Theiler, Revue gén. de méd. vétér., 15 mars
2. Tiiiroux i;i Teppaz, Ann. Inst. Pasteur, 11)07, l. XXI, p. 221. :i. F. Mesnil, Soc. de Path. exotique, 8 juin t910, I. III, p. 370. i. Martoglio, Ann. d'Igienc sperimenl., décembre 1911.
!5. W.-B. Pry, Fourlh ftep. Wellcome research labor.. Khartoum, 1911, t. A, p. 50; 'i. Reinecke< Zeitschr. f. Velerinàrkunde, janvier 11)11.
392 TRYPANOSOMES ET TKYPANOSOM1ASES
Il n'y a pas d'œdème des membres, mais souvent un peu d'oedème des paupières, et du larmoiement.
L'appétit et la rumination sont normaux, on observe parfois de la diarrhée fugace. Urine claire, sans albumine.
L'allure des animaux est à peu près régulière.
Le trypanosome évolue par poussées qui s'accompagnent de fièvre; pendant les premiers mois, il existe en assez grand nombre dans le sang, au moment des accès fébriles; à la dernière période, au contraire, les trypanosomes sont rares et l'examen du sang fait par le procédé ordinaire est souvent négatif.
Pendant les poussées fébriles, la température peut atteindre i0°,5.
La durée de la maladie est de 5 à 6 mois. La mort est la terminaison ordinaire. Les rares animaux qui guérissent possèdent l'immunité.
Equidiîs. — Les principaux symptômes de la mbori, chez le cheval, sont : l'anémie caractérisée par la décoloration des muqueuses et les poussées fébriles. Les œdèmes du fourreau, des bourses et des membres et les pétéchies sont rares. Le larmoiement est fréquent; on n'observe pas de paralysies.
Les trypanosomes, assez communs dans le sang, au début de l'infection, deviennent ensuite rares, si bien que l'examen histologique du sang est souvent négatif.
Les juments avortent.
La maladie se termine toujours par la mort.
Trois chevaux ont été inoculés par Cazalbou, deux dans la veine jugulaire, le troisième dans le tissu conjonclif sous-cutané; tous trois se sont infectés. Les trypan. apparaissent dans le sang vers le cinquième jour, ils s'y multiplient au moment des poussées de fièvre.
En dehors de la fièvre, les principaux symptômes notés ont été : l'amaigrissement, l'œdème des bourses et du fourreau, l'engorgement des boulets, des sueurs profuses, du larmoiement, des pétéchies des conjonctives; à la deuxième période, une éruption papuleuse, abondante surtout à la tète, à l'encolure, sur les épaules, le dos et la croupe. Les papules se couvrent de croûtes qui, en tombant, laissent à nu de petites plaies circulaires, superficielles
L'un des chevaux est mort le 136° jour après l'inoculation; les deux autres ont été perdus de vue aux 184e et 141e jours de la maladie.
Chez un cheval inoculé de mbori à Alfort par M. Vallée, le 15 mai 1904, le tracé thermométrique a montré une série de poussées fébriles (9 du 27 mai au 21 août) pendant lesquelles la température s'élevait à 40° ou 41°. En dehors de ces poussées fébriles, on ne notait pas de symptômes morbides. L'examen direct
MB01U 393 du sang ne révélait pas l'existence des trypan., mais les animaux
d'épreuve s'infectaient; 6 mois après l'inoculation, le sang du cheval était encore infectant.
THYPANOSOMISS ET TRYPANOSOMIASl-s
L'observation suivante est celle d'un cheval qui a été inoculé de mbori à l'Institut Pasteur; il y a eu, dans ce cas, de l'œdème des bourses et de la paroi abdominale.
Le 25 octobre d 904, nous inoculons de mbori un cheval guéri d'une infection par le Tr. dimôrphon; l'inoculation esl faite sous la peau du garrot avec du sang de cobaye dilué dans l'eau physiologique.
