VI INTRODUCTION
Nous avons pensé que les progrès de nos connaissances riaient suffisants pour justifier une étude synthétique des trypanosomes, et une esquisse de pathologie générale des trypanosomiases.
Les dix premiers chapitres de cette édition sont consacrés à l'exposé des questions suivantes : Historique. Aperçu de la répartition des trypanosomiases sur le globe; — Technique pour l'étude des trypanosomes; — Trypanosomes et trypanoplasmes chez l'hôte vertébré. Morphologie et évolution; — Trypanosomes chez l'hôte invertébré. Modes de propagation des trypanosomiases; — Les trypanosomes en dehors des êtres vivants. Conser vation. Culture; — Historique des genres; place des trypanosomes et des trypanoplasmes dans la classification; — Pouvoir infectieux et virulence des trypanosomes. Moyens de défense de l'organisme; — Séméiologie et anatomie pathologique générales des trypanosomiases. Pathogénie; — Thérapeutique et prophylaxie générales des trypanosomiases; — Identification et classification des trypanosomes.
Les questions concernant l'identification des trypanosomes présentent souvent de grandes difficultés. La morphologie et la biologie des parasites ne fournissent pas toujours des caractères suffisants, et l'on doit recourir à des méthodes spéciales pour s'assurer si un trypanosome donné doit être identifié ou non à un autre trypanosome. Parmi ces méthodes, la plus sûre est l'épreuve de l'immunité croisée ; nous y avons eu souvent recours, et elle nous a fourni des données de grande importance pour la classification des trypanosomes des Mammifères.
Dans la partie spéciale de l'ouvrage, des chapitres nouveaux ont été consacrés aux trypanosomiases africaines qui ont pour agents : le Tr. togolaise, le Tr. soudanense (tahaga, debab), le Tr. Cazalboui (souma), le Tr. congolaise, le Tr. pecorum, le Tr. nanum, le Tr. Pecavdi (baleri); aux trypanosomiases des équidés de l'Amérique centrale (murrina et desrengadera) et à la trypanosomiase humaine américaine produite par le Schizotry^ panitrn Cruzi. Les trypanosomides des Invertébrés font l'objet d'un chapitre; enfin le court Appendice sur les mouches tsétsés de la première édition est devenu un chapitre dans lequel nous avons réuni les notions d'histoire naturelle sur les Invertébrés,
INTRODUCTION VII suceurs de sang et transmetteurs des trypanosomiases, indispensables pour l'étude de ces maladies et si utiles pour leur prophv laxie.
Les chapitres anciens ont été complétés. De nombreuses additions ont dù être faites notamment au chapitre relatif à la maladie
du sommeil. Depuis huit ans, de notables progrès ont été réalisés dans l'état de nos connaissances sur la répartition de cette grave endémie de l'Afrique intertropicale, sur ses symptômes, sur son anatomie pathologique et sur le rôle des tsétsés dans sa propagation. On inclinait naguère à croire que ce rôle était purement mécanique, nous savons aujourd'hui que le Tr. gambiense, agent de la maladie du sommeil, accomplit une phase de son évolution chez la mouche tsétsé qui est connue sous le nom de Glossina palpalis. Nous avons appris, d'autre part, qu'il existe, dans le nord-est de la Rhodésia, un foyer de trypanosomiase humaine dont l'agent, le Tr. rhodesiense, spécifiquement distinct du Tr. gambiense, est propagé par la Glossina qiorsitam.
Les nombreuses recherches poursuivies sur la thérapeutique des trypanosomiases en général, et de la maladie du sommeil en particulier, ont donné des résultats importants, bien qu'incomplets. Il était admis naguère que la maladie du sommeil était incurable, on connaît aujourd'hui des cas non douteux de guérison.
La lutte contre la maladie du sommeil a été entreprise dans la plupart des colonies de l'Afrique intertropicale par les Gouvernements intéressés et des résultats partiels ont été déjà obtenus; une entente internationale serait nécessaire pour coordonner ces efforts et les rendre plus efficaces.
La connaissance des trypanosomiases n'est pas nécessaire seulement aux médecins et aux vétérinaires qui exercent dans les régions où régnent ces maladies.
La maladie du sommeil atteint les blancs comme les noirs, et les blancs qui rentrent en liurope, après avoir contracté la maladie en Afrique, deviennent de plus en plus nombreux, en raison de l'activité toujours croissante des transactions avec les légions contaminées. Les médecins européens sont donc exposés à trouver, parmi leurs malades, des sujets atteints de trypanoso-