P. Behn, Berlin, lierlrztl. Wochenschr., 20 oct
3. P. Behn, Bsrlin. tiercirzll. Wochenschr., 13 déc. 1910. — P. Knuth et P. Behn, même Recueil, 9 fév. 1911. — K. Behn, même Recueil, 27 avril 1911.
semblable, que les flagellés de culture du sang des bovidés ne doivent pas être rapportés à un Irypanosome; il s'agirait de formes de développement de petits parasites endoleucocytaires, non flagellés du sang des bovidés ^
5; 2. — Description du Tr. Theileri.
Le trypanosome est très peu pathogène.
Les formes les plus grandes de Ti\ Theileri mesurent 60 à 70 u. de long, sur 4 à 5 [X de large; les formes les plus petites, 25 à 30 u. de long, sur 2 ou 3 a de large.
Dans le sang frais, les mouvements des trypanosomes sont si rapides qu'on ne peut pas distinguer la forme des parasites. Dans les préparations de sang frais conservées pendant quelques heures ou même pendant 2 ou 3 jours, la mobilité diminue et Ton peut reconnaître les principaux caractères morphologiques des trypanosomes. Tr. Theileri se meut, en général, le flagelle en avant, parfois en sens opposé; on distingue un long flagelle et une membrane ondulante; lextrémité postérieure du corps est effilée le plus souvent.
Après fixation et coloration par les procédés ordinaires, on distingue (fig. XLVI, 1) : un noyau ovalaire '\n) qui est situé vers la partie moyenne du corps, et un centrosome arrondi (c) fortement coloré, assez éloigné de Textrémité postérieure. La partie libre du flagelle représente environ le quart de la longueur du parasite; le flagelle se continue le long de la membrane ondulante {m) qui est assez large et bien plissée et va aboutir au centrosome. Le protoplasme qui contient un grand nombre de granulations chromophiles se colore fortement.
La multiplication se fait par bipartition. La figure XLVI représente (2) un trypanosome en voie de division. Le centrosome s'est divisé et le flagelle a commencé à se dédoubler au voisinage du centrosome.
Tr. Theileri vit 7 jours dans le sang défibriné, à la température du laboratoire ou de la glacière, moins longtemps à l'étuve. Dans le sang défibriné, dilué avec du sérum de cheval ou de Teau physiologique, le trypanosome vit aussi longtemps que dans le sang non dilué. L'addition d'eau ordinaire ou d'eau glycérinée tue rapidement les trypanosomes. L'exposition à la température de 50° les tue en moins de 24 heures.
Les formes d'involution sont communes dans les préparations. Le protoplasme se colore mal et les contours s'effacent; le centrosome
1. P. Behn, Zeilschr. f. Hyg. u. Infeclionskr.. janvier 1912.
TRYPAN. NON PATHOGENES DES BOVIDES
et le flagelle sont les parties les plus résistantes, ils se rencontrent souvent à l'état isolé, au milieu des hématies.
Le phénomène de l'agglutination a été observé par Theiler dans les conditions qui suivent. Occasionnellement deux parasites adhèrent par leurs extrémités postérieures. Quand le sang défibriné est abandonné à lui-même, les Irypanosomes viennent à la surface et adhèrent entre eux en formant des rosaces. Le phénomène d'agglutination est bien marqué si l'on ajoute au sang, du sérum de veau inoculé, à plusieurs reprises, avec du sang contenant des Tr. Theileri.
Fig. XLVI.
l et 2. Tr. Theileri. I>a figure 2 représente le trypanosome en voie de division. — 3-5. Tr. trantvaalienie. La figure 4 représente un trypanosome au dernier stade"de la division; la figure 5, une petite forme en voie de division (Gr. : 1 "ÎÛO diamètres environ).
Dans un cas où les trypanosomes étaient très nombreux, l'agglutinatioil fut observée dans le sang examiné à l'état frais 24 heures après que l'animal avait reçu une grande quantité de sérum immunisant; avant cette injection, le sang avait été examiné et l'agglutination n'avait pas été observée.
Chez un bovidé du Transvaal (préparations envoyées par M. Theiler), Laveran a observé et décrit sous le nom de Tr. tvansvaaliense, un trypanosome qui, au point de vue morphologique, paraissait bien distinct du Tr. Theileri.
Tr. transvaaliense a des dimensions assez variables; dans une même préparation, on peut distinguer de petites formes qui mesurent, en moyenne, 18 a de long (flagelle compris); de grandes formes qui atteignent 40 a et jusqu'à 50 a de long, sur 6 [jl de large; enfin des formes moyennes, les plus communes, qui ont 30 ix de long environ,
Laveran et Mesnil. — Trypanosomes et Trypanosomiases. ^2
sur 4 a à 5 [X de large. L'extrémité postérieure est, en général, très effilée.