Du ior au 3 novembre, poussée de fièvre pendant laquelle la température atteint 40°, 6 (Voir le tracé, fig. LV1). Le 2 novembre, l'examen du saut? révèle l'êxistence de trypan. assez nombreux. — Le 4 novembre, 38°; trypan. très rares. — Du 5 au 7, apyrexie. Le 7, examen du sang négatif. — Du 10 au 11 novembre, nouvelle poussée fébrile, moins forte que la première. L'examen du sang fait le 11 est négatif. — Du 23 au 28 novembre, troisième poussée fébrile, plus faible encore que la deuxième. L'examen du sang, fait le 29, révèle l'existence de trypan. très rares. Léger œdème des bourses. De chaque côté de la ligne blanche abdominale on constate un bourrelet d'œdème. — 8 décembre. L'œdème des bourses et les bourrelets de l'œdème abdominal ont augmenté. Le cheval ne paraît pas malade, il mange bien. Poids : 670 kg. — Du 14 au 16 décembre, poussée de fièvre; la température s'élève à 40° le 16 au soir. Le 15, on noie des trypan. très rares: le 17, l'examen du sang esl négatif.
— 21 décembre, nouvelle poussée fébrile, avec 40°, 6. Examen du sang négatif le 22. Poids = 656 kilogrammes. L'œdème des bourses et l'œdème abdominal ont beaucoup augmenté. Les deux bandes abdominales se sont confondues en une large bande qui s'étend sur toute la .longueur de l'abdomen. — 6 janvier 1905, l'œdème abdominal continue à augmenter. Examen du sang négatif. Poussée fébrile du 10 au 16 janvier.— 4 février, le cheval s'affaiblit; il tient sa tète basse et on a de la peine à le faire sortir de l'écurie. L'appétit a diminué. Poids : 509 kg. Poussées fébriles les 3 et 10 février; examen du sang négatif le 9 février.
— 17 février, le cheval maigrit. P. = 517 kg. L'œdème des bourses el l'œdème de la paroi abdominale se résorbent. — 24 février, le cheval est couché sur le flanc et ne peut plus se relever. L'examen du sang ne révèle pas l'existence des trypan. La température, qui est de 40° le 23 février, s'abaisse à 38°,8 le 24; elle est de 39° le 26 février, jour de la mort.
Autopsie. — L'œdème des bourses et de la paroi abdominale a disparu, l'as d'ascite.-La rate pèse 1 kg. 540, elle est de consistance normale. Le J'oie est pâle, sa consistance est diminuée. Pas d'épanchemént dans le péricarde. Myocarde mou, couleur feuille morte. Pas d'épanchemént dans les plèvres. Poumons congestionnés.
L'étude expérimentale de la mbori a été faite sur différents Mammifères.
Souris. — Chez les souris grises (sp.?) du Soudan, les trypan. apparaissent du 3e au 6e jour après l'inoculation; après quelques poussées initiales, ils ne se montrent ensuite qu'en petit nombre ■et à intervalles plus ou moins grands. Sur quatre souris inoculées à Ségou, deux sont mortes les 141e et 115" jours après l'inoculation,
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les deux autres étaient encore vivantes les 138° et 148° jours après l'inoculation.
Pour 19 souris blanches ou grises inoculées par Laveran, sous la peau, la durée moyenne de l'incubation a été de 5 jours. Pour 5 souris inoculées dans le péritoine cette durée a été de 2 jours, 8.
La durée moyenne de la maladie chez les souris blanches a été de 9 jours 1/2, avec des maximums de 21 et 15 jours, et des minimums de 6 et 7 jours. La durée moyenne, chez les souris grises, a été un peu plus longue : 10 jours, 30.
Chez les souris blanches ou grises, la maladie s'est toujours terminée par la mort.
Rats. — Chez les rats gris du Soudan, inoculés par Cazalbou sous la peau ou dans le péritoine, avec du sang riche en trypart., les parasites apparaissent dans le sang du 2e au 3e jour et leur nombre augmente progressivement jusqu'à la mort, qui survient du 8e au 9e jour.
