Kocn, Arch. f. Schiffs u. Trop. Hyg., juin
2. Pjcard, Soc. de Biologie, 31 juillet 1909. — E. Roubald, Acad. des Sciences, 22 août 1910.
3. Ballet, of sleep. sicftn. Bureau, janvier 1909. Le nom de jungle fowl s'applique à deux espèces : Gallus ferrugineus et G. Sonnerati, originaires de l'Inde. Les pintades africaines paraissent susceptibles de jouer le même rôle que les poules de jungle.
4. Journal of the R. Institule of public heallh. mai 1908, t. XVI, p. 304.
.5. Expér. de C.-II. Marshall et A.-D. Fbaser. Bullet. of sleep. sickn. Bureau, 1910, n» 17.
sombre; les vêtements blancs sont donc à conseiller dans les régions infestées par ces mouches'.
Les moyens de protection mécanique qui rendent de si grands services dans la prophylaxie du paludisme peuvent être utilisés contre les glossines, au moins par les Européens dont les habitations se prêtent à l'installation de toiles métalliques à tous les orifices. Le fait que les glossines piquent le jour rend cette protection moins efficace contre ces mouches qu'elle ne Test contre les Anophèles qui ne piquent que le soir et la nuit. Pendant le jour, on vit beaucoup au dehors, surtout dans les pays chauds.
La protection mécanique n'est malheureusement pas applicable aux cases des indigènes.
Les moustiquaires de tête et les gants qui protègent les parties les plus exposées aux piqûres (face, nuque, mains) sont difficilement supportés, à cause de la grande chaleur qui règne d'ordinaire dans les régions à tsétsés.
Sur les bateaux qui font le service des lacs ou des cours d'eau dont les rives boisées donnent abri à de nombreuses glossines. il est indispensable d'avoir des réduits protégés contre l'accès de ces mouches, et cependant bien ventilés, afin que les passagers n'hésitent pas à en faire usage.
La protection mécanique doit être employée aussi pour les railways qui traversent des régions infestées.
On ne connaît pas de procédé de vaccination efficace contre la trypanosomiase humaine ; on ne connaît pas non plus de médicament qui puisse être employé sans danger, préventivement, d'une façon suivie, comme l'est la quinine dans la prophylaxie du paludisme (V. Prophylaxie générale, p. 226).
Il est indiqué de faire une ou plusieurs injections d'atoxyl préventivement- aux personnes qui, au cours d'un voyage dans une région où la maladie du sommeil est endémique, ont été fortement piquées par les tsétsés; cette précaution s'impose quand une ou plusieurs des piqûres faites parles tsétsés sont le siège de douleurs persistantes accompagnées de rougeur et d'œdème de la peau.
IL — Mesures ayant pour objet d'empêcher les individus atteints
DE trypanosomiase DE TRANSMETTRE LEUR MALADIE. — DaUS IcS régions
de l'Afrique infestées par les glossines, et en particulier par Glossina palpalis, la trypanosomiase humaine est transmissible, et ce sont les malades qui constituent le principal réservoir du virus; il importe donc, pour empêcher la propagation de la maladie, d'isoler les
1. H. Ensor, Rapport sur les recherches faites dans le Bahr-el-Ghazal par la Commission de la maladie du sommeil, Journal R. Army med. Corps, 1909.
2. F. Mesnil et E. Bkimont, Soc. de patlwl. exotique, 1908, t. I, p. 210. — R. Wurtz, Revue de méd. et d^hyg. tropicales, 1908, t. V, p. 93.
malades des individus sains, ou de les soumettre du moins à un traitement approprié qui, faisant disparaître les trypan. du sang, rend difficile rinfection des g-lossines; il importç aussi de prendre des mesures pour que les individus infectés de trypanosomiase ne transportent pas la maladie dans des régions encore indemnes.
Il n'est pas douteux que l'expansion actuelle de la maladie du sommeil soit due surtout aux changements qui se sont produits depuis quelques années dans la manière de vivre des indigènes. Autrefois, chaque peuplade restait séparée des peuplades voisines, souvent ennemies; aujourd'hui les soldats, les commerçants et leurs serviteurs, les porteurs et les travailleurs indigènes passent sans cesse, des régions infectées, dans des régions non infectées qu'ils contaminent. Il est urgent de remédier à cet état de choses.
Dans les régions oii la maladie du sommeil est déjà endémique, une excellente mesure consiste à créer des camps ou villages dans lesquels les malades sont réunis et soumis à des traitements appropriés.
