Braun et Teighmann, Deutsche mediz. Woch., janv
NAGANA 469
trypan. On arriverait ainsi, dit-il, à constituer des réservoirs de virus.
La question de variations de virulence des trypan. par passages par espèces différentes a été traitée d'une façon générale au chapitre VH. On trouvera, au chapitre suivant, à propos de la trypanosomiase du Togoland, des exemples concrets.
Alors que le nagana est très grave chez les Bovidés, en Afrique, notre virus, inoculé par Nocard à trois vaches, n'a produit, chez ces animaux, que des infections légères. La différence d'action peut tenir à une question de race des Bovidés; mais elle peut tenir aussi à une atténuation due aux innombrables passages, par mammifères divers (autres que des Ruminants), qu'a subis le virus depuis 1896, époque à laquelle il a été importé du Zoulouland en Europe. En tous cas, il serait très important d'essayer la virulence actuelle des trypan. sur les Bovidés de l'Afrique australe; peut-être, si notre seconde hypothèse est vraie, ce virus est-il devenu un vaccin, utilisable en Afrique, pour préserver les Bovidés de l'infection naturelle. On sait, en effet, que, pour le nagana, l'immunité, après la guérison naturelle, 6st la règle pour les Ruminants.
Dans l'état actuel de nos connaissances, on peut dire qu'on ne connaît pas de procédé sûr d'immunisation des animaux contre le nagana.
Les mesures de prophylaxie destinées à restreindre les zofles d'endémicité du nagana et à empêcher son importation dans les pays encore indemnes ont, par suite, une très grande importance.
On devra donc rechercher avec précision les zones dangereuses. La chose est relativement facile, puisqu'on sait que ce sont les tsétsés qui propagent la maladie. ,
La civilisation d'un pays a pour résultat constant la destruction ou le refoulement du gros gibier; on peut donc espérer que les zones à nagana iront en se restreignant, à mesure que les Européens avanceront davantage dans ce continent africain, dont les côtes seules étaient connues naguère, mais que sillonnent déjà, sur beaucoup de points, des chemins de fer de pénétration. En fait, Foà et Theiler ont constaté que la destruction du gros gibier a pour effet d'assainir les régions à tsétsés et à nagana.
On peut a.ussi essayer de soustraire les troupeaux aux piqûres des mouches en les menant paître dans des endroits où les tsétsés manquent, et en débroussant les points d'eau où ils vont boire. Mais cette mesure, qui peut être efficace pour ce qui concerne Glossina palpalis, le sera sans doute beaucoup moins vis-à-vis de Gl. morsitans, que l'on rencontre parfois loin des rivières et dans les endroits peu ombragés.
Quand on connaît bien les zones à tsétsés et à nagana, on peut souvent prendre des mesures préventives efficaces, s'il s'agit seule-
ment de traverser ces régions; une de ces mesures, la meilleure peut-être, consiste à ne voyager que la nuit; la tsétsé ne pique en effet que le jour. On a conseillé d'enduire les animaux que Ton veut protéger avec différentes substances, la créoline notamment. Dans rhinterland du Togo, les indigènes enduisent les animaux avec le suc d'une plante : Amomum melegueta, pour les protéger contre les piqûres de la tsétsé. La fumée éloigne les tsétsés et peut être utilisée, dans les campements par exemple.
On a obtenu de bons résultats en plaçant des chevaux dans des boxes dont les orifices sont pourvus de gaze et d'autres dans des étables où on laisse fumer un feu d'engrais de chevaP.
Des mesures de police sanitaire s'imposent pour empêcher l'importation du nagana principalement dans les régions à tsétsés indemnes (voir Prophylaxie du surra, p. 385).
1. Rapport de Pitchford, du Natal, analysé in Bail. Soc. d'études coion., juin 1903.