corps protoplasmique. Dans les kystes arrivés à maturité, on distingue des éléments minces, allongés, de 8 a de long environ; l'une des extrémités est arrondie et l'autre effilée; vers la partie moyenne de chacun de ces éléments qui sont vraisemblablement des
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sporozoïtes, on distingue, un caryosome ovalaire. La coloration est rendue difficile par Texistence de la membrane kystique; on a réussi à compter, dans quelques kystes, jusqu'à 8 sporozoïtes.
Ces kystes paraissent indépendants de révolution du trypanosome du lérot; il s'agit vraisemblablement du stade enkysté d'une grégarine semblable à celle qui a été décrite par E. H. Ross* chez la puce du chien Ctenocep/ialus serraliceps, grégarine dont l'évolution aboutit à des sporocytes en tonnelet à huit sporozoïtes semblables à ceux décrits plus haut.
Il est bien probable que la transmission du Tr. Blanchardi se fait par les puces; on a vu (p. 284) que la transmission du Tr. Lewisi peut se faire par les puces ou par les poux.
Lûhe a trouvé, chez des lérots, un pou particulier à cette espèce : Hœmatopinus leucophseus Burm. et une puce : Pulex fascialiis Bosc^; ces ectoparasites n'existaient pas chez les lérots examinés par Laveran et Peltit.
§ 5. — r Trypanosome du Myoxus avellanarius. Tr. myoxi Blanchard.
Galli-Valerio a vu dans le sang d'un Myoxus avellanarius^ de Suisse probablement, à l'état frais seulement, deux exemplaires d'un Flagellé. Il s'exprime ainsi à leur sujet : « Ils présentaient un corps allongé avec une des extrémités arrondie, vers laquelle se trouvait placé un noyau arrondi, l'autre prolongée en un flagellum réuni au corps par une mince membrane peu plissée et mobile par des mouvements d'ondulation. Parfois, ces deux parasites se ratatinaient et prenaient une forme arrondie, mais on distinguait à la périphérie une partie de la membrane et du flagellum. Leur dimension était d'environ 22 a^' ».
§ 6. — Tr. evotomys Hadwen.
Tr. evotomys Hadwen a été trouvé, 2 fois sur 10, à Mount Lehman (Canada), chez Evotomys saturatus (genre de campagnol propre au nord" de l'Europe et de l'Amérique). Du type Tr. Lewisi ^.