‹ Trypanosomes et trypanosomiasesChapitre 56 sur 412 · Id., C. n. Soc. Biologie, t. LVIl, déc. 1904, p. 61o · texte numérisé non relu

Id., C. n. Soc. Biologie, t. LVIl, déc. 1904, p. 61o

.3. Woodcock, Quart. Joarn. of micr. Se, t. L, 1906, p. 131.

4. LiJHE, Handb. der Tropenkrankh., de G. Mense, t. III, 1906, p. 69.

5. LÉGEB et Duboscq, Arch. zool. expér., t. XLV (5" série), 1910, p. 187.

genre. Mais nous ne voyons pas encore nettement comment faire cette coupure générique. Peut-être y aura-t-il lieu de distinguer les espèces ne présentant dans leur mode de division sanguin que des formes trypan. (ex. : Tr. Brucei) de celles qui montrent une plus grande variété, formes Crithidia, etc. (ex. : Tr. Lewisi).

Chagas, qui, en 1909, a découvert un nouveau trypan, humain, inoculable à divers mammifères, a créé pour lui le genre Schizotrypaniim. Bien que cet organisme présente, dans le sang, des formes trypanosomes typiques, nous admettons, provisoirement au moins,

Fig. XXIV. — Endotrypanum Hchaidinm (figure empruntée à Mesnil

et Brimont.)

le genre Schizotrypanam, en raison des particularités du développement de ce parasite, signalées par Chagas et Vianna.

Contrairement à la règle pour les trypanosomes, le Sc/iizotrypaniim Cruzi de Chagas est capable d'attaquer, sous sa forme flagellée, les globules rouges et même de pénétrer momentanément à leur intérieur. Chagas a même décrit un stade endoglobulaire non flagellé.

Il convient de dire ici un mot d'un autre parasite du sang, qui jusqu'ici n'a été vu que sous la forme endoglobulaire. C'est VEndotrypaniim Schaudinni Mesnil et Brimont^, dli sang d'un Edenté de la Guyane, l'Unau, Cholœpus didactytiis. Au point de vue morphologique, ce parasite diffère des trypanosomes en ce que le cenlrosome, en forme de bâtonnet, n'est jamais en arrière du noyau (fig. XXIV).

En somme, l'immense majorité des Flagellés, parasites normaux du sang, doivent être classés dajis les deux genres :

1" TuYPAXOsoMA, Gruby, 1843 (Laveran et Mesnil, 1901, emend.)K

\. Mesnil et Urimont, C. li. Soc. Biologie, t. LXV, déc. 11)08, p. rWI. 2. Nous reproduisons, en la modifiant légèrement et en la complétant, la diagnose que nous avons donnée en 1901, C. R. Acad. Sciences, t. CXXXlll, p. 131.

Flagellés à corps fusiforme présentant latéralement une membrane ondulante dont le bord épaissi se termine en arrière, dans la seconde moitié du corps, à une masse centrosomique, nettement plus petite que le noyau proprement dit situé vers le milieu du corps. Divisions longitudinales binaires égales ou inégales. Certaines espèces passent, au cours de leur division sanguine, par un stade Leptomonas ou Crithidia sans membrane ondulante ou à membrane rudimentaire. Ce stade est général en dehors de l'organisme vertébré : hôte invertébré; cultures. — Parasites du sang des Vertébrés de toutes les classes de rembranchement.

La plupart des espèces ont un hôte invertébré, suceur de sang : Insectes variés, Acariens, Hirudinées. — Un très grand nombre d'espèces connues. — Certaines espèces paraissent propres aux invertébrés; nous discuterons plus loin la question de leurs rapports avec les hémotrypanosomes.

