TRYPANOSOMIA,SE HUMAINE AMÉRICAINE
et qui ont cette particularité de n'avoir pas de partie libre au flagelle. En vieillissant, les larves de Conorhinus présentent de moins en moins de formes Crilhidia et les formes trypan. deviennent de plus en plus nombreuses. 5 mois après un repas infectant, les Conorhinus présentent encore des parasites nombreux clans leurs déjections.
Ces flagellés intestinaux sont infectieux pour les animaux sensibles; ils paraissent commencer à l'être à partir du moment où les formes trypan. font leur apparition.
Brumpt a obtenu des résultats analogues en se servant de punaises (Cimex lectularius) nées au laboratoire et indemnes de parasites.
Figr. CXVI. — Schiz. Cruzi chez le Conorhinus (d'après Chagas).
'.) et 12. Formes de l'intestin moyen (la figure 9 montre la naissance d'un flagelle; la figure 1*2 la division simultanée du noyau et du centrosome). — 10 et 11. Formes de l'intestin terminal. — 13 et 14. Formes des glandes salivaires représentées à un plus faible grossissement.
On revient même plus vite dans ce cas à la forme, trypan. Au bout de 8 à 10 jours, à l'étuve à 2o°, les déjections des punaises sont infectantes et on observe, dans l'intestin postérieur de ces insectes, des cultures presque pures de trypanosomes.
D'après quelques essais, le Cimex Boueti du Soudan et YOrnithodorus moubala d'Abyssinie se comporteraient comme la punaise vulgaire.
Comment l'homme ou le mammifère est-il infecté? Rien ne prouve que les trypan. des déjections soient en état de pénétrer dans l'organisme de l'homme ou des animaux.
D'après Chagas, les infections des cobayes, par la .piqûre de larves nées et elles-mêmes infectées au laboratoire, réussissent souvent, après des intervalles de 10, 20, 25 jours, ce qui prouve manifestement que les Conorhinus n'ont pas un simple rôle mécanique.
Deux fois, Chagas a vu des parasites dans la cavité du corps des
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Conorhinus : c'étaient des formes trypanosomes. Les mômes se rencontrent dans les glandes salivaires (fig. 13 et 14). Ce sont sans doute celles qui sont inoculées. On retrouve donc ici ce même cycle qui part des formes trypan. pour y revenir après un certain nombre de changements.
Chagas pense qu'il y a chez l'insecte deux sortes de développement : une simple culture du parasite et une autre évolution, qui a pour aboutissant des formes, probablement celles des glandes salivaires, qui déterminent l'infection chez le vertébré.
$ 6. — Affinités du Schizotrypanum Cruzi. Le genre Schizotrypanum.
Dans le sang circulant, le Schiz. Cruzi se présente sous une forme trypan. tout à fait comparable aux trypan. sanguicoles que nous avons décrits jusqu'ici et la seule considération de cette forme avait conduit Chagas, dans sa lie note, à classer le parasite dans le genre Trypanosoma. Depuis, un double mode de multiplication du Schiz. Cruzi, jusque-là inconnu chez les Trypanosoma, a été découvert; il a légitimé la création du genre spécial Schizotrypanum. Mais il était naturel de rechercher si des processus analogues n'existaient pas pour d'autres trypan. Nous avons vu (p. 267) que Carini avait signalé, chez des rats infectés de Tr. Lewisi, des kystes pulmonaires analogues à ceux du Schizotrypanum. Vianna 1 qui, à l'Institut de Manguinhos, a étudié avec soin plusieurs espèces de trypan. pathogènes {Tr. yambiense, Tr. equinum, Tr. conyolense, Tr. equiperdum), signale des kystes pulmonaires chez les cobayes ou les rats infectés et des formes Leishmania en nids dans l'intérieur des fibres musculaires.
Ces observations n'ont encore donné lieu qu'à des notes préliminaires et il convient, à notre avis, de faire des réserves sur les interprétations de Vianna. Quoi qu'il en soit, il restera toujours, entre le Schiz. Cruzi et les trypan. de mammifères, tant du type non pathogène (ex. : Tr. Lewisi) que du type pathogène (ex. : Tr. yambiense), une différence importante qui, à elle seule, légitime, croyons-nous, une séparation générique : le Schiz. Cruzi, au contraire des trypan. susvisés, ne se multiplie jamais sous la forme flagellée qu'il présente dans le sang circulant.
Mais, au point de vue du nom générique à attribuer au parasite de Chagas, la comparaison doit avant tout porter sur le Tr. rotalorium des grenouilles, espèce type du genre Trypanosoma. Astrogildo
I. Vianna, Brazil medico, 15 février et US mars 191 1, S février 1912,
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Machado, un des collaborateurs de Chagas et Vianna, à l'Institut Oswald Cruz, a étudié à ce point de vue une espèce qui paraît voisine du /'/■. rotatorium et il a signalé une division multiple aboutissant à des formes Leishmania (v. ch. xxxu, p. 872); Chagas et lui en concluent que le parasite de la maladie brésilienne doit être classé dans le genre Tnjpanosoma. França vient de décrire des formes leishmaniennes dans le cycle du Tr. inopinatum. Avant de, conclure, il serait utile, à notre avis, d'être fixé d'abord sur l'existence ou la non existence d'une division, sous la forme flagellée, chez le T r. rotatorium et ensuite de comparer plus minutieusement qu'on ne l'a fait jusqu'ici les processus schizogoniques récemment signalés.
A s'en tenir aux formes trypan. du sang circulant, le Schiz. Criizi n'est ni du type Lewisi, ni du type Brucei. Il tient du premier par sa membrane ondulante étroite, son centrosome volumineux, la facilité avec laquelle il se cultive, du second par son caractère pathogène. C'est surtout du côté de quelques-uns des trypan. de singes, que nous allons maintenant décrire, que sont vraisemblablement ses affinités.
Il convient aussi d'indiquer un rapprochement possible avec le Tr. Boylei trouvé par Lafont chez un Conorhinus des îles de l'Océan Indien, qui a pu être inoculé à la souris (voir ch. xxxv).
S 7. — Traitement. Prophylaxie.
Nous n'avons trouvé, dans les mémoires publiés jusqu'ici, aucun renseignement sur le traitement de la maladie humaine dont le pronostic est très grave.
Quelques essais de thérapeutique expérimentale ont été faits, à l'Institut de Hambourg, par Mayer et da Rocha Lima. La quinine, le trypanrot, le salvarsan, l'émétique, la fuchsine, sont sans action sur l'infection des animaux ; l'atoxyl, essayé sur un singe, n'a produit qu'une amélioration passagère.
La prophylaxie delà trypanosomiase brésilienne doit reposer avant tout sur la lutte contre l'insecte transmetteur, le Conorhinus, dont les mœurs sont assez semblables à celles de nos punaises, avec cette différence que l'insecte adulte, pourvu d'ailes, peut aller piquer des individus couchés dans des hamacs et peut passer d'une maison à l'autre. Comme les Conorhinus se multiplient surtout dans les habitations mal tenues, construites en pisé et en bois, avec nombreux interstices où ils peuvent s'abriter et pondre leurs œufs, les progrès de l'hygiène de l'habitation amèneront peu à peu leur disparition. Lorsqu'une maison est contaminée, on devra procéder à une sulfuration pour détruire les insectes, et ensuite enduire les murs de façon
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à supprimer les interstices où de nouveaux insectes pourraient trouver un refuge.
Neiva remarque que certaines fourmis (genre Eciton) détruisent un grand nombre de Conorhinus et les font disparaître.