A. Laveran, Soc. de Biologie, 29 juillet
chez le bouc, l'examen histologique du sang a toujours été négatif, il a fallu recourir ù l'injection du sang à des animaux d'épreuve pour constater l'infection.
Le sang de la chèvre était encore virulent, à la dose de 2 ce. 1/2, 4 mois après l'inoculation.
De deux chèvres inoculées avec le Tr. gambiense par Laveran, l'une était guérie au bout de 4 mois, l'autre a succombé au bout de 25 mois à des accidents cérébro-spinaux relevant évidemment de la Irvpanosomiase l.
La figure XCIX donne le commencement du tracé thermomélrique de la première de ces chèvres qui, inoculée avec le Tr. gambiense le 16 juillet 1909, était guérie au mois de novembre 1909, c'est-à-dire au bout de \ mois environ.
La figure C donne le commencement du tracé thermométrique d'un bouc qui, inoculé avec le Tr. gambiense le 28 septembre 1909, était guéri au mois d'avril 1910, c'est-à-dire au bout de 6 mois environ.
Il est intéressant de comparer ces deux tracés aux tracés reproduits dans les figures CIV, CX et CXI qui sont ceux de trois caprins infectés par le Tr. r/wdesiense; on constate que la fièvre produite par le Tr. rhodesiense, chez les caprins, est beaucoup plus vive et plus continue que celle qui est produite parle Tr. gambiense, et que les deux infections diffèrent grandement par leur durée et leur terminaison.
Le boue dont le tracé thermomélrique est reproduit dans la figure C avait conservé l'immunité pour le Tr. gambiense à la fin de L'année 1911; inoculé alors avec le Tr. rhodesiense, il s'est infecté et il a succombé 35 jours après l'inoculation; on trouvera plus loin l'observation de ce bouc (p. 740) et le tracé thermométrique de l'infection produite par le Tr. rhodesiense (fig. CX).
En somme, l'infection par le Tr. gambiense, chez les Caprins, ne se traduit, en général, que par de légères poussées fébriles qui passeraient inaperçues si on ne prenait pas régulièrement la température, cl la terminaison par guérison est commune.
L'examen microscopique du sang permet rarement de constater l'existence des trypanosomes.
' Après guérison, les Caprins ont l'immunité pour le Tr. gambiense "i cette immunité peut cire de longue durée.
OviNÉS. — Deux moutons et un agneau, inoculés par nous, se sont infectés, Chez un des moutons, deux petites poussées fébriles (40n,3. 40°) ont été constatées au début de la maladie; chez l'autre mouton, il n'y a pas eu de poussée fébrile.
1. A. Laveisan. Des infections expérim. par îe Tr. gambiense chez les moulons cl chez les chèvres, 6'oc depâth. exotique, 8 novembre 1911.
712 TBYPANOSOMES ET TRYPANOSOMIASES
Dans un cas, l'existence de trypan. (très rares) a pu être constatée ' au microscope; dans les deux autres cas (un des moulons et l'agneau) il a été nécessaire, pour déceler l'infection, d'inoculer du sang à des animaux d'épreuve.
La trypanosomiase s'est terminée par guérison chez ces animaux en A à S mois.
Bovidés. Antilopidés. — M. Vallée, professeur à l'Ecole d'Alfort, a bien voulu inoculer, à notre demande, une vache avec le sang d'un rat fortement infecté de Tr. gumbiense. L'inoculation a donné un résultat positif (pas de réaction, pas de trypan. à l'examen histologicpie, mais le sang s'est montré virulent pour le rat).
Thomas et Lin ton ont réussi également à infecter un Bovidé.
Kleine constate que les ruminants sont sensibles au Tr. gambiénse, mais que les trypan. sont toujours très rares clans leur sang et que, par suite, le rôle de ces animaux dans la propagation de la maladie doit être à peu près nul '.
Bruce et ses collaborateurs de l'Ouganda ont réussi à infecter des bovidés en les faisant piquer par des Gl. palpalis nourries au préalable sur des animaux infectés par le Tr. gambien.se.
Les mêmes observateurs ont réussi également à infecter de cette manière des antilopes de plusieurs espèces.
L'infection produite chez les antilopes est le plus souvent latente et de longue durée. On ne trouve pas de trypan. à l'examen direct du sang; des animaux infectés depuis un an paraissaient être en très bon état de santé. Une antilope était encore capable d'infecter <]<■- Gl. palpalis développées au laboratoire 315 jours après avoir été inoculée -.
Poucs. — D'après Bruce et ses collaborateurs, le porc sauvage (Potamochœrus chœropotamus) très commun dans l'Ouganda serait réfractaire au Tr. gambiénse 3.
Beck a réussi à infecter un porc de nos pays '".
Le porc jeune montre, à la suite d'inoculations répétées, de la parésie du train postérieur, de l'inappétence et un gonflement œdémateux du museau et de la mâchoire inférieure.
Un porc indigène, de 3 à 4 mois, inoculé par Brumpt et Wurtz, à plusieurs reprises, avec le Tr. gambiénse, n'a jamais montré de parasites (Brumpt et Wurtz, op. cil).
Un jeune porc inoculé sous la peau par Mesnil et M. Blanchard, a eu une infection qui a duré plus de 60 jours; on ne voit jamais de