‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 163 sur 410 · S. -IL Gaiger, Journ. of trop, vêler. Se, janv · texte numérisé non relu

S. -IL Gaiger, Journ. of trop, vêler. Se, janv

4. A. Lafont, Bullel. of slcep. skiai. Bureau, 1910, t. Il, p. 358.

5. A. TmRouxct Teppaz, Ann. Inst. Pasteur, 1910, t. XXIV, p. 331. — S.-1L Gaiger, The Journ. of trop, vêler. Se, 1909, l. IV, n° 4. - A.-S. Leese, même Pce, 1910, t. V, fasc. 1 et 3 et 1912, t. VU, n° I.

Bavera» et Mesnil. — Trypanosomos ot Trypanosomiases. 25

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jusqu'ici. On ne connaît pas non plus de médicament qui ait' des propriétés préventives utilisables dans la pratique. L'acide arsénieux préconisé par quelques observateurs n'a aucune vertu préventive dans les trypanosomiases

Les mesures prophylactiques à prendre sont évidemment très dill'érentes suivant qu'il s'agit d'un pays indemne ou d'un pays déjà contaminé.

Plusieurs trypanosomiases ne peuvent être transmises que par des mouches piquantes spéciales à certaines régions du globe, telle la maladie du sommeil qui ne se propage que là où existent les G/ossina et en particulier Glossina palpalis; les mouches piquantes susceptibles de propager le surra appartiennent au contraire à des espèces vulgaires, très répandues à la surface du globe; il en résulte que la maladie peut être importée facilement en dehors de ses foyers endémiques. On -a vu, dans l'historique, que les exemples d'épizooties de surra importées dans des pays jusque-là indemnes ne sont pas rares et que certaines de ces épizooties, comme celle de Maurice, ont été désastreuses.

Dès 1902, Laveran et Nocard ont attiré l'attention des pouvoirs publics sur les dangers que les maladies à trypanosomes font courir à quelques-unes de nos colonies, en particulier à Madagascar et à la Réunion, et ils ont indiqué les mesures qu'il était urgent de prendre2. Ces mesures s'imposent d'autant plus que l'importation des animaux vivants, d'une région dans une autre région souvent très éloignée de la première, a pris une grande extension.

La première mesure à prendre est évidemment de prohiber l'importation d'animaux provenant de régions infectées. A cet effet il sera nécessaire de dresser une liste de ces régions.

Les animaux importés vivants de régions suspectes seront examinés avec soin et abattus immédiatement, si l'existence d'une trypanosomiase est reconnue.

Un seul examen du sang fait chez les animaux suspects est souvent insuffisant pour déceler la trypanosomiase; il sera donc nécessaire, dans certains cas, de mettre les animaux en quarantaine comme on l'a fait en Australie pour les chameaux venant de l'Inde3, et à New-York pour des zébus de même provenance.

Mohler et Thompson ont signalé les faits suivants *.

1. I). Bruce, Rapports sur le Nagana, 1893-1896. — A. Laveran et F. Mesml, Trypanosomes cl Trypanosomiases, 1" éd. 1904, p. 173. — A. Laveran el A. Tiuro'ux, Acad. des Se, 30 sept. 1907, et Ann. Inst. Pasteur, 190S, t. XXII, p. III.

2. A. Laveran et Nocard, Acad. de médecine, 1er juill. 1902. — A. Laveran, Prophylaxie des épizooties dues à des trypanosomes, Première réunion internat. d'Agronomie coloniale, Paris, juin 1005.

3. S.-G. Haji, Journ. of trop, veter. Se., 1910, t. V, fasc. I.

4. J.-U. Mouler et W. Thompson, Animal Rep. of the Bureau of animal Induslry for the ycar l'JO'J, Washington, 1911.

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En juillet 1906, des zébus provenant de l'Inde et paraissant en bonne santé ont été importés aux Etats-Unis et ont provoqué une petite épizootie de surra qui a été rapidement enrayée par l'abatage des animaux infectés.

51 zébus ont été mis en quarantaine dans une île à New- York. L'examen histologïque du sang avait été fait avec résultat négatif; on inocula à des lapins 2 ce. du sang de chaque animal, 3 lapins s'infectèrent. Il y avait à ce moment dans l'île beaucoup de taons et de stomoxes. Dans une seconde série d'inoculations, 7 animaux furent trouvés infectés et, dans deux autres séries, on constata encore 6 infections. Tous les animaux infectés furent abattus et l'épizootie s'arrêta.

Ces faits montrent bien qu'il est nécessaire, dans certains cas, de recourir aux animaux d'épreuve.

Il est indispensable que les vétérinaires de tous les pays se familiarisent avec la recherche des trypanosomes.