Ces camps ou villages de ségrégation qui isolent les malades de la population saine ont rendu de grands services dans l'Ouganda, au Congo belge, au Congo français, au Sénégal.
Dans l'Ouganda, des camps de ségrégation ont été installés à Chagvve, à Busiro et à Busu. En res|)ace de 4 ans, 7 209 malades atteints de trypanosomiase ont été traités dans ces camps ^
L'Afrique orientale allemande possède 6 camps de ségrégation, 2 dans le district de Bukoba, 1 dans celui de Shirati, 1 à Usumbura, 1 à Ujiji et 1 sur la côte du Tanganyka.
Plusieurs camps de ségrégation ont été établis dans le Soudan anglo-égyptien.
Au Nyassaland, 2 camps existent à Ngami et à Dowa. Au Congo belge, 27 lazarets ou villages ont été créés pour l'isolement des malades atteints de trypanosomiase.
Au Congo français, outre l'hôpital de Brazzaville, un village de ségrégation a été installé en 1910 par l'Institut Pasteur de Brazzaville.
Dès 1908, un village de ségrégation pour les indigènes atteints de trypanosomiase était créé au Sénégal sur les plans et sous la direction du D"" Thiroux.
A la Côte d'Ivoire, un village de ségrégation a été créé, en 1912, aux environs de Koroko.
1. Rapport de A.-D.-P. Hodges, analysé in Ballet, of sleep. sickn. Bureau, 1911. n" 29, t. m, p. 306. Au sujet de ces camps ou villages de ségrégation, voir notamment, outre les Rapports des missions de la maladie du sommeil, déjà cités : Feldmann , Deutsche med. Wochenschr., 2 avril 1908; A. Thiroux, Ann. dChyg. et de méd. colon., 1909, t. XII, p. 448; P. Aubert et F. Heckenroth, Soc. de patlu exotique, 13 décembre 1911.
Laveran et Mesnil. — Trypanosomes et Trypanosomiases. 50
A la Côte de TOr, il faut signaler les camps d'Anum et de Kitampo et pour les colonies portugaises les 2 lazarets de Tîle du Prince.
On doit choisir, pour y installer les villages de ségrégation, des localités qui ne sont pas infestées de glossines et en particulier de Gl. palpalis; les plateaux un peu élevés, suffisamment éloignés des lacs ou des cours d'eau, et débroussés, conviennent très bien pour cet usage.
Il importe que Tinstallation des villages de ségrégation soit conforme aux habitudes et aux goûts des indigènes. 11 faut éviter tout ce qui ferait ressembler ces villages à des prisons; on s'efforcera, au contraire, de procurer aux malades tout le bien-être possible afin que, loin de fuir ces lieux, les indigènes demandent à y être soignés. Les cases seront du modèle local et on procurera aux malades la nourriture qu'ils préfèrent; nous avons vu qu'une alimentation abondante est un excellent adjuvant du traitement de la trypanosomiase.
Un ou plusieurs médecins seront chargés de traiter les malades et de surveiller l'hygiène des villages.
Lorsqu'il n'est pas possible d'éloigner les malades des agglomérations, il est indiqué de les réunir dans des cases un peu isolées et de les soumettre à un traitement qui aura pour effet de faire disparaître les trypan. du sang et de rendre par suite difficile la transmission de la trypanosomiase.
Les injections hypodermiques d'atoxyl qui sont d'un emploi facile, et qui sont sans danger quand on ne dépasse pas la dose de 0 gr. 50 par injection, constituent dans ce cas le traitement de choix.
Aubert et Heckenroth * ont proposé d'employer l'arsénophénylglycine en injections intra-veineuses et ils ont injecté jusqu'à 3 gr. de ce médicament en une fois. Nous renvoyons à ce qui a été dit plus haut au sujet de l'arsénophénylglycine (voir p. 772); les doses d'arsénophénylglycine employées par Aubert et Heckenroth nous paraissent dangereuses, d'autre part les injections intra-veineuses présentent de sérieux inconvénients quand il s'agit de traiter des indigènes dans leurs cases.
Lorsque le traitement par l'atoxyl ne peut pas être institué, l'orpiment qui est peu toxique et qui se prend facilement, sous forme pilulaire, rend des services.
Aubert et Heckenroth ont publié des faits peu favorables à l'emploi prophylactique de l'orpiment^, mais ces observateurs se sont placés pour expérimenter l'action de ce médicament dans des conditions bien sévères puisque, sur 13 malades soumis au traitement, 9 étaient en mauvais état et 2 en médiocre état. Il est entendu
1. P. Aubert et F. Heckenroth, Soc. de palh. exotique, 14 juin 1911.