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Cenlralbl. f. Bakter., 1. Orig., 17 août

de long, sur 1 large environ.

TRYPAN- NON PATHOGÈNES DES PETITS MAMMIFÈRES 311 Dans le sang frais, le trypanosorae a des mouvements très vifs; il imprime aux hématies qui l'entourent un mouvement en tourbillon, après quoi il file sur un autre point de la préparation, et souvent en dehors du champ du microscope. La vivacité de ces mouvements ne permet pas d'étudier le Irypanosome dans le sang frais avec de forts grossissements.

Le 7 décembre 1909, lors du premier examen du sang, les trypanosomes sont non rares; les 9 et 12 décembre, il en est de même; les 14, 10 et 1S décembre, les trypanosomes sont très rares.

Sur les frottis de sang séché, fixé et coloré au Giemsa, on constate ce qui suit (fig. XL) : le trypanosome mesure, flagelle compris, 25 à 30 \j.

;., 50 de L'extrémité postérieure est effilée et, à la base du cône très allongé qu'elle forme, on voit un gros centrosome sphérique, quelquefois bilobé, qui occupe toute la largeur de la base du cône et qui même fait parfois une légère saillie sur les côtés. Cette partic, évidemment très flexible, est souvent plus ou moins incurvée et repliée. Le corps du trypanosome est grêle; le protoplasme, qui contient de fines granulations chromophiles, se colore en bleu ou violet pâle. Vers la partie moyenne, on distingue un noyau ovalaire qui mesure 2 a environ dans son grand diamètre. La membrane ondulante est étroite, peu plissée; le flagelle, qui part du centrosome et qui borde la membrane ondulante, se termine à l'extrémité antérieure par une partie libre qui mesure 0 à 7 u. de long. Les formes de multiplication n'ont pas été vues. A souris, 1 mulot (Mus syluaticus) et 2 rats blancs, inoculés dans la cavité péritonéale, avec le sangdu campagnol, ne se sont pas infectés; nous avions constaté déjà antérieurement que le Tr. Lewisi n'est pas inoculable au campagnol1.

5 campagnols, après examens négatifs de leur sang, ont été inoculés avec le Tr. Lewisi renforcé de Roudsky ; 2 ont eu des infections très légères, les 3 autres se sont montrés réfractaires.

Fig. XL. — Un Trypanosoma microli

AU MILIEU D'HÉMATIES.

Grossissemenl : 2000 diamètres environ.

I. A. LA.VERAN cl P. Mesxil, Trypiinosomi's et Tiypiinosominses, i™ édit., p. 04.

312 TRYPANOSOMES ET TIlYPANOSOMIASIiS

2 campagnols ayant une immunité bien marquée pour Tr. microli ont été inoculés avec le Tr. Lewisi renforcé; ils ont eu tous les deux des infections bien caractérisées avec trypanosomes non rares dans un cas, rares dans l'autre.

§ 4. — Trypanosome du lérot.

Tr. Blanchardi Brumpt.

En 1905, Brumpt a signalé l'existence, chez le lérot vulgaire, d'un trypanosome du type Tr. Lewisi et il en a donné une courte description sous le nom de Tr. Blanchardi1. C'est par erreur que. dans ce premier travail, le lérot vulgaire est désigné sous le nom de Myoxus ylis au lieu de M. nilela = Eliomys quercinus; dans des travaux postérieurs, Brumpt a rectifié ce lapsus-. Le loir, M. glis, est très rare en France, tandis. que le lérot est très commun; nous avons demandé des loirs dans plusieurs contrées de la France et nous n'avons pas réussi jusqu'ici à nous procurer un seul de ces animaux.

En 1909, C. França, qui ne connaissait pas les travaux de Bruinp! sur ce sujet, a décrit le trypanosome du lérot sous le nom de Tr. eliomys''.

La môme année, Biot signalait, chez des lérots capturés aux environs de Mâcon, l'existence de trypanosomes dn type Tr. Lewisi l, qui doivent être identifiés, comme le trypanosome décrit par França, à Tr. Blanchardi.

D'après Brumpt, Tr. Blanchardi se rencontre fréquemment, en France, chez les jeunes lérots, rarement chez les lérots âgés de plus d'un an qui ont l'immunité.

França, en Portugal, a trouvé le trypanosome chez un seul lérot qui était adulte.

