L.-E. Migonu, Soc. de palli. exotique, 12 octobre
MAL DE CADERAS •>
Des singes (Nyctipithecus felinus) inoculés avec le sang des carpinchos malades ont présenté, à partir du 5° jour, des trypan.; ils sont morts en il jours, avec les symptômes du mal de caderas des carpinehos.
Des chevaux inoculés sur les singes se sont infectés et ont présenté des œdèmes sous-cutanés.
L'injection du contenu broyé des tiques recueillies sur des carpinehos malades n'a pas produit l'infection chez des chiens. Migone n'a pas réussi non plus à transmettre l'infection à des chiens en les faisant piquer par des taons ou par des moustiques capturés sur des carpinehos malades.
« La relation existant entre les épizooties de carpinehos et de chevaux nous paraît établie, écrit Migone. Mais il serait inexact de dire que l'une précède toujours l'autre, car il y a des fermes aux alentours desquelles marécages et carpinehos manquent et où cependant le mal de caderas tue tous les chevaux. »
Lignières a constaté que des chiens infectés du mal de caderas avaient infecté des chiens sains qui cohabitaient avec eux; il pense que les puces ont été, dans ce cas, les agents de transmission
D'après les recherches de Sangiorgi, les punaises (Cimex lectularias) pourraient transmettre la maladie -.
§ 6. — Identification du Tr. equinum.
La petitesse ou l'absence du centrosome distingue nettement Tr. equinum de tous les autres trypan. connus.
Werbitzki a montré que chez les animaux naganés, traités par différents produits des groupes diphénylméthane et diphénylamine, en particulier par l'oxazine (chlorure de triaminophénazoxonium), les centrosomes ou blépharoplastes des trypan. disparaissent, et qu'en soumettant plusieurs générations de trypan. à un traitement systématique par l'oxazine, on peut obtenir un virus dans lequel tous les trypan. paraissent être privés de leurs centrosomes3. Ces recherches ont été confirmées par Laveran et Roudsky qui les ont étendues à d'autres trypan. que le Tr. Brucei, en particulier au Tr. Evansi et au Tr. soudanaise '".
Il est possible que, dans des conditions particulières, la transfor-
1. Lignières, Les maladies tropicales des animaux domestiques, Rapport au VIII" Congrès internai, de méd. vfitèr., Budapest, 1905, Comptes rendus, t. Il, p. 552.
2. G. Sangiorgi, Giorn. délia R. Acad. di medicina de Torino, 1U 10, n" 5-7.
3. F.-W. Werbitzki, Centralbl. f. Bakter., I, Origin., 1910, t. LUI, p. 303 (Recherches faites dans le laboratoire du professeur Ehrlich).
4. A. Laveran et IIoudsky, Acad. des Sciences, 24 juillet et 13 novembre 1911.
mat ion d'un trypan. avec centrosomeen un Irypan. sans cenlrosome ait pu se produire autrefois, mais la spécificité actuelle du Tr. equinum ne l'ait pas de doute.
Les expériences d'immunité croisée démontrent que les animaux qui ont acquis l'immunité pour le nagana, pour le surra ou pour la dourine, s'infectent par Tr. equinum comme des animaux neufs et réciproquement.
Une chèvre et un mouton, immunisés contre le nagana, se sont montrés aussi sensibles au caderas que des animaux neufs de même espèce et ont contracté une infection de môme durée1. Lignières a fait la contre-partie de cette expérience en établissant qu'un bœuf, un mouton et un porc, guéris d'une infection à caderas, étaient aussi sensibles au nagana que les animaux neufs de môme espèce et contractaient une infection de même durée2.
Deux chèvres guéries du caderas avaient conservé leur sensibilité au surra3.
Nocard et Lignières ont constaté enfin que des chiens, ayant l'immunité pour la dourine, se montraient aussi sensibles au caderas que les animaux neufs servant de témoins; nous reviendrons sur ces faits clans le chapitre consacré à la dourine.
Il est à noter qu'il y a immunité croisée entre le Tr. Brucei normal et le Tr. Brucei acentrosomique4.
§7. — Diagnostic. Pronostic.
Le diagnostic du mal de caderas chez les équidés est en général facile; on connaît ses zones d'endémicité ; les symptômes qui ont valu à la maladie le nom de mal de la croupe sont caractéristiques; enfin l'examen histologique du sang révèle le plus souvent l'existence des trypan., et l'absence des centrosomes rend la confusion avec d'autres trypanosomiases impossible. Les trypanosomiases qui produisent les épizooties des équidés connues au Venezuela sous le nom de desrengadera et dans la zone du canal de Panama sous le nom de murrina ou de trypanosomiase des mules d'Ancon sont dues à (1rs trypan. du type Tr. Evansi qui ont des centrosomes bien visibles.
C'est seulement dans les formes à marche lente que le diagnostic est difficile; l'amaigrissement est l'unique symptôme pendant une grande partie de la maladie, et l'examen du sang est souvent négatif. Il y a lieu, dans ces cas. de recourir aux animaux d'épreuve et de leur inoculer 20 à 30 ce. du sang des équidés suspects.
L LAVERAS et Mesnil, C. R. Acad. des Sciences, t. CXXXV, 17 nov. 1002. p. 838.
2. Bol. Agriculture y Gariàderia, 3' aimée, n° 50, Buenos-Ayres, Ier février 1903.
3. A. L.v v eh an el P. MESNIL, Acad. des Se, 22 juin 1003, p. 152'.).