LIQUIDE INOCULÉ
UUBKE DE l'incubation CHKZ LKS SOURIS INOCULKBS AVEC 1/20 CC. DE LIQUIDE PAR VOIE
péritonéale
cutanée
Sang riche en Tr. Brucei dilué à 1 p. 5 .
Le môme, dilué à 1 p. 300
Le même, dilué à 1 p. 30 000
1 jour (mort en 3).
2 — (mort en 4).
4 — (mort en 6).
2 jours (mort en o).
4 — (mort en 6 1/4).
3 — (mort en 7).
Yakimoff- a même observé des variations encore plus considérables
1. Laveran et Mesnil, Ann. Inst. Pasteur, t. XVI, janv. 1902.
2. Yakimoff, Centralbl. f. Bakter., I, Origin., t. XXXVII, 1904, p. 668.
quand on passe de la dilution 1 p. 5 000 à la dilution 1 p. 50 000.
L'incubation devient plus longue quand les trypan. ont été conservés à la température du laboratoire ou soumis aux températures de 40 à 41°.
Pour les trypan. pathogènes, le pouvoir de multiplication est conservé pendant toute la durée de la maladie; il est plus ou moins développé suivant des circonstances diverses que nous aurons à apprécier et il est toujours contre-balancé par une certaine destruction des parasites. Dans les maladies à marche aiguë, cette destruction est faible, ce qui fait que les parasites vont toujours en augmentant. Dans les infections à marche subaiguë ou chronique, il y a des périodes oîi la destruction surpasse la multiplication; les parasites arrivent à être excessivement rares dans la circulation; on dit alors qu'il y a crise. A ces crises, font suite de nouvelles périodes d'accroissement.
Dans un grand nombre de cas par conséquent, la marche de l'infection sanguine prend un caractère périodique : infections subaiguës des chiens, des cobayes; surra des Equidés et des chameaux (dans ce dernier cas, la maladie peut durer des années et on a compté plus de cent poussées parasitaires'). R. Ross et D. Thomson ^ ont cherché à mettre en évidence l'existence générale de cette périodicité chez les malades du sommeil. D'après Dutton, Todd et Tobey ', il n'y a pas de périodicité de caractère diurne ou nocturne.
Chez les gros animaux tout au moins, il y a une certaine concordance entre l'accroissement des parasites et les poussées fébriles.
Chez les trypan. non pathogènes, la période de multiplication des parasites est limitée à un certain nombre de jours au début de l'infection. Plus tard, on ne trouve plus, dans le sang et les organes, que des formes adultes sans aucune forme de développement.
Au point de vue de l'action d'une espèce donnée de trypan. sur l'ensemble des espèces animales, il y a d'abord lieu de distinguer entre les trypan. non pathogènes, qui, en règle générale, ne sont infectieux que pour l'espèce animale chez laquelle on les rencontre dans la nature, et les trypan. pathogènes qui attaquent un assez grand nombre d'espèces.
Même dans le cas des trypan. non pathogènes, le pouvoir infectieux est, pour une espèce donnée, variable dans une certaine limite. Tel est le cas pour le Tr. Lewisi, le mieux étudié de tous. Pour certaines origines, le pouvoir infectieux est faible; pour
\. Pease et Gaiger, Joum. of trop. Vêler. Se, t. 111, 1908, p. 427.
2. R. Ross et D. Thomson, Proc. Roy. Soc, B., t. LXXXII, p. 411, et Ann. of trop. Med., l. IV, 1910, p. 201.
3. Dutton, Todd et Tobey, Liverpool Sch. of trop. Med., iném. XVI, l'JOO.
POUVOIR IiNFECTIEUX ET VIRULENCE 121
d'autres, il est très élevé et nous verrons même que, dans certains cas. cette espèce est réellement virulente sans que pourtant les rats qui en meurent montrent plus de trypan. que ceux qui, avec une autre race, n'en sont pas incommodés. Il y a là un exemple d'indépendance du pouvoir infectieux et de la virulence.
On connaît des trypan. de cette catégorie dans le sang de Vertébrés de toutes les classes de Tembranchement. On ne rencontre guère de trypan. pathogènes que chez les Mammifères; nous ne voyons, comme exception, que le Tr. inopinaliim, pathogène pour les 2 espèces de grenouilles de nos pays (l'étude de sa virulence pour d'autres Batraciens serait à faire). Il est possible aussi que certains trypanoplasmes soient les agents de maladies des Poissons cyprihidos.