Supposons maintenant qu'une épizootie de surra a commencé à se développer dans un pays jusque-là indemne; les localités dans lesquelles existent des animaux malades seront déclarées infectées, il sera défendu d'envoyer, de ces localités dans d'autres, des animaux susceptibles de propager la maladie; toutes les écuries seront visitées; les animaux qui auront été reconnus atteints de trypanosomiase seront abattus ou soumis à un traitement approprié qui peut donner, comme on l'a vu, de très bons résultats chez les équidés.

Les équidés non traités succombent invariablement, il y a donc lieu de les abattre le plus tôt possible, quand ils ne peuvent pas être traités, afin qu'ils ne servent pas à infecter les mouches piquantes qui propagent la maladie.

Les bovidés placés dans de bonnes conditions d'hygiène, guérissent dans une forte proportion, mais ils constituent une cause d'infection pour les animaux sains; il est donc indiqué de les abattre rapidement, alors que l'état général est encore satisfaisant et qu'ils peuvent être utilisés pour la boucherie. Le surra n'est pas transmissible à l'homme qui, d'ailleurs, ne consomme la viande qu'après cuisson.

Les trypan. restent vivants dans le sang des animaux morts du surra pendant un laps de temps variable avec les conditions atmosphériques, aussi des animaux peuvent-ils s'infecter en dévorant les cadavres; le fait n'est pas rare pour les chiens, les chats et, d'après Musgrave et Clegg, pour les rats d'égout.

Les animaux qui meurent du surra et qu'on abandonne dans la campagne ou sur les routes sont une cause de propagation de la maladie, attendu qu'ils deviennent la proie des mouches piquantes; leurs cadavres devront être enfouis profondément.

Les animaux suspects seront gardés dans des écuries protégées, à laide de toiles métalliques, contre l'accès des mouches.

On n'importera pas, dans les régions infectées, d'animaux sains, afin de ne pas fournir à l'épizootie de nouveaux aliments.

L'histoire des épizooties de surra de Maurice et de Java montre bien l'importance des mesures de prophylaxie que nous venons d'indiquer.

Au début de l'épizootie de Maurice, la nature de la maladie a été méconnue; lorsque l'existence du Tr. Evansi dans le sang des animaux malades a été enfin constatée, l'épizootie avait envahi une grande partie de l'île. L'abatage des animaux malades était rejeté à cause de l'hécatombe qu'il aurait entraînée et l'on perdait du temps à chercher des moyens de traitement. L'épizootie se généralisait, et, au mois de janvier 1903, les chevaux et les mules avaient disparu presque complètement. Les planteurs étaient obligés de recourir à la traction mécanique pour la récolte de la canne à sucre. Les Mauriciens ont commis une dernière faute, ils ont importé un grand nombre de mules et de chevaux destinés à remplacer les animaux morts et ces importations ont fourni un aliment au surra.

A Java, en 1900 et 1901, le diagnostic a été porté dès le début de l'épizootie; les districts dans lesquels des cas de surra avaient été constatés ont été déclarés contaminés et toutes les écuries ou étables ont été soumises à une inspection rigoureuse. Les animaux malades ont été abattus ou isolés des animaux sains. Grâce à ces mesures, l'épizootie est restée très limitée et elle n'a pas tardé à décroître et à disparaître.

Dans les régions où le surra règne à l'état endémique, la prophylaxie présente de grandes difficultés, principalement en ce qui concerne les équidés. Les équidés traités et guéris n'ont pas l'immunité pour le surra.

Les bovidés, les moutons et les chèvres guérissent dans une forte proportion et, après guérison naturelle, jouissent de l'immunité. On recherchera les races indigènes qui sont les plus résistantes au surra.

Les zones dans lesquelles abondent les mouches piquantes sont les plus dangereuses; on évitera d'y parquer des bestiaux; quand il scia nécessaire de faire traverser ces zones à des troupeaux, on le fera de nuit, les mouches ne piquant que le jour.

On protégera les écuries contre l'accès des mouches à l'aide de toiles métalliques; clans certaines parties de l'Afrique, les indigènes enfument les cases qui servent d'écurie et ils ne font sortir les animaux que pendant la nuit pour les conduire dans les pâturages ou à l'abreuvoir; ce sont là des mesures très rationnelles.

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On détruira, à proximité des habitations, et clans une étendue aussi grande que possible, la brousse qui sert d'abri aux mouches piq uan tes.

L'hygiène générale a, dans la prophylaxie du surra, une grande importance; les animaux surmenés et mal nourris sont beaucoup plus éprouvés que ceux qui reçoivent une nourriture abondante et de bonne qualité et qui ne sont soumis qu'à un travail modéré; le fait a été constaté notamment pendant l'épizootie de l'île Maurice.

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