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A. Laveran, Soc. de palh. exotique, 10 mai l'JII

2. C. Levaditi et S. Mutermilch, Zeitschr. f. Immun. Forsch., Ôrig., 1000, 1. 11. p. 702.

3. A. Léger et J. Ringenbacii, Soc. de Biologie, 4 mars 1011 cl 17 février 1012. La technique est la .suivante : à Ti poulies de sérum fraîchement recueilli, on ajoute I goutte d'eau physiologique citralée et 1 goulle de sang de souris infectée. Les tubes contenant le mélange sont mis a l'éluvc a 37 degrés el examinés tous les quarts d'heure pendanl quatre heures. On ne lienl compte que de la trypanolyse absolue.

4. ('.. Levaditi et .S. Mutermilch, Soc. de Biologie, 24 décembre 1010, cl Acad. des Sciences, 31 juillet 1 ti 1 1 .

IDENTIFICATION DBS TllYPANOSOMES 239

brasse l'eau avec l'exsudat et on aspire avec une pipette à boule. On centrifuge clans un tube paraffiné demi-heure à vitesse moyenne), on décante, puis on remplace l'eau physiologique retirée, on remet les leucocytes en suspension et on centrifuge de nouveau. Le dépôt est misen suspension dans de l'eau physiologique stérile et conservé dans un tube à la glacière.

Le sérum spécifique est obtenu en saignant un animal infecté par un trypanosome donné, au moment de la première crise trypanolytique; il est chauffé pendant trente minutes à 55" ; on s'assure qu'il est actif sur le trypanosome ayant produit l'infection.

Pour identifier un trypanosome, on met dans de petits tubes stérilisés : 2 gouttes de l'eau physiologique tenant en suspension des leucocytes, 2 gouttes du sérum spécifique pur ou dilué à 1/50 ou à 1/100, enfin une goutte du sang de l'animal infecté par le trypanosome à identifier. Il est nécessaire que les trypanosomes soient nombreux et qu'ils ne s'agglutinent pas entre eux, comme cela arrive souvent pour Tr. dimorphon. On procède à l'examen histologique quelques minutes, et jusqu'à 1 heure, après que le mélange a été fait, on recherche si des attachements des trypanosomes aux leucocytes se sont produits, et dans quelle proportion.

Les expériences faites par Laveran et Thiroux, d'après ces indications, ont donné les résultats suivants '.

Avec du sérum de la trypanosomiase du Togo et des Tr. togolaise, des attachements nombreux (sérum pur ou dilué à 1/50 ou à 1/100) ont été notés. Avec du sérum surra-Maurice et des Tr. Evansi, des attachements nombreux se sont également produits (sérum pur ou dilué). Mais les mêmes résultats ont été obtenus en faisant agir le sérum de la trypanosomiase du Togo sur les Tr. Evansi ou le sérum surra-Mauriee sur les Tr. togolaise.

Faut-il conclure de cette expérience que la trypanosomiase du Togo = surra? Celte conclusion serait en contradiction avec ce fait qu'un animal ayant l'immunité pour le surra s'infecte par Tr. togolaise comme un animal témoin-. 11 est probable que les résultats, discordants en apparence, fournis par les deux méthodes tiennent à ce que la méthode in vivo est plus sensible que la méthode de sérodiagnostic in vitro. Déjà Mesnil et Brimont avaient constaté que le sérum surra avait une certaine activité (en mélange) contre le Tr. togolaise.

Les sérums trypanosomiase du Togo et surra n'ont pas donné d'attachements avec les trypanosomes nagana- O Uganda , nagana ferox, Tr. gambiense et.Tr- dimorphon.

I. A. Laveran et A. Thiroux, Acad. des Sciences, 27 lévrier 1011. — A. Laveran et Nattan-Larrier, Soc. de patliol. exotique, 10 avril 1012. I. F. Mesnil, Bull. Soc. palh. exotique, l. III, 1010, p. 370.

