Id., Proc. Roy. Soc. B, t. LXXX, p
3. Moore, Breinl et Hindle, Ann. nf trop. Med. a. Par., t. II, l'J08, p. 107.
48 TRYPANOSOMES ET TUYPANOSOMIASES
baisse des trypan., et, quand ils ont disparu de la circulation, on trouve pendant plusieurs jours (jusqu'à 10) dans le poumon, la rate, la moelle des os, des corps arrondis (fig. 7) correspondant à la région nucléaire vacuolisée des trypan. ; ce sont les latent bodies (corps latents) des auteurs. Pour eux, ces corps — qui ne ressemblent en rien, disent-ils, aux formes de dégénérescence obtenues par Faction des médicaments, Tatoxyl par exemple — sont le point de départ d'une nouvelle génération de trypan., d'une poussée infectieuse; et ils donnent diverses figures de'cette transformation (fig. 8 et 9) : le centrosome inira-nucléaire se divise en deux; l'un des deux sort du noyau, est le point de départ d'un flagelle; c'est le futur centrosome extra-nucléaire.
En somme, les trypan. montreraient, chez l'hôte vertébré, un véritable cycle évolutif, comprenant même un stade sexuel, et les auteurs sont persuadés qu'il ne se passe rien de plus chez les insectes convoyeurs; on retrouverait partout le cas de la dourine, où pareil vecteur manque.
Chez Tr. equiperdum, les choses s6 passent un peu difi'éremment. An lieu d'une ligne noire partant du centrosome, on observe un bourgeon arrondi qui s'en détache, chemine suivant l'axe du corps et vient s'accoler au noyau. Il y aurait encore là phénomène sexuel qui serait suivi, comme dans le cas précédent, d'une expulsion du centrosome et du flagelle. On aboutirait à une sphère nue, évidemment homologue des corps latents du Tr. gambiense.
Cette question des corps latents du Ti\ gambiense (et aussi du Tv. rhodesiense) a été reprise l'an dernier par Fantham * avec des rats infectés, chez lesquels on constatait une variation périodique des parasites. Il a confirma que les corps latents sont surtout abondants dans la rate et la moelle osseuse quand les parasites sont rares dans le sang périphérique; en même temps, on trouve des corps latents en voie de formation dans le poumon. Il y aurait alternance entre l'accroissement des parasites dans le sang, par division longitudinale, et la formation des corps latents dans les organes internes.
Fantham a suivi au microscope la transformation d'un trypan. normal en corps latent : la partie antérieure se désagrège d'abord, puis c'est le tour de la partie post-nucléaire; en même temps une couche de protoplasme s'individualise autour du noyau, au voisinage duquel est venu se réfugier le centrosome. Le processus dure 30 minutes.
Les corps latents, étudiés sur préparations colorées, ont de 2 à 4 iJL de diamètre; les plus petits proviennent sans doute de la division en deux des autres. Ces éléments seraient susceptibles de se
1. Fantham, Ann. of trop. Med. a. Parcu^il., t. IV, 1011, p. 40.3.
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rolransformer en trypan. typiques et Fantham dit avoir suivi trois fois complètement sous le microscope cette sorte de genèse.
Sur les préparations colorées, l'auteur convient qu'on peut con-' fondre des stades de désintégration de flagellés avec des stades de réintégration.
Ni Fantham ni Hindle ', qui ont étudié avec soin les phénomènes de dégénérescence du Tr. gambiense, n'admettent le processus sexuel si singulier, que Moore et Breinl placent à la base de la production des corps latents. Laveran n'a pu, non plus, en répétant les recherches de Moore et Breinl, le retrouver et il est arrivé à la conviction qu'il s'agissait d'accidents de préparation et en particulier de plis de l'enveloppe des trypan. Swellengrebel assimile le filament de Breinl et Moore à son filament axial (voir p. 33). Hindle, qui croit aussi à l'existence de ce filament axial, pense qu'une portion de ce filament, devenue très chromophile, a été prise par Moore et Breinl pour une émission du centrosome.
A propos des corps latents. Hindle fait fort justement remarquer que le noyau est la dernière partie du trypanosome qui est détruite; il pense que ce sont des noyaux libres qui ont été interprétés comme corps de résistance. On les retrouve dans les leucocytes et Hindle voit simplement là le stade final de la dégénérescence.
Quand on étudie des frottis de rate, de moelle osseuse, de foie ou de poumon, fixés à l'état humide par les vapeurs osmiques et colorés par la méthode bleu-éosine après dessiccation, ou fixés par le sublimé acétique et colorés à IHeidenhain sans avoir été desséchés, on peut observer nettement tous les stades d'involution des trypan. dont nous avions parlé en 1902 et leur désintégration qui aboutit à la mise en liberté des noyaux^. C'est en particulier ce que montre l'élude des frottis d'organes de cobayes infectés de Tr. gambiense et sacrifiés au moment d'une crise.
L'existence des corps latents nous paraît donc problématique.
Nous parlerons, dans les chapitres spéciaux, des formes de schizogonie du Scliizotr. Criizi, décrites par Chagas et Vianna, ainsi que des kystes du poumon du rat rapportés par Carini à l'évolution du Tr. Lewisi.
§ 4. — Interprétations de la structure et de la forme.
Naturk des deux noyaux. — Maintenant que nous avons décrit les phénomènes cytologiques essentiels présentés par les trypano-