‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 145 sur 410 · P. Behn, Berlin, liernrzll. Wochenschr., 20 ocl. tOiO · texte numérisé non relu

P. Behn, Berlin, liernrzll. Wochenschr., 20 ocl. tOiO

3. P. Behn, Bjrlin. tierarzll. Wochenschr., 15 déc. 1910. — P. Knuth et P. Behn. même Recueil, !) fév. 1911. — IL Behn, même Recueil, 27 avril 1911.

336 TRYPANOSOMES ET TRYP ANOSO.M I ASRS

semblable, que les flagellés de culture du sang des bovidés ne doivent pas être rapportés à un trypanosome ; il s'agirait de formes de développement de petits parasites endoleucocytaires, non flagellés du sang des bovidés '.

§ 2>. — Description du Tr. Theileri.

Le trypanosome est très peu pathogène.

Les formes les plus grandes de Tr. Theileri mesurent 60 à 70 a de long, sur 4 à 5 ij. de large; les formes les plus petites, 2o à 30'ix de long, sur 2 ou 3 tj. de large.

Dans le sang frais, les mouvements des trypanosomes sont si rapides qu'on ne peut pas distinguer la forme des parasites. Èfons les préparations de sang frais conservées pendant quelques heures ou même pendant 2 ou 3 jours, la mobilité diminue et Ton peul reconnaître les principaux caractères morphologiques des trypsnosomes. Tr. Theileri se meut, en général, le flagelle en avant, parfois en sens opposé; on distingue un long flagelle et une membrane ondulante; l'extrémité postérieure du corps est effilée le plus souvent.

Après fixation et coloration par les procédés ordinaires. 00 distingue (fig. XLVI, 1) : un noyau ovalaire [h) qui est situé vers la partie moyenne du corps, et un eentrosome arrondi (c) fortement coloré, assez éloigné de l'extrémité postérieure. La partie libre du flagelle représente environ le quart de la longueur du parasite; le flagelle se continue le long de la membrane ondulante (m) qui est assez large et bien plissée et va aboutir au eentrosome. Le protoplasme qui contient un grand nombre de granulations chromophi les se colore fortement.

La multiplication se fait par bipartition. La figure XLVI représente (2) un trypanosome en voie de division. Le eentrosome s'est divisé et le flagelle a commencé à se dédoubler au voisinage du eentrosome.

Tr. Theileri vit 7 jours dans le sang défibriné, à la température du laboratoire ou de la glacière, moins longtemps à l'étuve. Dans le sang défibriné, dilué avec du sérum de cheval ou de l'eau physiologique, le trypanosome vit aussi longtemps que dans le sang non dilué. L'addition d'eau ordinaire ou d'eau glycérinée tue rapidement les trypanosomes. L'exposition à la température de 50° les tue en moins de 2'» heures.

Les formes d'involution sont communes dans les préparations. Le protoplasme se colore mal et les contours s'effacent; le eentrosome

I. P. Heiin, Zcilschr. f. Hyg. ». Infcclionslir., janvier 1012.

TftYPAN. NON PATHOGÈNES DBS HOVIDÉS 337 el le flagelle sont les parties les plus résistantes, ils se rencontrent souvent. à l'étal isolé, au milieu des hématies.

Le phénomène de l'agglutination a été observé par Theiler dans les conditions qui suivent. Occasionnellement deux parasites adhèrent par leurs extrémités postérieures. Quand le sang défibriné est abandonné à lui-même, les Irypanosomes viennent à la surface et adhèrent entre eux en formant des rosaces. Le phénomène d'agglutination est bien marqué si l'on ajoute au sang, du sérum de veau inoculé, à plusieurs reprises, avec du sang contenant des Tr. Theileri.

Fig. XL VI.

1 et 2. Tr. Theileri. La figure 2 représente le trypanosome en voie do division. — 3-5. Tr. transvaaliense. La figure 4 représente un trypanosomo au dernier stade de la division ; la figure 5, une petito forme en voie do division (Gr. : 1 700 diamôtrcs environ).

Dans un cas où les trypanosomes étaient très nombreux, l'agglutination fut observée dans le sang examiné à l'état frais 24 heures après que l'animal avait reçu une grande quantité de sérum immunisant; avant cette injection, le sang avait été examiné et l'agglutination n'avait pas été observée.

Liiez un bovidé du Transvaal (préparations envoyées par M. Theiler . Laveran a observé et décrit sous le nom de Tr. transuaaliense, un trypanosome qui, au point de vue morphologique, paraissait bien distinct du Tr. Theileri.