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Los sérums d'un cobaye el d'un chien infectés avec Tr. gambiense, et saignés en crise, n'ont pas donné d'attachements des Tr. gambiense, môme lorsque ces sérums ont été employés purs. Le sérum d'un cobaye saigné en pleine infection s'est montré plus actif que le sérum du cobaye saigné en crise; encore n'a-t-il pas produit des attachements nombreux avec Tr. gambiense, el il a donné des alla chements, en petit nombre à la vérité, avec Tr. congolense.

Le sérum d'un cobaye infecté avec le trypanosome du nagana- Ouganda, et saigné en crise, a donné des attachements avec les Irypanosomes correspondants, mais le phénomène, limité à un nombre restreint de parasites, n'a pas été caractéristique.

Les sérums de cobayes infectés par Tr. congolense et par Tr. pecorum, et saignés en pleine infection ', ont donné des attachements avec les trypanosomes correspondants; pas d'attachements avec les Irypanosomes hétérogènes. La réaction a été malheureusement limitée à un nombre assez restreint de parasites, comme dans le cas précédent.

Le sérum du cobaye infecté par Tr. congolense n'a pas produit d'attachements avec les Tr. pecorum. non plus que le sérum du cobaye infecté par Tr. pecorum avec les Tr. congolense, ce qui confirme l'opinion émise par Laveran sur la spécificité de ces deux trypanosomes 2.

Le sérum d'un mouton ayant acquis l'immunité contre Tr. dimorphon, actif en mélange avec ce virus, essayé avec du sang riche en Tr. dimorphon, n'a pas produit d'attachements, ce qui prouve qu'il ne s'agit pas d'une réaction d'immunité.

Il ressort de ces expériences que la réaction d'attachement peut fournir "des indications utiles pour l'identification des trypanosomes, mais qu'on s'exposerait à l'erreur en lui attribuant une valeur absolue, exclusive (Laveran etThiroux).

De nombreux essais de diagnostic des trypanosomiases par les méthodes de fixation ou déviation du complément de Bordet et Gengou et de Wassermann ont donné des résultats peu nets ou inconstants (voir p. 149).

En résumé, l'identification des trypanosomes doit être basée d'abord sur l'ensemble des caractères morphologiques et biolo-

I. Il a'est pas toujours possible de saigner les animaux trypanosomés pendant une crise trypanolytique bien marquée; il était donc intéressant de savoir si le sérum obtenu en saignant un animal en pleine infection pouvait servir n In recherche des attachements. L'activité du sérum obtenu dans ces conditions n'est pas douteuse; du sérum de cobaye infecté de Tr. gambiense, saigne en pleine infection, s'esl montré plus actif que les sérums d'un coî)aye et d'un chien saignés en crise. Ce S0QI toutefois les sérums d'animaux saignés en crise qui nous ont donné les plus belles réactions d'attachement.

■ 2. A. Laveran, Soc. de path. exotique, 14 décembre 1910.

CLASSIFICATION DUS TllYPANOSOMES 241

giques que présentent ces parasites; dans le cas où ces caractères sont insuffisants pour permettre l'identification, il est indiqué de recourir à l'épreuve de l'immunité croisée; les méthodes de sérodiagnostic exposées plus haut peuvent fournir aussi de très utiles indications.

M. — Classification des trypanosomes.

Le procédé le plus simple pour classer les trypanosomes consiste à les grouper, d'après leurs hôtes, en trypanosomes des Mammifères, des Oiseaux, des Reptiles, des Batraciens et des Poissons 1 ; il est sans exemple qu'un trypanosome soit commun à des vertébrés de classes différentes. .

Les trypanosomes des Mammifères sont de beaucoup les plus intéressants, attendu que, contrairement à ce qui existe pour les trypanosomes des autres classes de vertébrés, beaucoup d'espèces sont ici pathogènes et que les maladies auxquelles elles donnent lieu chez l'homme ou chez les animaux domestiques sont très répandues à la surface du globe et très graves.

