I. BlOT, C.R. Acad. Sciences, t. CXUX, nnv. 1909, p
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11 mesure, flagelle compris, 24 à 25 {J. de long sur 1 p 1/2 de large environ.. Le corps se termine généralement en arrière par une pointe fine.
Le protoplasme contient souvent de fines granulations ; l'ensemble se colore peu fortement.
Le noyau, situé .plus près de l'extrémité antérieure que de la postérieure, a une forme allongée. Les méthodes au bleu-éosine colorent des granulations qui tranchent sur le fond (Nous avons vu que Minchin, par une décoloration ménagée, est arrivé à mettre en évidence le caryosome au centre de ce noyau). Par la méthode d'Heidenhain, on met bien en évidence cette structure vésiculaire du noyau, avec caryosome central.
Le centrosome, qui se colore fortement, se trouve en général au centre d'un espace clair; le flagelle s'arrête d'ordinaire ou paraît s'arrêter au bord de cetespace vacuolaire. D'après un certain nombre d'auteurs, et en particulier Minchin, il y aurait là un grain, sorte d'épaississement du flagelle, pour lequel Minchin réserve le nom de blépharoplaste. Il n'est pas douteux qu'il y ait continuité entre le flagelle et le corpuscule cenlrosomique. Quand les trypan. se détruisent, clans du sang qui a été conservé quelque temps, avant d'être desséché, on trouve, sur les préparations colorées, des trypan. en mauvais état, réduits au flagelle et au centrosome représentant pour ainsi dire le squelette du parasite (fig. XXXIV, 16) et, dans ces conditions, on constate nettement la continuité du flagelle avec le centrosome. Dans les préparations au Romanowsky, fortement colorées, le centrosome paraît déborder de l'espace étroit qu'il occupe à la partie postérieure du corps.
La membrane ondulante, nettement limitée par son bord flagellaire, est peu plissée.
D'après Prowazek, on observerait, chez un certain nombre de trypanosomes, des phénomènes nucléaires que l'auteur qualifie les uns d'autosynthèse, les autres de réduction. Pour Swellengrebel, il n'y aurait, dans tous ces cas, que des émissions de chromidies, en rapport avec des conditions vitales défavorables.
2" Formes de multiplication '. — D'abord étudiées par Danilewsky, elles n'ont commencé à être l'objet de recherches cytologiques pré-
I. D'après ce que noua avons dit dans !<■ paragraphe précédent, pour observer les formes de multiplication, il faut examiner te sang d'un rat inoculé depuis 4 à 8 jours; •'"i delà de ce temps, on ne trouve plus, dans le sang, que des trypan. arrivés à leur développement complet; c'est, ainsi que chez la plupart des rats d'égouls infectés naturellement et, en général, depuis assez longtemps, on chercherait en vain des formes de multiplication. L'exsudal périlonôal d'un rat inoculé dans le péritoine depuis 1 à 2 jours' renferme aussi des formes de multiplication en grand nombre : pour avoir de bonnes préparations avec cel exsudât, il esl indispensable do fixer aux vapeurs osmiques.
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cises, qu'en 1899-1900, de la pari de L. Rabinowitscfa et Kempner, Wasielewski et Senn, puis de nous-mêmes. Depuis lors, elles ont encore donné lieu à un grand nombre de travaux.
Les formes que revêt Tr. Lewisi au moment de sa multiplication sont très variées et, au premier abord, lorsqu'on examine une préparation dans laquelle ces formes de multiplication sont nombreuses, on a quelque peine à s'y reconnaître; on distingue de très gros trypan. à côté de trypan. 1res petits; certains Irypan. en voie de division ont conservé une l'orme à peu près normale, d'autres ont des formes singulières el des plus variées.
Dans le sang frais, il est facile de constater, en raison de celle variété des formes, si les trypan. sont ou non en voie de multiplication; mais c'est seulement sur des préparations colorées, par la méthode indiquée plus haut, que l'on peut étudier convenablement l'évolution de ces hématozoaires. L'examen du sang frais contenant des trypan. envoie de multiplication révèle cependant un fail intéressant, c'est que les parasites, tandis qu'ils se divisent, continuent à se mouvoir, les mouvements sont seulement ralentis.
Soit une préparation de sang de rat bien colorée el, riche en formes de multiplication des trypan. Si nous passons en revue un grand nombre de ces formes, il nous sera possible de les classer en deux groupes : groupe A représenté par les ligures 2 à 5, groupe B par les figures 6 à 10.