Laveran et Peltit ont constaté l'existence des trypanosomes chez 4 lérots de Bligny (Seine-et-Oise), sur 5 examinés % chez 6 lérots des Boutards sur 14 examinés et chez un jeune lérot des environs de Paris sur G examinés, soit 11 cas d infection naturelle sur 25 lérots examinés.

Tr. Blanchardi est facilement inoculable de lérot à lérot, à la condition de pratiquer les inoculations sur des animaux jeunes n'ayant

1. Brumpt, Trvpanosomes et trypanosomoses, Revue Scientifique, 1905, 2' semestre, p. 324.

2. Brumpt, Arch. de méd. expér. el d'anal, paihol., 1905, t. XVll, pp. 743-77'J, et Sac. de Biologie, 27 juin l!)()8.

3. C. França, Arch. do R. Insl. bactcriol. Camara Peslana, 1009, t. III, fase. I.

4. Biot, Au sujiH de Trypanosoma Lewisi, Acad. des Sciences, 8 nov. 1909. .">. A. Laveran et A. Pettit, Soc. de Biologie, 4 juin 1010t.

pas acquis l'immunité. Du 3" au 8" jour après l'inoculation, les trypanosomes apparaissent dans le sang. Les formes de multiplication sont semblables à celles du Tr. Lewisi. Après inoculation intrapéritonéale, on trouve dès le 3° jour des formes en rosace dans le péritoine. D'après Brumpt, les trypanosomes ont, vers le8c jour, leur aspect caractéristique et ils ne semblent plus aptes à se multiplier. Cette opinion paraît être en désaccord avec la longue durée de l'infection et avec les variations qu'on observe dans le nombre des trypanosomes au cours de cette infection.

Chez 3 lérots observés par Laveran, la durée de l'infection constatée au laboratoire a été de 7, 8 et 10 mois et l'infection, qui existait au moment de l'arrivée des lérots pendant l'hiver de 1909-1910, devait remonter déjà à plusieurs mois. L'examen du sang fait tous les 8 ou 10 jours chez ces animaux révélait l'existence de trypanosomes tantôt rares ou très rares, tantôt non rares, jamais nombreux. L'existence de trypanosomes en voie de division a été notée quelquefois chez un des lérots.

A la suite des inoculations expérimentales, le nombre des trypanosomes devient parfois assez grand sans qu'on observe pour cela de symptômes morbides. De même que les trypanosomes du rat, de la souris, du mulot et du campagnol, le frypanosome du lérot n'est pas pathogène.

Tr. Blanchardi peut continuer à vivre dans le sang du lérot pendant la période d'hivernation. Trois de nos lérots, capturés en pleine période d'hivernation, étaient infectés.

Le trypanosome du lérot a une grande ressemblance avec Tr. Lewisi: il mesure 26 à 35 a de long (flagelle compris) sur 1 u, 5 à -2 a de large.

A l'état frais, le trypanosome a des mouvements très vifs, il se déplace rapidement dans le champ du miscroscope ; les mouvements persistent beaucoup plus longtemps que ceux des trypanosomes pathogènes. França a constaté que le trypanosome du lérot pouvait vivre deux ou trois jours entre lame et lamelle.

Dans les frottis de sang desséché et lixé, le trypanosome du lérot se colore difficilement par le Giemsa; le procédé bleu de méthylène à l'oxyde d'argent-éosine, avec différenciation au tannin, donne des résultats beaucoup plus satisfaisants.

L'extrémité postérieure est effilée comme chez Tr. Lewisi; la membrane ondulante est peu plissée; le flagelle se termine, à l'extrémité antérieure, par une partie libre qui mesure 6 environ. Le protoplasme prend une coloration d'un bleu très pâle, on n'y trouve que rie rares et fines granulations. Le noyau, arrondi ou ovalaire, est situé à l union du tiers antérieur du corps avec le tiers moyen. Chez un lérot nous avons trouvé, à un moment donné, des

trypanosomes dont Je noyau était divisé en deux parties bien distinctes. Ce stade de multiplication s'observe très rarement au cours de l'infection. Le centrosome qui est volumineux est assez souvent bilobé; il est situé à une distance un peu variable de la pointe de l'extrémité postérieure, mais toujours assez loin de celle pointe.