Tr. transvaalien.se a des dimensions assez variables; dans une même préparation, on peutdistinguer de petites formes qui mesurent, i n moyenne, 18 u de long (flagelle compris); de grandes formes qui atteignent 4-0 y. et jusqu'à 50 jj. de long, sur 0 p. de large; enfin des formes moyennes, les plus communes, qui ont 30 <j. de long environ,

Laveran et Mesnin. — Trypanosomos ot Trypanosomiascs. 22

sur A u. à 5 de largo. L'extrémité postérieure est, en général très " effilée.

Le noyau, ovalaire, est situé vers la partie moyenne du corps du trypanosome. Le cenlrosome, relativement volumineux, de forme allongée, est situé près du noyau, souventaccolé à cedernier, comme cela est indiqué dans la figure 3. Par suite du rapprochement du noyau et du centrosomc, vers la partie moyenne du corps, la membrane ondulante a, chez Tr. transvaaliense, beaucoup moins de développement que chez les autres trypanosomes.

Tr. transvaaliense se multiplie par bipartition comme Tr. Theileri. La ligure A représente un trypanosome, de dimensions moyennes, à la dernière phase de la bipartition. On distingue : deux noyaux, deux centrosomes, deux flagelles, deux membranes ondulantes; le protoplasme lui-même a commencé à se diviser. La figure 5 représente une petite forme au début de la bipartition ; la division ne porte que sur le centrosome et sur l'extrémité attenante du flagelle. Le Qagelle se divise dans toute sa longueur.

Quelques-unes des préparations avaient été faites avec du sang conservé depuis 24 heures; peut-être y avait-il un commencement de culture. Dans ces préparations, beaucoup de I r\ panosomes étaient agglutinés en rosaces plus ou moins régulières; l'agglutination se fait par les extrémités postérieures comme chez Tr. Lewisi et Tr. Brucei. Le protoplasme de ces trypanosomes, déjà altérés, contenait de grosses granulations chromophiles.

La planche en couleur qui se trouve à la fin de ce volume représente un Tr. Theileri (fig. 8) et un Tr. transvaaliense (fig. 9).

D'après les recherches de Theiler, Tr. Iransvaaliense n'est pas une espèce distincte, mais une simple variété de Tr. Theileri. En injectant à des bovidés du sang contenant des Tr. transvaaliense, cet observateur a réussi à produire des infections avec Tr. Theileri typique-.

Tr. Theileri n'est inoculable qu'aux bovidés; il n'est pas pathogène ou il l'est très peu.

Tous les essais faits par Theiler et par d'autres observateurs pour inoculer Tr. Theileri à des animaux autres que des bovidés ont échoué. Les expériences ont porté sur des chevaux, sur des chiens, des moutons, des chèvres, des lapins, des cobayes, des rats, dessouris.

Dutton, Todd et Tobey. Kleine et Fischer, ont signalé l'existence de trypanosomes semblables à Tr. Theileri chez des antilopes; aux Indes, l'infection a été observée chez le buffle.

L'inoculation de Tr. Theileri est facile de bovidé à bovidé.

L'incubation est de 4 à 6 jours quand on injecte une forte dose de sang avec de nombreux trypanosomes; elle peut atteindre 18 à c2l) jours quand le sang inoculé ne contient que de très rares trypanosomes.

TIIYPAN. NON PATHOGÈNES DES BOVIDÉS 339

Les trypanosomes sont parfois assez nombreux au début de l'infection; Theiler a compté jusqu'à .'50 trypanosomes clans le champ du microscope (obj. n° 6 Zciss); une moyenne de 5 trypanosomes par champ n'est pas rare, mais bientôt le nombre des trypanosomes diminue à ce point que l'examen direct du sang ne révèle plus leur présence. Dans les expériences de Theiler, la plus longue période de présence des trypanosomes dans le sang a été de 13 jours, la période la plus courte de 1 jour.

La disparition des trypanosomes n'est qu'apparente; le sang resteinfectieux pendant assez longtemps. Le sang d'une vache inoculée par 0. Peter était infectieux au bout de 11 mois.

Les bovidés guéris ont l'immunité.

L'infection par Tr. Theileri est fréquemment associée aux piroplasmoses, à l'anaplasmose, à la spirillose, à la peste bovine, aussi s'explique-t-ôn qu'il soit souvent difficile de faire la part des agents de ces maladies et que les opinions aient varié sur le rôle de 7'/'. Theileri.

Theiler, qui avait considéré d'abord Tr.' Theileri comme étant l'agent de la maladie des bovidés connue au Transvaal sous le nom de gall-sickness (maladie de la bile) ou de galziekte, a abandonné cette opinion; il pense que l'agent de cette maladie, est VAnaplasma marginale et que Tr. Theileri n'est pas pathogène l.