Groupe A. — Le trypan. qui va se diviser augmente de volume, sa longueur atteint parfois 3o u, sa largeur est triplée ou quadruplée (fig. XXXII, 2). En môme temps le noyau et le cenlrosome augmentent de volume, ce dernier prenant une forme allongée; la base du flagelle s'épaissit. Enfin le noyau se rapproche du centrosome.
A une phase plus avancée, le noyau et le cenlrosome se divisent. Comme Rabinowilsch et Kempner, Wasielewski et Senn l'ont fait remarquer les premiers, il n'y a pas de règle absolue pour l'ordre dans lequel se fait cette division : tantôt c'est le cenlrosome qui se divise le premier et tantôt c*est le noyau.
En môme temps que le centrosome, la base épaissie du flagelle se divise ( fig. XXXII, 3).
Le flagelle de nouvelle formation se sépare de l'ancien flagelle sans qu'il y ail dédoublement de ce dernier dans toute sa longueur, et l'on a alors un gros trypan. avec deux noyaux, deux centrosomes et deux flagelles, l'un de ces flagelles étant beaucoup plus court que l'autre. Le flagelle de nouvelle formation s'allonge rapidement (fig. 4). Le protoplasme se divise à son tour; on voit alors un petit trypan. à court flagelle qui adhère encore plus ou moins au trypan. mère (fig. o . Avant que ce trypan. de nouvelle formation devienne libre, il peut se diviser et le trypan. mère peut donner naissance à
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d'autres parasites; ainsi s'expliquent les groupements, dont l'existence a été bien mise en évidence par Wasielewski et Senn, <|ui se composent d'un grand trypan. et de plusieurs petits trypan. formant parfois des espèces de rosaces.
Groupe B. — Les formes de multiplication de ce groupe diffèrent de celles du précédent par ce fait qu'on ne distingue plus de trypan. mère. Ces formes ont été sûrement vues par Rabinowitsch el Kempner, mais ils n'en ont pas coloré les flagelles. Wasielewski et Senn doutent de leur existence, sans la nier formellement. Nous les
Fig. XXXII, — Formes de multiplication du Tr. Lewisi.
1. Trypan. arrivé à son développement complot; a, noyau; i, centrosome : e, membrane ondulante; d, flagelle. — 2 à 5. Trypan. en voio de multiplication; 5 montro un petit trypan. sur le point de se séparer du trypan. mero. — 6 à 8. Autres aspects do multiplication. — 9. Jeune trypan. libre. — 10. Division d'une forme jeuno — (Gr. 1 700 D. environ.)
avons décrites avec précision pour la première fois; Rabinowitsch et. Kempner ont confirmé complètement nos observations '•
Les éléments parasitaires, de dimensions variées, ont une forme sphérique, ovoïde ou irrégulière. Dans le protoplasme, on distingue des noyaux en nombre variable, des centrosomes voisins des noyaux et, partant de ces centrosomes, de petits flagelles de même longueur.
Le nombre des noyaux est souvent de 2, 4, 8 ou 16. Le nombre des centrosomes peut être double de celui des noyaux parce que la division des centrosomes a précédé celle des noyaux.
Les noyaux, les centrosomes et les flagelles se divisent d'abord sans qu'il y ait trace de division du protoplasme (fig. 6); à un moment donné, le protoplasme se dentelle à la périphérie (fig. 7, et
I. RadiNOWITSCH cl Kf.mpnf.r, Cenlralbl. f. Tiakler., I, Or'ujin., t. XXXIV, 1903, p. 804.
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2 de la Planche) et se divise en fin de compte en autant d'éléments qu'il y a de noyaux et de centrosomes (fig. 8). La multiplication des noyaux se fait toujours par division directe.
Dans les formes en voie de multiplication, on voit toujours les flagelles quand la coloration est suffisante, ce qui est en rapport avec ce que nous avons dit plus haut sur la mobilité des trypan. en voie de < I i vision.
Les formes de multiplication du groupe B dérivent évidemment de celles du groupe A. Lorsque le petit trypan. (fig. .">) s'est séparé du trypan. mère, son noyau, son centrosome et son flagelle continuant à se diviser, sans division concomitante du protoplasme, on comprend facilement l'apparition d'éléments analogues a ceux que représentent les figures 6, 7 et 8. Les petits éléments (fig. XXXII, 9, et fig. 3 de la Planche) provenant de la dislocation des rosaces peuvent encore se diviser en deux (fig. 10), ce qui explique l'existence de formes très petites.