Brumpt a constaté que Tr. Blanchardi n'était pas inoculable au rat et que Tr. Lewisi n'était pas inoculable au lérot. França a inoculé sans succès des rats sur un lérot infecté de trypanosomes. Biota vu aussi que le lérot était réfractaire au Tr. Lewisi. Laveran et Pettil ont inoculé sans succès, sur des lérols infectés de trypanosomes. 3 rats blancs et A souris blanches. Un lérot ayant acquis l'immunité pour Tr. Blanchardi. inoculé par les mêmes observateurs avec le virus renforcé du Tr. Lewisi (Boudsky), a montré, au bout de 24 heures, des trypanosomes très rares qui ont disparu en .48 heures. > França n'a pas réussi la culture clans le milieu de Novy; les essais faits par Laveran et Pettit avec le Novy ordinaire ou le Novy simplifié n'ont donné aussi -que des résultats négatifs.

11 était intéressant, au point de vue du mode de propagation de Tr. Blanchardi, d'étudier les ecfoparasiles des lérots etde rechercher des flagellés dans leur tube digestif.

França n'a pas trouvé de flagellés dans les puces du lérot parasité qui a servi à ses recherches.

La plupart des lérots qui ont servi aux recherches de Laveran et Pettit avaient, au moment de leur arrivée au laboratoire, des puces appartenant à l'espèce nouvelle qui a été décrite par Ch. Bothschild sous le nom de Ceralophyllus Laverani.

Dans les frottis du contenu de quelques-unes de ces puces, capturées sur des lérots infectés de trypanosomes, Laveran et Pettit ont trouvé :

1° Des trypanosomes semblables à ceux du sang du lérot; ces flagellés existaient dans des frottis ne contenant pas de sang frais de lérot, ce qui semble indiquer que Tr. Blanchardi peut vivre dans le tube digestif de la puce spéciale à cet animal ;

2° Des kystes à différents degrés de développement, mesurant de 8 à 10 a de long sur o à 7 u. de large. Il s'agit d'éléments de forme ovalaire plus ou moins allongée; le protoplasme, aréolaire, est séparé par un espace clair delà membrane kystique. Dans le protoplasme, on distingue, tantôt un seul caryosome central, tantôt 2, -4 ou s caryosomes de forme assez irrégulière, situés le plus souvent à la périphérie du corps protoplasmique. Dans les kystes arrivés à maturité, on distingue des éléments minces, allongés, de 8 a de long environ : l'une des extrémités est arrondie et l'autre effilée; vers la partie moyenne de chacun de ces éléme-nts qui sont vraisemblablement des

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sporozoïtes, on distingue un caryosomc ovalaire. La coloration est rendue difficile par l'existence de la membrane kystique; on a réussi à compter, dans quelques kystes, jusqu'à S sporozoïtes.

Ces kystes paraissent indépendants de l'évolution du trypanosome du lérot; il s'agit vraisemblablement du stade enkysté d'une grégarine semblable à celle qui a été décrite par E. H. Ross1 chez la puce du chien Ctenocephalus serraiieeps, grégarine dont l'évolution aboutit à des sporocytes en tonnelet à huit sporozoïtes semblables à ceux décrits plus haut.

11 est bien probable que la transmission du Tr. Blunchardi se fait par les puces; on a vu (p. 284) que la transmission du Tr. Lewisi peut se faire par les puces ou par les poux.

Lûhe a trouvé, chez des lérots, un pou particulier à cette espèce : Hsematopinus leucophœus Burm. et une puce : Palex fascialus Bosc2; ces ectoparasites n'existaient pas chez les lérots examinés par Laveran et Pettit.

^5. — Trypanosome du Myoxus avellanarius. Tr. myoxi Blanchard.

Galli-Valerio a vu dans le sang d'un Myoxus avellanarius, de Suisse probablement, à l'état frais seulement, deux exemplaires d'un Flagellé. 11 s'exprime ainsi à leur sujet : « Ils présentaient un corps allongé avec une des extrémités arrondie, vers laquelle se trouvait placé un noyau arrondi, l'autre prolongée en un flagellum réuni au corps par une mince membrane peu plissée et mobile par des mouvements d'ondulation. Parfois, ces deux parasites se ratatinaient et prenaient une forme arrondie, mais on distinguait à la périphérie une partie de la membrane et du flagellum. Leur dimension était d'environ 22 a 3 ».

§6. — Tr. evotomys Hadwen.

Tr. evoiomys Hadwen a été trouvé, 2 fois sur 10, à Mount Lehman (Canada), chez Euotomys saturatus (genre de campagnol propre au nord de l'Europe et de l'Amérique). Du type Tr. Lewisi *•.

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