‹ Trypanosomes et trypanosomiasesChapitre 216 sur 412 · Mesnil, Bull. Soc. Path. exoL, t. III, 1910, p. 37G · texte numérisé non relu

Mesnil, Bull. Soc. Path. exoL, t. III, 1910, p. 37G

UEBAB ET TAHAGA 5^3

de celte trypanosomiase, le prix des dromadaires de guerre ou de bât morts étant remboursé par lui aux propriétaires (Ed. Sergent et Foley).

Prophylaxie', — Les chameliers algériens pratiquent certaines mesures prophylactiques contre le debab. La plus simple consiste à éviter de traverser les pays où pullulent les taons vers le mois de juin et bon nombre d'émigrations saisonnières n'ont pas d'autre but : on conduit les dromadaires sur les hauteurs, loin des lieux humides et boisés. Les nomades du Sahara qui vont, au commencement de l'été, vers les Hauts-Plateaux, où ils apportent les dattes et la laine, connaissent par tradition les pays à taons qu'il faut éviter et ceux où les taons sont rares et où Ton peut séjourner. Ils attendent par exemple que les taons aient disparu d'une région avant de venir y prendre leui*s quartiers d'été. Au printemps et en été, on évite de faire paître les dromadaires entre 8 heures du matin et 3 ou 4 heures de l'après-midi, durant les heures où les taons sont le plus agressifs.

Les indigènes ont aussi pour règle immuable de ne jamais laisser se former des groupes isolés de dromadaires dans les pays à taons; ils rassemblent tous leurs chameaux en un gros troupeau serré, et ainsi il n'y a que les bêtes situées à la périphérie qui sont piquées, tandis qu'aucune de ces bêtes n'échapperait si elles étaient isolées.

On a aussi l'habitude de faire brûler de la paille mouillée et des herbes vertes autour des douars pour éloigner les taons. On a, de cette façon, souvent évité des désastres (colonne du général Marey- Monge, en 1844, à Laghouat).

Enfin, une pratique très judicieuse et très répandue consiste à goudronner les dromadaires. Deux essences d'arbres servent à fabriquer le goudron : ils sont connus sous le nom de arar par les indigènes. Ils confondent sous cette dénomination le Jiiniperus phœnicea et le Thuya articulata (genévrier de Phénicic et thuya). Le goudronnage du mois de juin est destiné expressément à éloigner les tabanides et y réussit très bien pendant quelque temps, mais cette pratique est dispendieuse, et parfois dangereuse, quand elle n'est pas confiée à des mains habiles.

H semble que la méthode la plus radicale consisterait à rechercher, au printemps, dans les troupeaux qui vont transhumer, les dromadaires gravement atteints, ce qui est facile grâce à l'examen microscopique du sang de toutes les bêtes. On sacrifierait ou on ferait rester au Sahara, ou dans les régions pauvres en taons, les bêtes infectées. Les vétérinaires, et particulièrement les vétérinaires

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