Chez les rats blancs de Paris, les trypan. apparaissent dans le sang du 3° au 6e jour; ils deviennent de plus en plus nombreux jusqu'à la mort qui survient du 13e au 16e jour.
Chez le rat géant du Soudan, les trypan. apparaissent le 7e jour; à partir de ce moment, leur nombre augmente jusqu'à la mort qui survient du 11e au 13e jour. Les adultes sont plus résistants que les jeunes.
Cobayes. — La durée moyenne de la maladie, pour 57 cobayes inoculés de mbori par Laveran, a été de 88 jours, avec des maximums do 166, 161, 158, 132 jours et des minimums de 24, 26, 27, 38 jours. La durée moyenne qui, du l°r au 5° passage, avait été de 93 jours, s'était abaissée du 6e au 10e passage à 68 jours, c'est-à-dire que la virulence pour le cobaye avait beaucoup augmenté; par la suite cette virulence a diminué1. Des faits semblables ont été déjà notés pour le surra du cobaye (p. 361).
L'incubation a une durée de 12 à 15 jours. L'évolution se fait par poussées assez espacées, dans l'intervalle desquelles les trypanosomes sont rares ou très rares dans le sang.
On observe assez souvent, à la dernière période, de l'œdème de la paroi abdominale, qui peut s'étendre à la paroi thoracique et à la racine des membres. Les ganglions inguinaux sont augmentés de volume.
La maladie se termine toujours par la mort.
Lapins. — De deux lapins inoculés de mbori, l'un est mort en 51 jours, l'autre en 96 jours. Ce dernier a présenté de la blépharoconjonctivite et de l'œdème facial et anal. Le gonflement des narines
1. A. Laveran, Soc. de Path. exotique, 8 avril 1908, t. I, p. 199.
qui suintaient et qui étaient couvertes de croûtes gênait la respiration.
Les trypan. n'ont été vus que très rarement et en très petit nombre dans le sang de ces lapins.
Chiens. — Quatre chiens du Soudan sont morts 30, 48, 56 et 75 jours après l'inoculation. Le chien qui a transporté le virus du Soudan en France a succombé en 65 jours.
Chez les chiens inoculés à Paris par Laveran, la durée moyenne de l'incubation a été de 9 jours et celle de la maladie de 28 jours, avec un maximum de 74 jours et des minimums de 12 à 13 jours. Les chiens qui ont de la néphrite, ce qui est fréquent, succombent plus rapidement que les autres.
Les trypan. sont généralement nombreux ou très nombreux dans le sang au moment de la mort, sauf dans les cas où il existe des complications.
Les principaux symptômes de la maladie chez les chiens soudanais sont, d'après Cazalbou : des poussées fébriles qui coïncident avec des poussées de trypan., l'amaigrissement et l'engorgement de l'auge et de la gorge (noté 3 fois sur 4).
Parmi les chiens inoculés à Paris, celui qui a survécu le plus longtemps (durée de la maladie 74 jours) a présenté une kératite double ; au moment de la mort les deux cornées étaient devenues opaques. Les bourses étaient œdématiées.
Chez les autres chiens, on n'a noté ni œdèmes, ni lésions oculaires, ni engorgement de l'auge, probablement à cause de la courte durée de la maladie.
La mbori est toujours mortelle chez le chien.
Chats. — Une jeune chatte de quatre mois, inoculée le 21 juillet 1903 par Cazalbou, a montré des trypan. le septième jour et ensuite d'une manière intermittente; le 1er janvier 1904, 161 jours après l'inoculation, l'animal était encore vivant.
Panisset a inoculé avec le trypan. de la mbori un chat qui est mort au bout de 120 jours, sans avoir présenté d'autres symptômes que de l'amaigrissement et quelques troubles oculaires; les trypan. ont toujours été rares dans le sang '.
On a vu (p. 362) que la durée moyenne du surra chez le chat était de 21 jours.