Liïhe a proposé de créer le genre Trypanozoon pour les trypanosomes des Mammifères-; si le groupement des trypanosomes par classes des hôtes nous paraît indiqué, nous ne croyons pas qu'on puisse transformer ce groupement en une véritable classification, en créant des genres tels que le genre Trypanozoon qui n'est pas basé sur des caractères différentiels suffisamment précis. Beaucoup de trypanosomes des Oiseaux, voire même des Reptiles et des Batraciens, ont une structure tout à fait comparable à celle des trypanosomes des Mammifères. Le moment ne nous parait pas encore venu de créer des genres nouveaux.

La classification des trypanosomes des Mammifères présente de sérieuses difficultés, en raison des ressemblances morphologiques de trypanosomes appartenant à des espèces distinctes, et des aspects différents que peut présenter, au contraire, un même trypanosome. La morphologie fournit des caractères précieux qui suffisent à l'identification de quelques espèces : petitesse des centrosomes chez Tr. equinum, grandes dimensions du parasite chez Tr. Theileri, dimorphisme de Tr. Pecaudi; mais le plus souvent on est obligé 'l avoir recours, en môme temps qu'à la morphologie, à d'autres caractères : action pathogène ou non pathogène, nature des accidents

[. C'est te procédé de classement que nous avons employé dans la première édition de cet ouvrage el qui a été adopté par tous les auteurs. Voir notamment G. Pitta- LUGA, Revisla de la /?. Acad. de Ciencias de Madrid, avril 1905, t. II, n° 3.

2. LûHE, Ilandbuch der Tropcnkranklieiten rie ('.. MeûSC, 1006, I. III.

Lavkiian ot Mksnil. — Trypanosomes ot Trypano.somiases. 16

produits, espères animales sensibles ou réfractaires, mode de transmission; enfin, dans certains cas difficiles, il faut recourir à des procédés spéciaux d'identification qui ont été indiqués plus haut : épreuve de l'immunité croisée, séro-diagnostic.

Avec la plupart des auteurs, nous diviserons les trypanosomes des Mammifères en deux grands groupes suivant qu'ils sont pathogènes ou non.

1. Trypanosomes non pathogènes. — Les trypanosomes non pathogènes des Mammifères comprennent :

1° Les trypanosomes non pathogènes des petits Mammifères;

2° Les grands trypanosomes des Bovidés et des Antilopidés.

(les trypanosomes sont presque toujours spécialisés à une espèce animale ou à quelques espèces voisines.

Après une période active de multiplication, les trypanosomes deviennent très rares dans le sang où ils peuvent demeurer pendant longtemps à l'état latent. Les animaux guéris ont l'immunité.

Les trypanosomes non pathogènes se cultivent facilement dans les milieux appropriés, si bien que la culture est souvent le procédé le plus commode pour constater leur présence.

1° Trypanosomes non pathogènes des petits Mammifères. — La plupart de ces trypanosomes sont du type Tr. Lewisi et le principal caractère spécifique est fourni par ce fait qu'ils ne sont pas inoculables d'une espèce animale à l'autre.

Les trypanosomes non pathogènes des petits Mammifères peuvent être divisés, d'après leurs hôtes, en trypanosomes des Rongeurs, ce sont de beaucoup les plus nombreux, et trypanosomes des Chéiroptères, des Insectivores, des Edenlés, des Carnivores.

A. Trypanosomes des Rongeurs.

Tr. Lewisi Kent 1881. — Trouvé chez Mus decumanus, M. rattus, M. ru/'escens. Tr. longocaudense Lingard 1906, trouvé chez Mus niveivenler, doit lui être identifié. Très répandu dans toutes les parties du monde. Tr. Lewisi mesure 24 à 25 a de long sur 1 a 1/2 de large environ; la membrane ondulante est étroite et peu plissée; le flagelle a une partie libre. La multiplication ne peut être observée qu'au début de l'infection; elle a lieu souvent par division multiple du noyau et les formes jeunes ont l'aspect dit en rosace. — Culture facile sur milieu de Novy.

