TIU PANOSOMES DES OISEAUX
Tr. BouJJ'ardi, A. Léger et M. ÉUaachard, de Y Hyphanthornis. — Longueur totale, 47 >; largeur 5 \l ; flagelle libre, 10 u; partie post-centrosomique, 0 \x.
Tr. confasum, Lûhe, 1906 (pour Tr. avium, Noyy-Mc Neal, nec Danil.)- — l.e nom d'espèce confasum devra être appliqué aux trypan. des Iroupiales ou étourneaux américains, et en particulier à celui de Agelaius phœniceus, cet oiseau étant cité par Lûhe le premier de ceux pour les trypan. desquels il crée l'espèce. Le corps du trypan. dCAgelaias atteint 35 \i (partie post-centrosomique 15 ; largeur 4 à 5 jj.. Le trypan. d'Icterus mesure en moyenne 20 \i pour le corps, 6 à 10 pour le flagelle, 5 pour l'extrémité post-centrosomique; largeur 4 à 7 p.
Tr. fringillinarum, Woodcock, des pinsons et linottes. -• Le type ordinaire a les dimensions suivantes : longueur totale : 41 à 45 n; largeur 4 a. 5 ;i 5 fjt ; flagelle libre, 5 à 7 <i; extrémité post-centrosomique, 5 à 7 p. On trouve, en plus, des Cormes massives de 48 pt. sur 6 à 7 p. et des l'usi-
Fig. CXXX.
1, Tr. Johnstoni (d'après Dutton et Todd); — 2, autre trypan. de Gambie (id.) — 3, Tr. Hannai (d'après Hanna); — 4, trypan. du corbeau de l'Inde (d'après Hanna). — Gr. = 1600 D. environ. — n, noyau; c, centrosome; a, grain chromatique antérieur; f, flagelle.
formes de 15-35 [i sur 2 [x,5-S (jl,5. Ces dernières, présentes dans la moelle des os au printemps, ne sont pas rares dans la circulation en été.
Tr. Laverani, Novy-.Mc Neal, du chardonneret américain. — Le corps mesure 20 jji de long sur 6 de large; flagelle libre non distinct ; centrosome tout près de l'extrémité postérieure. C'est surtout en raison des caractères culturaux (v. p. 839) que Novy et Me Neal ont créé cette espèce.
Multiplication. — Danilewsky décrit avec soin la division longitudinale des parasites. D'après les figures de l'auteur, que nous reproduisons ici (fig. CXXI, 4 à 7), on a quelque chose d'analogue à la division inégale du Tr. Lewisi : l'un des deux trypan. emporte avec lui la membrane ondulante et le flagelle ancien; il se produit chez l'autre un flagelle nouveau. Souvent, avant la séparation en deux, le trypan. à flagelle de nouvelle formation se met à se diviser de nouveau.
Tous ces phénomènes ont été suivis par Danilewsky au microscope
(la division en deux dure de 20 à 30 minutes, 1 heure au plus); les trypan. étaient observés en goutte pendante ou entre lameet lamelle. Aussi, peut-on douter qu'il s'agisse bien là du processus normal de multiplication du trypan. dans le sang circulant.
Dans les infections naturelles des oiseaux, on n'observe généralement pas de formes en voie de multiplication. Le cas est analogue à celui des trypan. non pathogènes des petits mammifères. Nos connaissances sur la multiplication sanguine des trypan. aviaires sont donc restreintes au cas du Tr. paddse, la seule espèce que l'on ait pu garder par passages de padda à padda.
La figure CXXXI, 1 à 5, que nous empruntons au travail de Thiroux, fait connaître les diverses phases de cette division qui est du type binaire, longitudinal, égal (fig. 4) ou subégal (fig. 5). On observe parfois des irrégularités : individus chez lesquels la division du noyau
Fig. CXXXI. — Multiplication du Tr. padd.<e (d'après Tiiiroux).
Gr. = 1350 D.
est en relard ou en avance sur la division de l'appareil flagellaire. Ces formes de multiplication ne se trouvent que chez les oiseaux très infectés.
On remarquera que les Tr. paddse qui se divisent appartiennent à ce que Minchin et Woodcock appellent « formes moyennes » chez Tr. noctuse. Ces formes seules, d'après les savants anglais, seraient susceptibles de se multiplier par division binaire. Chez Tr. paddœ, on n'a vu que ces formes; on conçoit qu'elles existent, à l'exclusion de toute autre, dans les infections expérimentales obtenues par inoculation de sang parasité. Ce sont des formes du même type chez lesquelles Vassal a observé la multiplication, dans les infections intenses à Tr. pohjplectri (v. fig. CXXVII).
Conservation. Actions dé sérums. — Tr. paddse ne vit que peu de temps dans le sang mélangé à de l'eau citratée à 1 p. 100 ; à la glacière, ou à l'étuve à 22° ou à 3o°, il meurt en 30 heures alors qu'il se conserve très longtemps dans les cultures.
L'addition, au sang dilué contenant les trypan., d'une goutte de sang d'oiseau chez lequel l'infection est guérie, ou très ancienne et
TRYl'ANOSOMES DES OISEAUX 837 très atténuée, détermine la formation de rosaces d'agglutination avec flagelles à la périphérie; le sérum de padda neufs n'est pas agglutinant. Parfois, on observe de l'auto-agglutination des trypan. quand on met du sang de padda trypanosomé entre lame et lamelle, (cf. le Tr. Lewisi; voir p. 283). Quand on observe ce phénomène, le nombre des parasites est en général sur le point de diminuer dans le sang (Thiroux).
