A. Laveran, Acad. des Se, 22 février
2. Broden, Bullet. de la Soc. d'éludés colon., février 1904, et : La Irypanosomiase chez l'Européen, Bruxelles, 1905. — Greig et Gray, Rep. ofthe sleep. sickn. Commiss. oflheR. Soc, 1905, n° VI. — Broden et Rodhain, Soc. depath. exotique, 14 octobre 1908.
3. G. Martin et Ringenbach, Soc. de path. exotique, 8 juin 1910.
4. J.-L. Todd, Montréal med. Journal, 1910, t. •)'••, p. 546.
5. A. Thiroux et L. d'Anfreville, Soc. de path. exotique, 13 janvier 1909.
Laveran et Mesnil. — Trypanosomos ot Trypanosomiascs. 49
770 TRYPANOSOMES ET TRYPANOSOMI ASES
Les adultes supportent bien des doses d'orpiment de 1 gr., mais il y a avantage à débuter par la dose de 0 gr. 15 et à augmenter ensuite de 0 gr. 10 par jour jusqu'à 1 gr. La tolérance s'établit ainsi.
Sous l'influence de cette médication, les trypan. disparaissent du sang et des ganglions lymphatiques. Celte disparition qui presque toujours n'est que temporaire, peut être d assez longue durée.
Von Raven signale que, chez 3 malades qui avaient reçu 4 gr. 59, 2 gr. 61 et 2 gr. 69 d'orpiment, les trypan. n'avaient pas encore reparu au bout de 8 mois1.
D'autres observateurs ont obtenu à vrai dire des résultats beaucoup moins favorables de l'emploi de l'orpiment2.
On ne doit prescrire que de l'orpiment médicinal très pur; l'orpiment, non médicinal, que l'on trouve clans le commerce, contient une forte proportion d'acide arsénieux et il est, par suite, beaucoup plus toxique que l'orpiment pur.
L'emploi de l'orpiment en pilules est facile et peu coûteux; mais la médication par -l'orpiment seul qui ne donne que des résultats partiels, ne doit être conseillée que dans les cas où la médication par l'atoxyl, beaucoup plus efficace, ne peut pas être instituée.
Ànilarsinale de sodium ou atoxyl. — L'atoxyl préconisé par W. Thomas dans le traitement des trypanosomiases, comme moins toxique que l'acide arsénieux, rend de grands services dans le traitement de la maladie du sommeil3.
Les bons effets de l'atoxyl sont faciles à constater chez les sujets atteints de la maladie à la première période; quelques closes du médicament suffisent pour faire disparaître les trypanosomes du sang et des ganglions lymphatiques; en même temps l'état général s'améliore et les troubles morbides disparaissent; malheureusement cette amélioration n'est souvent que passagère, et les rechutes sont communes quand on n'associe pas à l'atoxyl un autre médicament. Quand la maladie est arrivée à la deuxième période, l'atoxyl ne procure que des améliorations passagères; il ne fait disparaître que très rarement les trypanosomes du liquide cérébro-spinal.
L'atoxyl est employé en injections hypodermiques, ou mieux intramusculaires, aux doses de 0 gr. 50 à 1 gr. chez l'adulte; la solution
1. VON RAVEN, Amlsblatl fur das Schutzgebiet To/jo. mars H juin 1010.
2. Ci. Martin, Ledoeuf et Ringenbach, Soc. de path. exotique, 9 juin 1909 et 12 janvier 1910.
3. Sur l'emploi de l'aloxyl dans la maladie du sommeil, consulter notamment : A. KorKE, Rapports aux Congi'ès internationaux de médecine de Lisbonne en 1906 el de Budapest en 19o!>. — L. Martin, Ann. Jnst. Pasteur, mars 1907. — R. KOCH, Deutsche med, Wochcnschr., 14 novembre 1907. — P. Manson, Aimais of trop. med. a. parasit., mars 1908. — Kt en outre les Rapports déjà cités des missions anglaises, française, allemande et portugaise de la maladie du sommeil.
à 1 p. 10 est très pratique et peu douloureuse. Le médicament est mal supporté par la voie gastrique.
Quelques médecins ont préconisé les doses fortes de 1 gr. et môme de 1 gr. 50 (en 2 fois) administrées tous les huit jours. L'expérience a démontré qu'à ces doses, l'atoxyl pouvait déterminer des accidents graves, et en particulier une cécité définitive dont A. Kopke, R. Koch, et d'autres observateurs ont cité des exemples1.
Les attaques épileptoïdes que l'on observe parfois chez des malades traités par l'atoxyl ne sont pas causées par l'atoxyl, l'emploi de ce médicament peut môme donner de bons résultats chez les malades qui ont de ces attaques
Les doses moyennes de 0 gr. 50 à 0 gr. 60 qui donnent de bons résultats, dans le traitement de la trypanosomiase, sans exposer les malades à la perte de la vue, doivent être prescrites, de préférence aux doses fortes.
La première injection d'atoxyl provoque souvent une réaction au niveau des exanthèmes, et une fièvre qui dure quelques heures; ces phénomènes, qui sont d'autant plus marqués que le nombre des trypan. est plus grand, sont probablement dus à la trypanolyse 3 et à la mise en liberté de trypanotoxines.
Le médecin examinera toujours l'état de la vision des sujets qu'il se propose de soumettre à la médication atoxylique; ceux dont les yeux seraient malades du fait de la trypanosomiase, ou par toute autre cause, seront soumis à d'autres modes de traitement, ou du moins on n'emploiera chez eux l'atoxyl qu'avec beaucoup de circonspection. Il y a lieu d'examiner souvent le champ visuel des malades soumis à une médication longue et intensive par l'atoxyl ; le rétrécissement de ce champ est en effet un des premiers indices des accidents atoxyliques; dès que ce phénomène se produit, il y a lieu d'interrompre la médication.
Les injections hypodermiques d'atoxyl seront faites, au début du traitement, tous les 3 ou 6 jours; quand les symptômes se seront amendés, et quë les trypan. auront disparu du sang et des ganglions lymphatiques, on pourra espacer davantage les injections.
La durée du traitement sera toujours longue. Alors même que tous les symptômes ont disparu, la guérison doit être tenue pour incertaine, et le médecin, en continuant la médication, doit s'efforcer de prévenir les rechutes. Une série de traitements successifs, avec des intervalles de repos, prolongée pendant une année au moins, paraît indiquée.
1. A. Kopke. Rapports déjà cités. — Firket, Bulletin Acad. Royale de méd. de Belgique, 26 janvier 1007. — Hallopeau, Acad. de méd., 9 juillet 1907. — H. EodH, Deutsclw med. Wochenschr., 14 novembre 1907.