En somme, le mode de multiplication du trypan. des rats est toujours le même; il y a toujours division du noyau, du centrosome et de la base du flagelle, mais les variétés d'aspects qui résultent de la division simple ou répétée de ces éléments et de la division précoce ou tardive du protoplasme sont nombreuses.
Trypan. Lewisj chez le cobaye. — Tr. Lewisi présente, dans l'organisme du cobaye, certaines modifications qu'il faut attribuer vraisemblablement à un processus d'involution. La culture qui se produit dans le péritoine à la suite de l'inoculation du sang contenant des trypan. a un aspect anormal; les formes de multiplication sont encore plus variées que chez le rat, les très petites formes dominent. Au bout de 24 à -'<8 heures, les trypan. de l'exsudat péritonéal et du sang présentent un point très réfringent qui, au premier aspect, pourrait être confondu avec le centrosome en raison de '-mi siège constant non loin de l'extrémité postérieure; sur les préparations colorées, il est facile de s'assurer que le centrosome a son aspect normal et que, à côté, il existe une vacuole arrondie, incolore, qui correspond évidemment au point réfringent observé chez le trypan. vivant.
La figure XXXIV représente en 11 un trypan. vu dans le sang frais du cobaye, et en 12, un trypan. dans une préparation colorée desan^ de cobaye.
Autres anomalies. — On trouve, dans certaines conditions encore mal précisées, des Tr. Lewisi dont l'extrémité postérieure, extrêmement longue et effilée, donne l'illusion d'un second flagelle; un examen attentif montre qu'il n'y a là qu'un prolongement cytoplasmique, sans trace de filament flagellaire. Nous avons noté quelquefois ces Tr. Lewisi anormaux.
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Lingard 1 lésa observés chez les Mus niv eiventer ci les M. decumanus de l'Inde, à côté des Lewisi normaux : la partie post-centrosomique mesurait 19 p. au lieu de 6 p. Lingard pense à tort, à notre avis, qu'il s'agit d'une espèce différente de Tr. Lewisi qu'il propose d'appeler Tr. longocaudense.
França- a retrouvé ces formes, à côté des Lewisi normaux, dans le sang des Mus rattus de la Guinée portugaise. Swellengrebel 3 les a signalées également.
Enfin, Wendelstadt et Mlle Fellmer * les ont observées chez le rat infecté par un virus ayant passé par la couleuvre à collier. Ce trypan. de passage présenterait d'ailleurs d'autres particularités intéressantes; considéré chez le rata la période d'état, il est plus large que le Lewisi normal et se colore plus fortement. Les auteurs croient encore, à tort, selon nous, que les grandes formes se préparant à la division sont plus volumineuses que dans le cas du virus normal.
Sw ingle a vu chez un rat, qui a montré une forte infection bactérienne intercurrente, des formes de multiplication par division binaire, longitudinale et égale; on a par ex. des formes allongées avec une membrane ondulante dédoublée sur toute sa longueur; des stades moins avancés montrent ce dédoublement en train de s'accomplir.
Il convient enfin de rappeler ici l'existence de variétés acentrosomiques obtenues en faisant agir l'acridine ou l'oxazine chez les rats infectés (Kudicke, Laveran et Roudsky).
Kystes pulmonaires de Carini. — Dans des frottis de poumons de rats (Mus decumanus) de Sao Paulo (Brésil), dans le sang desquels se trouvaient de nombreux Tr. Lewisi d'infection naturelle, Carini a rencontré des formes de schizogonie consistant en petits kystes renfermant 8 éléments; Carini n'a pas de doute qu'ils ne dérivent de trypan. qui se sont enkystés après mise en boules.
I)e pareils stades ont été observés par Delanoë, à l'Institut Pasteur, chez une série de rats blancs infectés depuis longtemps de Lewisi1. Il a vu des boules uni-, bi-, quadri- et octonucléées (fig. XXXIII. 2 à o), ayant les dimensions (5 p. de diamètre) d'un
\. Lingard, Journ. of trop, veter. Se, t. I, 1906, p. .*>.
2. França, Arch. do R. Insl. Caméra Pestana, t. III, 1010, p. 201.