Moutons et chèvres. — Deux béliers inoculés à Tombouctou avec le sang d'un dromadaire sont morts en 20 et 21 jours; mais il n'est pas démontré qu'ils aient succombé à la trypanosomiase.
Un bélier, inoculé le 20 mai 1903, a présenté une série de poussées fébriles (températures de 40°,3 à 40",9); 70 jours après l'inocula-
i. I,. Panisset, Soc. de Biologie, 7 'finvier 190o.
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lion, le sang de ce bélier était encore infectieux pour les rats; 100 jours après, il ne Tétait plus. Ce bélier doit donc être considéré comme ayant guéri.
Une chèvre, inoculée le 6 août 1903, était encore infectée le 10 novembre (97e jour). Les principaux symptômes ont été : des poussées fébriles et de l'engorgement des ganglions pharyngiens. A aucun moment, la présence des trypan. n'a été constatée à l'examen microscopique; l'inoculation du sang à des rats a été nécessaire pour déceler l'infection. Terminaison de la maladie non connue.
Un mouton inoculé par Laveran à l'Institut Pasteur est mort au bout de 7 mois, l'amaigrissement a été le principal symptôme; l'examen du sang a révélé seulement au début de l'infection l'existence de trypan. très rares.
Deux chèvres inoculées par le même observateur ont eu des infections légères d'une durée de A mois chez l'une, de 3 mois chez l'autre ; les chèvres guéries avaient acquis l'immunité.
Nous donnons les observations résumées de ces animaux.
1° Un mouton pesant 36 kg. est inoculé de mbori le 16 avril 1904 sur cobaye. L'inoculation est faite sous la peau du ventre avec un peu de sang de cobaye dilué dans l'eau physiologique.
Le 28 avril, l'examen du sang révèle l'existence de trypan. très rares; tous les autres examens du sang faits pendant la durée de l'infection ont été négatifs, mais les animaux d'épreuve, rats ou cobayes, inoculés à diverses reprises avec le sang du mouton, se sont toujours infectés. Les rats recevaient 2 ce, les cobayes 4 à 6 ce. de sang, dans le péritoine.
L'amaigrissement a été le principal symptôme observé. La température n'a pas été prise.
Le 24 novembre, le mouton est amaigri, très affaibli, il ne se tient que difficilement sur ses pattes.
Mort le 28 novembre 1904.
Le mouton pèse 28 kg. La rate pèse 90 gr. LTn peu de liquide citrin dans le péricarde. Rien d'autre à noter.
2" Une chèvre posant, 28 kg. est inoculée de mbori le 11 mars 1906. L*inoculation est faite sous la peau d'une des oreilles avec du sang de cobaye dilué dans de l'eau physiologique.
Du 11 au 23 mars, la température de la chèvre reste normale; les examens du sang ne révèlent pas l'existence «les Irypanosomes. 4 souris inoculées le 2(3 mars, avec le sang de la chèvre, s'infectent.
Du 2?. mars au 3 mai, la température de la chèvre se maintient aux environs de 38°, S. Les examens du sang sont négatifs, mais 4 souris inoculées le 28 mars s'infectent. L'état général est bon. Le 3 avril, la chèvre pèse 30 kg. et le 31 mai, 3b kg.
En juin et juillet, la chèvre continue à augmenter de poids : elle pèse, le 19 juin, 37 kg. et le 18 juillet, 40 kg. Aucun symptôme morbide. Le 16 juin, un chien reçoit dans le péritoine 20 ce. du sang de la chèvre, il s'infecte et meurt le 6 juillet.
398 TUYPANOSOMES ET TUYPANOSOMIASES
Le 25 juillet, un chien reçoit, dans le péritoine, 20 ce. du sang de là chèvre, il ne s'infecte pas.
Le 1" août la chèvre pèse 41 kg.
Le 2 septembre, la chèvre qui paraît guérie est réinoculéc de mbori sur cobaye.
Le 17 septembre, un chien reçoit dans le péritoinê 20 ce. du san^ de la chèvre, il ne s'infecte pas.