Le noyau, ovalaire, est situé vers la partie moyenne du corps du trypanosome. Le centrosome, relativement volumineux, de forme allongée, est situé près du noyau, souvent accolé à ce dernier, comme cela est indiqué dans la figure 3. Par suite du rapprochement du noyau et du centrosome, vers la partie moyenne du corps, la membrane ondulante a, chez Tr. transuaaliense, beaucoup moins de développement que chez les autres trypanosomes.
Tr. transvaaliense se multiplie par bipartition comme Ti\ Theileri. La figure 4 représente un trypanosome, de dimensions moyennes, à la dernière phase de la bipartition. On dislingue : deux noyaux, deux centrosomes, deux flagelles, deux membranes ondulantes; le protoplasme lui-même a commencé à se diviser. La figure 5 représente une petite forme au début de la bipartition ; la division ne porte que sur le centrosome et sur Textrémité attenante du flagelle. Le flagelle se divise dans toute sa longueur.
Quelques-unes des préparations avaient été faites avec du sang conservé depuis 24 heures; peut-être y avait-il un commencement de culture. Dans ces préparations, beaucoup de trypanosomes étaient agglutinés en rosaces plus ou moins régulières; Tagglutination se fait par les extrémités postérieures comme chez Tr. Lewisi et Tr. Briicei. Le protoplasme de ces trypanosomes, déjà altérés, contenait de grosses granulations chromophiles.
La planche en couleur qui se trouve à la fin de ce volume représente un Tr. Theileri (fig. 8) et un Tr. transvaaliense (fig. 9).
D'après les recherches de Theiler, Tr. transvaaliense n'est pas une espèce distincte, mais une simple variété de Tr. Theileri. En injectant à des bovidés du sang contenant des Tr. transvaaliense. cet observateur a réussi à produire des infections avec Tr. Theileri typiques.
Tr. Theileri n'est inoculable qu'aux bovidés; il n'est pas pathogène ou il l'est très peu.
Tous les essais faits par Theiler et par d'autres observateurs pour inoculer Tr. Theileri à des animaux autres que des bovidés ont échoué. Les expériences ont porté sur des chevaux, sur des chiens, des moutons, des chèvres, des lapins, des cobayes, des rats, des souris.
Dutton, Todd et Tobey, Kleine et Fischer, ont signalé l'existence de trypanosomes semblables à Tr. Theileri chez des antilopes; aux Indes, l'infection a été observée chez le buffle.
L'inoculation de Tr. Theileri est facile de bovidé à bovidé.
L'incubation est de 4 à 6 jours quand on injecte une forte dose de sang avec de nombreux trypanosomes ; elle peut atteindre 18 à 20 jours quand le sang inoculé ne contient que de très rares trypanosomes.
TRYPAN. NON PATHOGÈNES DES BOVIDÉS 330
Les Irypanosomes sont parfois assez nombreux au début de l'int'ection; Theiler a compté jusqu'à 30 Irypanosomes dans le champ du microscope (obj. n» 6 Zeiss); une moyenne de 5 Irypanosomes par cliamp n'est pas rare, mais bientôt le nombre des trypanosomes diminue à ce point que l'examen direct du sang ne révèle plus leur présence. Dans les expériences de Theiler, la plus longue période de présence des trypanosomes dans le sang a été de 13 jours, la période la plus courte de 1 jour.
La disparition des trypanosomes n'est qu'apparente; le sang reste infectieux pendant assez longtemps. Le sang d'une vache inoculée par 0. Peter était infectieux au bout de 11 mois.
Les bovidés guéris ont l'immunité.
L'infection par Tr. Theileri est fréquemment associée aux piroplasmoses, à l'anaplasmose, à la spirillose, à la peste bovine, aussi s'explique-t-on qu'il soit souvent difficile de faire la part des agents de ces maladies et que les opinions aient varié sur le rôle de Tr. Theileri.
Theiler, qui avait considéré d'abord Tr. Theileri comme étant l'agent de la maladie des bovidés connue au Transvaal sous le nom de gall-sickness (maladie de la bile) ou de galziekte, a abandonné cette opinion ; il pense que l'agent de cette maladie est Y Anaplasma marginale et que Tr. Theileri lïesl pas pathogène '.
D'après Pease, Tr. Theileri pourrait produire des accidents, même mortels, chez les bovidés. Theiler lui-même a signalé autrefois 40 cas d'infection simple par Tr. Theileri avec une mortalité de 12 p. 100.
0. Peter n'a constaté aucun symptôme morbide chez les bovidés naturellement infectés ou inoculés, mais chez les animaux sacrifiés au cours de l'infection, il a noté {oj). cit.) les altérations suivantes : tuméfaction plus ou moins marquée de la rate ; altérations parenchymateuses du foie; adénites hémorragiques; pétéchies de l'endocarde; hyperémie de la muqueuse de l'intestin grêle. L'action pathogène du Tr. Theileri ressort de ces constatations, mais cette laction est évidemment très faible puisqu'elle ne se traduit, chez l'animal vivant, par aucun symptôme.
§ 3. — Mode de propagation.
