I. — Trypanosomes des poissons européens
A. Poissons d'eau douce. — Les poissons d'eau douce chez lesquels l'existence de trypan. a été signalée appartiennent aux familles, genres et espèces dont les noms suivent.
Gyprimd/E. — Cypriniis carpio (carpe commune). — Carassius auratus (cyprin doré). — Tinca tinca (tanche). — Barbus fluviatilis (barbeau). — Gobio fluviatilis (goujon). — Phoxinus Isevis (vairon). — Abramis brama (brème). — Leuciscus (gardons). — Scardinius erythrophtalmus (rotengle). — Squalius cephalus (chevaine commun).
Gadid^. — Lola vulgaris.
GoBiTiD/E. — Cobilis barbatula (loche franche). — Cobitis fossilis (loche d'étang).
Esogid/E. — Esox lucius (brochet).
Percid^e. — Perça fluviatilis (perche de rivière). — Acerina cernua (gremille commune).
Triglid.e. — Cottus gobio (chabot de rivière).
SiLURiD/E. — Silurus glanis (silure).
AxGUiLLiD.E. — Anguilla vulgaris (anguille).
On voit que c'est chez les Cyprinidœ que les infections dues aux trypan. se rencontrent le plus fréquemment, mais il faut tenir compte du fait que cette famille est une des plus nombreuses en espèces.
Tr. Danilewskyi, Lav. et Mesn., 1904. — Danilewsky le premier a signalé l'existence de trypan. chez la carpe Cyprinus carpio, c'est pourquoi nous lui avons dédié cette espèce. Nous avons trouvé Tr. Danilewskyi une fois sur quatre chez des carpes provenant de Garches (Seine-et-Oise), et deux fois sur trois chez des carpes de 14 à 16 cm. de long achetées à Paris. Ces recherches ont été faites au mois de mars 19Q3. Pendant les mois de septembre et octobre 1901, l'examen du sang de deux carpes achetées à Paris avait été négatif.
Il est à noter qu'à la surface des carpes, notamment des carpes provenant de Garches, nous avons trouvé souvent de petites sangsues fixées entre les écailles.
Chez les carpes infectées, les trypan. étaient très rares.
Tr. Danilewskyi (fig. CLI, 1) mesure de 35 à 45 [j- de long, sur 3 i-i de large environ. La partie libre du flagelle a de 14 à 17 p.. La membrane ondulante est large, bien plissée. Le centrosome, très voisin, de l'extrémité postérieure, est assez gros. Le noyau, allongé, est situé vers la partie moyenne du corps du parasite, plus près, en général, de l'extrémité antérieure que de l'extrémité postérieure. Le protoplasme contient des granulations chromophiles de nombre
et de volume variables. Nous n'avons pas vu de formes de multiplication.
Tr. garassii, Mitrophanov, 1883. — Trouvé dans le sang de Carassius vulgaris par Mitrophanov et décrit par cet observateur sous le nom de Hsematomonas carassii (voir supra Historique), ce trypan. a été revu par Danilewsky et par Chalachnikov.
En 1905, Pétrie a observé que les cyprins dorés, Carassius auratus, capturés dans un étang à Queensberry Lodge, dans le jardin de rinstitut Lister à Elstree, étaient presque toujours infectés de trypan. *. Ce trypanosome, qui a été ensuite étudié par Thomson et M. Robertson ^, a une grande ressemblance avec le Tr. Danilewskyi de la carpe auquel il paraît devoir être identifié.
On verra plus loin (Modes d'infection) qu'on réussit parfois à
Fig. GLI. — Trypan. de la carpe et de la tanche.
1, Tr. Danilewskyi. — 2 et 3, Tr. iincx. — Gr. 2 000 diamètres environ.
infecter des cyprins dorés en leur inoculant le sang de carpes infectées de trypan.
Tr,. ting^, Lav. et Mesn., 1904. — Sur six tanches, Tinca tinca, achetées vivantes à Paris, au mois de mars 1903, nous avons trouvé trois fois des trypan. Les tanches de 20 à 25 cm. de long étaient plus souvent et plus fortement parasitées que les tanches plus jeunes, de 12 à 15 cm. de long. Antérieurement, nous avions fait à plusieurs reprises des examens négatifs chez ce poisson (en Lorraine au mois d'août 1901, à Paris aux mois de septembre et octobre 1901).
Les trypan. étaient rares ou très rares chez les tanches infectées; chez un seul de ces poissons, les parasites ont été trouvés en assez grand nombre dans le sang, principalement dans les reins.
Danilewsky {op. cit.) et Doflein avaient déjà signalé l'existence de