La chèvre pèse, le 5 septembre, 44 kg. et, le 15 octobre, 46 kg.; elle est en très hou état.
L'infection a été légère; elle a duré 4 mois seulement; après guérison, la chèvre possédait l'immunité pour la mbori.
3" Une chèvre pesant 32 kg. est inoculée de mbori le H mars 1906, sur cobaye, comme la chèvre précédente. Du 11 au 22 mars, pas de poussées fébriles. Le 23 mars, la température s'élève à 39°, 9.
26 mars. L'examen du sang ne révélant pas l'existence des trypan., on inocule, avec le sang de la chèvre. 1 souris qui s'infectent.
Jusqu'au 13 avril, la température de la chèvre se maintient au-dessus de 39°; à partir du 14 avril, elle redevient normale. Etat général lies satisfaisant, poids : 30 kg. Examens du sang toujours négatifs.
Le 28 avril, on inocule, avec le sang de la chèvre, 4 souris qui s'infectent.
Le 16 juin, on injecte à un chien, dans le péritoine, 20 ce. du sang de la chèvre, le chien ne s'infecte pas.
La chèvre pèse, le 19 juin, 33 kg. ; le 18 juillet, 34 kg. ; le 1 1 août, 36 kg.
■ Le 2 août 1906, la chèvre qui est considérée comme guérie est réinoculée de mbori sur souris.
Le 18 août, un chien reçoit, dans le péritoine, 20 ce. du sang de la chèvre, il ne s'infecte pas. Le 5 septembre, la chèvre, en très bon état, pèse 39 kg.
Cette chèvre a donc eu comme la précédente une infection légère, à la suite de laquelle elle avait acquis l'immunité pour la mbori.
Un bovidé a été infecté, à l'Ecole d'Alfort, par le virus de Bakel (Mesnil, op. cit.); l'infection a duré plus de 4 mois. Le même virus a produit, chez une chèvre, une infection qui a duré 8 mois environ et qui s'est terminée par guérison.
Antilopes. — Une antilope, Tragelaphus scriptus, inoculée de mbori par Gazalbou. a montré à plusieurs reprises des trypan. en assez grand nombre dans son sang; au 183° jour de l'inoculation, l'animal était en excellent état.
Une autre antilope, inoculée en même temps que la précédente, est morte rapidement avec des accidents nerveux : incoordination des mouvements, phénomènes convulsifs; les trypan. étaient nombreux dans le sang.
g 3. — Anatomie pathologique.
Nous manquons de renseignements sur les altérations anatomiques qui s'observent dans l'infection naturelle des dromadaires et
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des chevaux. Chez le cheval qui a succombé à la mbori à l'Institut Pasteur; la rate était augmentée de volume, il n'y avait pas d'autre altération macroscopique importante.
Chez la souris, la rate est toujours augmentée de volume. Pour 20 souris du poids moyen de 18 gr., le poids moyen de la rate était de 0 gr. 73. Plusieurs souris avaient des rates de 1 gr. et, chez l'une d'elles, le poids de la rate atteignait 1 gr. 30.
Chez des rats de 165 à 190 gr., le poids de la rate était de 2 gr. 50 à 3 gr.
Chez les cobayes qui succombent à la mbori, la rate est toujours hypertrophiée et elle est parfois le siège d'infarctus ou d'hémorragies.
Pour 47 cobayes, du poids moyen de 414 gr., le poids moyen de la rate était de 3 gr. 23. Dans un cas, la rate qui pesait 23 gr. était le siège d'infarctus hémorragiques; deux cobayes, dont les rates pesaient respectivement 16 gr. 50 et 18 gr., avaient des épanchements sanguins intrapéritonéaux, consécutifs à la rupture de foyers hémorragiques intraspléniques; enfin un cobaye, dont la rate pesait 14 gr., avait un foyer hémorragique intrasplénique qui ne s'était pas ouvert dans le péritoine.