D'après les recherches de Theiler, c'est VHippobosca ruftpes, très commune dans l'Afrique du Sud, qui propage Tr. Theileri au Transvaal.
1. A. Theiler, Journal of compar. path. a. therap., 30 juin 1910, et Zeiùchr. f. Infeclionskr. der Haustiere, 1910. t. Vlli, p. 39.
Plusieurs hippobosques, après avoir été tenues à la diète, ont été placées sur un animal infecté par Tr. Theileri et portées ensuite sur un animal sain; deux fois sur quatre, les animaux sains soumis à celte expérience se sont infectés. Le sang pris dans Testomac des mouches qui ont piqué des animaux malades montre encore, une heure après la piqûre, des trypanosomes aussi mobiles que dans le sang- frais.
M. Theiler a envoyé à l'un de nous des Hippobosques du Transvaal qui ont été déterminées par M. le D"" Speiserde Bischofsburg. D'après M. Speiscr, ces mouches appartiennent à deux espèces : H. riifipes V. Olfers et //. maculata Leach. Celle dernière espèce est très rare dans l'Afrique du . Sud où elle paraît avoir été importée au moment de la guerre du Transvaal. avec des chevaux de la cavalerie provenant des Indes*. La figure XLYII représente (d'après Theiler) une Hippobosca rufipes dont les dimensions sont le double des dimensions normales. La petite tache blanche et ronde qui se voit à la Fig. XLVll. partie médiane et postérieure du thorax sur la
Hippobosca rufipes grossie {joure a, cu réalité, une couleur rouge et, de
deux fois environ. , , i i •
chaque cote, on trouve des taches grisâtres. En Allemagne, des flagellés ont été trouvés chez Hxmatopola pluvialis et chez un taon (Knulh cl Rauchbaar).
^4. — Prophylaxie.
Bien que Tr. Theileri soit très peu pathogène, on doit prendre des mesures pour restreindre sa propagation.
Lorsque l'existence de l'infeclion a été reconnue chez des bovidés, il est indiqué d'abattre ces animaux pour la boucherie.
On évitera les pâturages où abondent les mouches piquantes.
Les inoculations de sang de bovidé défibriné, faites contre les piroplasmoses ou contre la peste bovine, ont servi souvent à propager Tr. Theileri; avant de pratiquer ces inoculations, il faudra s'assurer à l'avenir que les animaux qui fournissent le sang ne sont pas infectés par ce trypanosome.
IL Tr. ingens Bruce 1909.
Ce trypanosome a été décrit, en 1909, par D. Bruce, Hamerton, Bateman et Mackie. Il a été trouvé dans le sang d'un bœuf et de
1. Laveran, Sur deux Hippobosques du Transvaal, Soc. de Biologie, 21 fév. 1903.
TRYPAN. NON PATHOGENES DES BOVIDES 341
2 antilopes : Cervicapra arundinum (reed-buck en anglais) et Tragelap/ius scriptus sijlvaiicus (bush-buck en anglais) '.
Fraser et Duke ont trouvé le Tr. ingens chez un Tragelaphiis scriptus de l'Ouganda -.
Tr. ingens mesure "2 à 122 a de long, sur 7 à 10 a de large; il atteint donc des dimensions notablement plus grandes que celles du Tr. Theileri.
Le centrosorae qui est sphérique a 1 ix de diamètre, il est situé assez loin de l'extrémité postérieure, peu en arrière du noyau.
Le noyau, ovalaire, est plus rapproché de l'extrémité postérieure que de l'antérieure; il se colore en rose pâle par le Giemsa.
La partie libre du flagelle, qui atteint 17 tj, de long dans certains cas, est parfois très courte.
Le protoplasme granuleux se colore fortement. En avant du noyau les myonèmes longitudinaux sont bien marqués.
IIL Trypanosome du mouton.
H, M. Woodcock a trouvé un trypanosome chez le mouton '.
P. Behn a trouvé une fois sur cinq des trypanosomes chez des moutons en bon état du district d'Heiligenstadt (Allemagne) *.
Ce trypanosome mesure de 25 [^ à 40 a de long, sur 2 t^ à 3 u. de large. Le noyau est situé vers le milieu du corps; le centrosome, assez gros, est plus voisin du noyau principal que de l'extrémité postérieure.
Woodcock a émis l'opinion que ce trypanosome du mouton était peut-être en relation avec la Crithidia melop/iagia, qui se rencontre souvent chez les mélophages; les expériences de Swingle ne confirment pas cette hypothèse ^
1. D. Bruce, A.-E. Hamerton, H.-R. Bateman. F. -P. Mackie, Proceed. R. Soc, 9 oct. 1909, et Reports of the Sleep. sickn. Commis, of the R. Soc, 1910, n" X.
2. A.-D. Fraser et H.-L Duke, Proceed of the R. Soc, 10 avril 1912.
3. H.-M. Woodcock, Quart. Journ. of microsc. Se, novembre, 1910.