En règle générale, les trypan. pathogènes de Mammifères sont virulents, à un degré plus ou moins élevé pour tous les mammifères, à quelques exceptions près que nous examinerons plus loin. Mais les rapports entre un de ces trypan. et une espèce déterminée de mammifères sont extrêmement variables et nous devons parler d'abord de ces variations.
VaHIATIO.X de la VmULEXCE AVEC LORIGIXE DT TRYPAXOSOME. —
Une môme espèce de trypan., prise chez un animal atteint d'infection naturelle, et inoculée à un certain nombre de mammifères, se comportera d'une façon variable. Tantôt elle laissera indemne telle espèce animale, tantôt elle l'infectera, la marche de l'infection étant aiguë, subaiguë ou chronique. Dans ces variations, il y a à considérer une question de virulence générale du trypan. expérimenté et une question de virulence particulière pour telle ou telle espèce.
Le Tr. gambiense fournit de nombreux exemples de ces variations dans la virulence générale : le sang, ou le liquide céphalo-rachidien, retiré à l'homme atteint de cette maladie, et renfermant le parasite, parfois n'infecte pas les espèces animales-inoculées, rat, cobaye, etc. ; d'autres fois, il leur donne une infection à marche chronique, se terminant souvent par la guérison; enfin, dans certains cas, le trypan. se montre d'emblée doué d'une virulence assez grande pour les espèces reconnues sensibles. Bien plus, il arrive qu'on observe des différences entre la virulence du liquide céphalo-rachidien et celle du sang du même homme.
Les Tr. dimorphon et congolense nous donnent un bon exemple des variations de virulence pour une espèce déterminée, le cobaye, qui, suivant l'origine du virus, se montre sensible ou réfractaire.
Il faut encore citer le Tr. eqiiiperdum de la dourine qui, souvent, se montre sans virulence pour les petits animaux de laboratoire,
souris, rat, lapin (Schneider et Buffard et de nombreux autres
auteurs) et, d'autres fois, les infecte (Rouget).
Nous nous contenterons de ces exemples; ils montrent clairement avec quelle prudence il faut admettre comme caractéristique d'un trypanosome l'immunité naturelle, vis-à-vis de lui, ou la faible réceptivité d'une espèce déterminée de mammifère.
Ces variations de virulence dune même espèce tiennent à des conditions, sans doute nombreuses, qu'il est bien difficile de préciser. Parmi elles, on peut citer Fespèce animale chez laquelle le virus a été trouvé à l'état naturel.
Ainsi le surra présente certaines différences de virulence suivant qu'on part du chameau ou du cheval.
VARIATrONS DE LA VIRULENCE AVEC LA GÉNÉALOGIE DU TRYPANOSOME.
— Étant donné un virus retiré d'une infection naturelle, comment va-t-il se comporter expérimentalement? Là encore, des varialions importantes sont à noter.
Un des exemples les plus nets que l'on en puisse donner est celui tiré des travaux de Martini * sur deux trypanosomes isolés du sang de poneys (une jument et un cheval) amenés du Togoland au jardin zoologique de Berlin.
La jument poney ne paraissait pas malade et son sang ne montrait pas de trypan. à l'examen direct. Il a fallu l'employer à des doses de 2 à 20 ce. pour arriver à infecter quelques-uns des chiens inoculés qui n'ont d'ailleurs montré qu'une infection légère ; un seul a succombé (en 102 jours). Des équidés inoculés avec le même sang n'ont contracté que des infections assez légères. Mais, en partant d'un de ces équidés, Martini a pu, par passages par chiens, obtenir un virus qui a tué ces animaux d'abord en 13 à 28 jours, puis en 3 à 12 jours. Alors que le virus initial ne tuait pas les rats et les souris, le virus de passage les a tués. Un âneaégalementsuccombéenSojours.
On voit donc que, de très peu virulent au début (à tel point que diverses espèces animales pouvaient être regardées comme réfraclaires), ce trypan. de la jument du Togo est devenu assez virulent.
Le sang du poney mâle de la même origine renfermait aussi des trypan., facilement décelables à l'examen microscopique. L'animal a succombé à l'infection. Son sang, pris pendant la vie, a déterminé, chez les divers animaux inoculés (rongeurs, cheval), une infection mortelle -.