Parmi les lésions notées chez les cobayes, il faut citer encore l'œdème gélatineux ou hémorragique de la paroi abdominale ou abdomino-thoracique, et l'hypertrophie des ganglions lymphatiques inguinaux.
Le poids moyen de la rate, chez les cobayes qui succombent à la mbori, est plus élevé que celui de la rate des cobayes qui succombent au surra : 3 gr. 23 dans le premier cas ; 2 gr. 50 dans le second ; cela tient apparemment à ce que la durée de la mbori chez le cobaye est plus longue que celle du surra.
Chez les lapins qui succombent à la mbori, l'hypertrophie de la rate fait défaut on bien elle est peu marquée, ce qui est la règle dans les trypanosomiases de ces animaux. Chez deux lapins pesant 1360 et 1 640 gr.. les poids des rates ont été de 1 gr. chez le premier, de 2 gr. chez le second.
Chez les chiens soudanais inoculés de mbori, Cazalbou a noté, à l'autopsie, une infiltration séreuse du tissu conjonctif de l'auge et de la gorge et l'hypertrophie des ganglions lymphatiques de la région cervicale. L'hypertrophie de la rate était très marquée 2 fois sur 4.
L'hypertrophie de la rate est constante chez le chien, quand la mort est due à la marche naturelle de la maladie et non à une complication.
Pour 6 chiens du poids moyen de 8 kg., le poids moyen de la rate était de 73 gr. Le chien, inoculé à Ségou, qui est mort à Paris au 65e jour de l'infection, avait une rate énorme pesant 160 gr.
TU VI' A NO 80 M K8 KT TliVl'ANOSOMIASES
§ 1. — Agent pathogène.
Le trypanosome de la mbori est une variété du Tr. Evansi.
Comme Laveran l'a l'ait connaître, des 1904, les caractères morphologiques du trypanosome de la mbori sont les mômes que ceux du Tr. Evansi1.
D. Bruce, qui a fait de nombreuses mensurations des trypanosomes de la mbori des dromadaires d'Afrique et du surra des chameaux de l'Inde a constaté que les tracés établis d'après le pourcentage des différentes longueurs des trypan. présentaient la plus grande ressemblance -.
Pour savoir si le virus de la mbori devait être identifié ou non au virus du surra, il y avait lieu de recourir à l'épreuve de l'immunité croisée.
En 1904, MM. Vallée ét Panisset ont fait, à la demande de M. Laveran et avec des virus qu'il leur avait fournis, l'expérience suivante.
« Nous possédions à noire laboratoire d'Alfort, écrivenl MM. Vallée el Panisset, deux veaux bretons inoculés de surra le 6 juillet 1903 et une vache de même race, hyperimmunisée contre le nagana, inoculée elle aussi de surra le même jour. Tous ces animaux semblaient guéris de leur infection à trypanosomes. Ils lurent inoculés le 19 juillet 1905, chacun avec 1 ce. de sang' de rat très riche en parasites du surra.
« L'inoculation du sang recueilli chez ces trois sujets, dans les jours qui suivent cette épreuve, à des rats et à des lapins, prouve qu'ils ne sont point infectés de trypanosomes. Ils possèdent donc bien l'immunité contre le surra. Nous avions préalablement constaté que notre vache hypervaccinée contre le nagana avait toujours l'immunité contre cette infection.
« Le 8 août, nos trois animaux reçoivent chacun 1 ce. de sang de rat extrêmement riche en trypan. de la mbori. En même temps qu'eux, nous inoculons comme témoins deux bœufs bretons, un mouton el une chèvre.
« Le sang des trois sujets, vaccinés contre le surra et. inoculés de mbori, ne se montre nullement infectant pour le rat les 18 et 30 août, non plus que le 17 septembre.
« Une seconde tentative d'infection par le trypan. de la mbori esl réalisée chez ces animaux le 19 septembre.
« Leur sang ii été ensuite inoculé à la dose de 10 ce, répartie entre trois rats, aux dates suivantes : 24 septembre, 4 octobre, 13 octobre.