D'après Pease, Tr. Theileri pourrait produire des accidents, même mortels, chez les bovidés. Theiler lui-même a signalé autrefois 40 cas d'infection simple par Tr. Theileri avec une mortalité de 12 p. 100.

O. Peter n'a constaté aucun symptôme morbide chez les bovidés naturellement infectés ou inoculés, mais chez les animaux sacrifiés au cours de l'infection, il a noté (op. cit.) les altérations suivantes : tuméfaction plus ou moins marquée de la rate; altérations parenchymateuses du foie; adénites hémorragiques; pétéchies de l'endocarde; hyperémie de la muqueuse de l'intestin grêle. L'action pathogène du Tr. Theileri ressort de ces constatations, mais cette action est évidemment très faible puisqu'elle ne se traduit, chez l'animal vivant, par aucun symptôme.

§ .'}. — Mode de propagation.

D'après les recherches de Theiler, c'est YHippobosca rufipes, très commune dans l'Afrique du Sud, qui propage Tr. Theileri au Transvaal.

L A. Theiler, Journal of compar. palh. a. thevap., 30 juin l'Jll), et Xcilschr. f. Infectionshr. der Hauslierc, H)l(), t. VIII, p. 30.

340 TRYPAN0S0MES HT TRYPAN0S0MIAS1ÎS

Plusieurs hippobosques, après avoir été tenues à la diète ont été " placées sur un animal infecté par Tr. Thcileri et portées ensuite sur un animal sain; deux fois sur quatre, les animaux sains soumis à celte expérience se sont infectés. Le sang pris dans l'estomac des mouches qui ont piqué des animaux malades montre encore, une heure après la piqûre, des trypanosomes aussi mobiles que dans le sang Irais.

M. Theilera envoyé à l'un de nous des Hippobosques du Transvaal qui oui été déterminées par M. le Dr Speiserde Bischofsbùrg. D'après M. Spciscr. ces mouches appartiennent à deux espèces : H. rufipes

v. Ollers et //. maculata Leach. Celle dernière espèce est très rare clans l'Afrique du Sud où elle paraîl avoir été importée au moment de la guerre du Transvaal. avec des chevaux de la cavalerie provenant des Indes1.

La figure XLYII représente (d'après Theiler) une Hippobosca rufipes dont les dimensions sont le double des dimensions normales.

La petite lâche blanche et ronde qui se voit à la partie médiane et postérieure du thorax sur la figure a, en réalité, une couleur rouge et, de chaque côlé, on trouve des taches grisâtres. En Allemagne, des flagellés ont été trouvés chez Hœmatopola pluvialis el chez un taon (Knuth et Rauchbaar).

Uippobosca rufipes grossie deux fois environ.

§ h. — Prophylaxie.

Bien que Tr. Theileri soit très peu pathogène, on doit prendre des mesures pour restreindre sa propagation.

Lorsque l'existence de l'infection a été reconnue chez des bovidés, H est indiqué d'abattre ces animaux pour la boucherie.

On évitera les pâturages où abondent les mouches piquantes.

Les inoculations de sang de bovidé défibriné, faites contre les piroplasmoses ou contre la peste bovine, ont servi souvent à propager Tr. Theilcri\ avant de pratiquer ces inoculations, il faudra s'assurer à l'avenir que les animaux qui fournissent le sang ne sont pas infectés par ce trypanosome.

IL Tr. ingens Bruce 1909.

Ce trypanosome a été décrit, en 1909, par 1). Bruce, Hamerlon, Bateman et Mackie. 11 a été trouvé dans le sang d'un bœuf et de

I. Laveran, Sur deux Hippobosques du Trnnsvaal, Soc. de Biologie, 21 fév. 1903.

TRYPAN. NON PATHOGÈNES DES BOVIDÉS 341

2 antilopes : Cervicapra arundinum (reed-buck en anglais) et Tragelaphus script-us sijlvaticus (bush-buck en anglais)1.

Fraser et Duke ont trouvé le Tr. ingens chez un Tragelaphus scriplus de l'Ouganda 2.

Tr. inyens mesure 72 à 122 jj. de long, sur 7 à 10 a de large; il atteint donc des dimensions notablement plus grandes que celles du Tr. Theileri.

Le centrosome qui est sphérique a 1 [x de diamètre, il est situé assez loin de l'extrémité postérieure, peu en arrière du noyau.

Le noyau, ovalaire, est plus rapproché de l'extrémité postérieure que de l'antérieure; il se colore en rose pâle par le Giemsa.

La partie libre du flagelle, qui atteint 17 y. de long dans certains cas, est parfois très courte.

Le protoplasme granuleux se colore fortement. En avant du noyau les myonèmes longitudinaux sont bien marqués.

Page 1