Tr. Dutloni Thiroux 1905. — Trouvé chez Mus morio au Sénégal, c!n>/ la souris domestique M. musculus à Panama, en Italie, au Caucase. Du type Tr. Lewisi.

Tr. Grnsi Laveran et Pettit 1909. — Trouvé chez le mulot, Mus sylvaticus, en Russie et en France. Du type Tr. Lewisi.

Tr. microli Laveran et Pettit 1909. — Trouvé chez le campagnol. Microtus arvalis Pallas, en France et en Russie. Du type Tr. Lewisi.

CLASSIFICATION DES TRYPANOSOMES 243

Tr. Blanchardi Brumpl 1905. — Trouve chez le-lérot Myoxus nitela, en France et en Portugal. Du type Tr. Lewisi.

Tr. myoxi Blanchard, trouvé chez -Myoxus avellanarius, doit être . identifié probablement à Tr. Blanchardi.

Tr. evotomys Hadwen. — Trouvé au Canada chez Evotomys saluratus. Du type Tr. Lewisi.

Tr. peromysci Watson. — Trouvé chez Peromyscus maniculalus (muridés) au Canada. Du type Tr. Lewisi.

Tr. Rabinowitschi Brumpt janvier 1906= 7V. criceti Liihe juillet 1906. — Trouvé chez le hamster, Cricelus framentarius, en Allemagne et dans le sud de la Bussie. Du type Tr. Lewisi.

Tr. Nabiasi Bailliet. — Trouvé chez le lapin Lepus cunicidus et L. domeslicus, en France, en Angleterre, en Ecosse, en Portugal, en Sardaigne. Du type Tr. Lewisi.

Tr. leporis sylvatïci Watson. — Trouvé au Canada chez Lepus sylvaticus. Ne paraît pas différer de Tr. cuniculi.

Tr. acouchii Brimont. — Trouvé par Brimont dans le sang de l'acouchy, à la Guyane française. Du type Tr. Lewisi.

Tr. indicum Lûhe. — Trouvé chez un écureuil de l'Inde, Sciurus palmarwn. Du type Tr. Lewisi.

Tr. citelli Watson. — Trouvé chez un écureuil du Canada, Citellus Richardsoni. Du type Tr. Lewisi.

Tr. spermophili Laveran. — Trouvé en Bussie chez Spermophilus musivus, Sp. gullalus et Sp. Euersmanni. Du type Tr. Lewisi.

Tr. otospermophili Wellmann et Wherry. — Chez un écureuil de Californie Otospermophilus Beecheyi. Du type Tr. Lewisi.

L'existence de trypanosomes du type Tr. Lewisi a été signalée en outre chez les rats rayés d'Afrique : Arvicanlhis pumilio Sparrmann et Arvicanlhis barbants pulchellus Gray. Kunstler a vu chez le cobaye, Cavia porcellus L., un flagellé qui est très incomplètement connu.

B. Trypanosomes des Chéiroptères.

Tr. vespertilionis Battaglia 1904. — Trouvé chez Vesperugo noctula, Pipislrellus pipislrellus, et chez plusieurs autres espèces de chauves-souris. Très répandu. Tr. Nicolleorum Ed. et Et. Sergent et Tr. Dionisii Bettencourt et França doivent être identifiés probablement à Tr. vesperlilionis. Le trypanosome est du type Tr. Lewisi.

. Tr. megadermœ Wenyon 1908. — Trouvé chez une chauve-souris du Soudan anglo-égyptien : Megaderma frons. Trypanosome du type Tr. Lewisi, notablement plus grand que Tr. vesperlilionis.

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