Minchin, Quart. Journ. of micr. Se, I. LU, 1!)08, p. loU
chez le vertébré par ingestion (cas de Tr. Graiji). Enfin, le parasite serait pris et réinoculé par l'insecte dans le sang du vertébré (cas de Tr. Briicei).
Minchin regarde sa thèse comme parfaitement conciliable avec celle des Leptomonas-Crilhidia, ancêtres des trypanosomes, que nous discuterons au chapitre VI.
L'existence de trypanoplasmes intestinaux chez les Poissons constitue évidemment un argument de valeur en faveur des vues de Minchin, au moins en ce qui regarde leur application au genre Tri/pan op las m a .
• Les faits rapportés récemment par Strickland, relatifs aux rats qui s'infectent de Tr. Lewisi en dévorant les puces, sont aussi en faveur de la thèse de Minchin : une des étapes prévues se trouvant ainsi réalisée dans la nature.
Il faut dire, en revanche, que l'existence de vrais trypanosomes chez les insectes non piqueurs, dont le premier exemple a été donné en 1908 par Chatton et Alilaire^, s'accorde plutôt difficilement avec l'hypothèse du vertébré hôte primaire et vient au contraire à l'appui de la manière de voir de Léger, Brumpt et Novy. Tout en le faisant remarquer, Chatton et Alilaire ont insisté sur les difficultés qu'il y a à admettre cette dernière thèse.
Nous avons vu que l'étude comparée des modes de transmission des trypanosomes conduit aussi à la conception de l'invertébré hôte primaire. Mais nous ne nous dissimulons pas non plus les objections possibles dont la principale nous paraît être l'extrême diversité zoologique des invertébrés transmetteurs. Enfin, certaines constatations relatives au développement chez les tsétsés semblent indiquer que cette évolution y est relativement récente.
On voit en définitive combien il est difficile de faire cadrer, môme dans un groupe restreint, les théories phylogéniques avec la complexité des faits ^,
1. Chatton et Alilaire, C. R. Soc. Biologie, t. LXIV, 1908, p. 1004.
2. Mesnil, Revue générale sur les modes de propagation des trypanosomiases in Bull. Insl. Pasteur, t. X, janv. 1912.