2" Trypanoi'Lasma. Laveran et Mesnil, 1901 (emend. 1904'). — Flagellés à corps allongé, très déformable, souvent courbé en arc, présentant tout le long du bord convexe une membrane ondulante dont le bord épaissi se prolonge en arrière par un flagelle et se recourbe en avant pour aboutir à V extrémité antérieure d'une masse qui a la grosseur et. Jusqu'à un certain point, la structure du noyau principal, situé en regard d'elle, le long du bord convexe. De la même masse, part un flagelle antérieur libre. Probablement divisions longitudinales binaires égales. — Parasites du sang des Poissons, avec une hirudinée comme hôte invertébré. — Plusieurs espèces connues. — D'autres espèces devant rentrer soit dans le même genre, soit dans un genre voisin, ont été rencontrées dans le tube digestif de quelques Poissons, dans la vésicule séminale des escargots (genre Cryptobia Leidy), chez des Coelentérés pélagiques du groupe des Siphonophores (genre Trypanophis Keysselitz), etc.

Nous montrerons dans le paragraphe suivant que ces 2 genres Trypanosoma et Trypanoplasma sont, non seulement très distincts, mais encore assez éloignés zoologiquement, les formes moins adaptées au parasitisme dont ils dérivent appartenant à deux familles diflerentes de Flagellata.

On conçoit d'ailleurs que des organismes appartenant à des groupes divers puissent s'adapter au milieu sanguin. Gonder en a fourni récemment un nouvel exemple en découvrant, dans le sang d'un oiseau du Transvaal, un flagellé ayant tous les caractères du genre Lamblia.

1. La modification que nous avons apportée en 1904 (1" édition de ce traité) à notre diagnosc de 1901 a été amenée par la découverte due à L. Léger (G. R. Acad. Sciences, t. CXXVIIl, 1904, p. 824) des rapports véritabl(!s de l'appareil flagellaire avec l'appareil nucléaire; Mar. Pleiin nous annonçait, dans une lettre contemporaine, les nièuu's faits, que nous ne tardions pas à vérifier nous-mêmes.

!^ 2. — Place des Trypanosomes et des Trypanoplasmes dans la classification.

La place systématique de peu d'êtres vivants a été aussi discutée que celle des trypanosomes; ces discussions n'ont, en général, pas manqué d'intérêt, car, comme nous allons le voir, elles ont porté sur des questions de phylogénie et se sont trouvées liées à la question de l'origine des hématozoaires endoglobulaires et des spirochètes.

En 1880, Saville Kent ' fait des Trypanosomata le premier ordre de la classe des Flagellata. Il leur donne donc une place tout à fait isolée dans sa classification. Ajoutons que cet ordre ne comprend que le seul genre Trypanosoma et que le parasite du sang des rats est placé dans le genre Herpelomonas (voir supra) qui fait partie de la famille des Cercomonadinœ.

Nous retrouvons à peu pr^s la même chose dans les Protozoa du Tierreich de Bronn, par Biitschli -. Trypanosoma et Herpelomonas (comprenant toujours le parasite des rats) sont bien placés dans le même sous ordre des Monadina Biitschli; mais Trypanosoma y est en appendice à la famille des Rhizomasligina de Saville Kent (Flagellés émettant des pseudopodes), tandis que Herpelomonas fait partie d'une famille voisine, celle des Cercomonadina (également de Kent).

Danilewsky^, en 1888, insiste sur les affinités des trypanosomes, surtout sous leur forme simple (sans membrane ondulante) Trypanomonas avec les Herpelomonas et Leplomonas de S. Kent. Le premier de ces genres avait été, comme nous l'avons dit, créé pour le Cercomonas muscœ-domeslicse\ le second pour un flagellé découvert par Biitschli chez le Nématode Trilobiis gracilis.

Senn *, en 1900, met côte à côte les deux genres Herpelomonas et Trypanosoma (avec les diagnoses que nous avons données plus haut; voir p. 96) dans la famille des Oicomonadaceœ (= Cercomonadinse de Kent), de l'ordre des Prolomasligineœ, c'est-à-dire des plus simples parmi les Flagellés. Cette famille, caractérisée par l'existence d'un flagelle unique et l'absence de processus en forme de lèvre ou de collier à la partie antérieure, se décompose ainsi :

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