Levaditi et Sevin ont étudié l'action de sérums variés sur le Tr. paddœ. Ils ont constaté ce fait paradoxal que le sérum frais de •cobaye neuf n'est que très faiblement agglutinant, alors que le même sérum, chauffé préalablement à 56°, manifeste des propriétés agglutinantes très marquées. Le fait s'explique en admettant l'existence, dans le sérum de cobaye, d'une antiagglutinine qui est détruite par le chauffage à 56°; on peut en effet entraver l'agglutination par le sérum chauffé, en lui ajoutant du sérum frais.
Le sérum de rat neuf possède la curieuse propriété sur laquelle nous avons déjà appelé l'attention au chapitre v, de détruire in vilro le Tr. paddœ; cette propriété est annihilée par le chauffage à 56°. En poursuivant cette étude, Sevin a vu que la propriété ne peut être récupérée par addition de sérum frais d'une autre espèce animale. Le sérum de rat renferme probablement une sensibilisatrice normale, car ce sérum chauffé favorise l'action trypanolytique du même sérum non chauffé.
Sevin a décrit en détails les modifications successives qu'éprouvent les trypan. au contact du sérum à 38° : immobilisation au bout de 5 min., mise en boule, vacuolisation. Au bout de 15 min., on observe une sphère pâle avec 2 points colorables, le noyau et le centrosome.
Cultures. — Nous avons dit que les division binaires décrites avec soin, d'après l'examen à l'état frais, par Danilewsky, pouvaient être interprétées comme un début de culture.
Danilewsky a décrit encore une multiplication par voie de segmentation qu'il a observée dans du sang conservé 6-8 jours à la température de 22° C. dans des pipettes stérilisées. Une grosse sphère, sans la moindre trace de flagelle, se divise en deux, puis en quatre et ainsi de suite. On peut avoir ainsi une masse morulaire de 32 éléments qui s'allongent, prennent peu à peu un aspect fusiforme et donnent autant de petits trypan. avec un fouet assez long, mais sans membrane ondulante. C'est pour ces formes que Danilewsky a créé le nom de Trijpanomonas.
Etant données nos connaissances actuelles sur la culture des trypan., on peut supposer que ces masses de Trijpanomonas sont des formes de culture. Mais proviennent-elles des masses morulaires, comme le pense Danilewsky?
"83K TUYPANOSOMBS ET TUYPANOSOMI ASES
La méthode de culture préconisée par Novy-Mc Neal a donné des • résultats particuliôrememt brillants pour ce qui concerne les trypan. aviairés. En 1904, tandis que Thiroux, à l'Institut Pasteur, réalisait la culture du Tr. paddss, Novy et Me Neal, aux Etats-Unis, ensemençaient le sang d'un grand nombre d'oiseaux et arrivaient à ce résultat qu'un sang, pourlequel un examen microscopique minutieux a été négatif, peut donner une culture de trypan. Nous avons déjà insisté sur ce fait au chapitre v (v. p. 90). La moitié des oiseaux parasites ne l'ont été reconnus que par la méthode des cultures. L'infection part bien de formes trypan., car Novy et Me Neal ont pu, par un examen microscopique rétrospectif du sang, trouver des ti v pan., dans un certain nombre de câs.
Dans l'historique de ce chapitre, nous avons cité les travaux d'Ed. et Et. Sergent, de Bettencourt et França, comme établissant la valeur de la méthode des cultures pour déceler les infections à trypan. des oiseaux. Il y a lieu, croyons-nous, de citer aussi les travaux de Martin Mayer, de Rosenbusch, de Hartmann, qui ont obtenu des cultures de flagellés en ensemençant du sang à'Alhene noclua ou de Syrnium aluco (v. chap. vi, p. 115).
Novy et Me Neal ont employé le même milieu que pour la culture des- trypan. des mammifères et en particulier du Tr. Lewisi ( v. p. 24). Thiroux a remplacé le sang défibriné de lapin par du sang d'oie (le sang de pigeon ne serait pas favorable). Mathis et Woodcock ont montré que le milieu au sang chauffé (v. p. 25), préconisé par le premier de ces savants, convenait bien à la culture des trypan. d'oiseaux.
Les cultures de Novy et Me Neal, sauf celles d'une espèce, Tr. Lauerani du chardonneret (v. infra), poussent très vite à 25° ; au bout de 2-3 jours, on observe des éléments assez nombreux qui vont en augmentant jusqu'aux 7e-8e jours ; il y a ensuite décroissance et involution. En dehors de l'eau de condensation du milieu, on a, à la surface de la gélose, des colonies macroscopiques d'aspect glaireux, formées par une multitude de trypan. bien mobiles. Les réensemencements réussissent très facilement.
Les formes de culture sont en général de deux types : formes trapues à centrosome situé en avant du noyau, très souvent disposées en rosaces (rosaces de multiplication) avec flagelles au centre (fig. CXXX1I, 1), et formes minces que Novy et Me Neal assimilent aux pseudo-spirochètes de Schaudinn (fig. 2 et 3). Ces dernières ont le centrosome à l'extrémité postérieure du corps et une très longue membrane ondulante; elles s'unissent souvent par les extrémités postérieures avec flagelles à la périphérie (rosaces d'agglutination). On ne peut pas admettre qu'il s'agit d'une culture mixte, car toujours les deux formes sont associées. Les savants américains rapportent ces cultures au Tr. avium Danil.
TRYPANOSOM ES DES OISEAUX »39 Le sang de certains oiseaux a donné à Novy et Me Neal des cultures dont les particularités leur paraissent caractériser des espèces.
Par exemple, le Tr. Laverani du sang d'un chardonneret (Astragalinus trislis) cultive toujours très lentement; les formes, généralement isolées, peù mobiles, ont une extrémité postérieure mousse renfermant une sorte de bâtonnet. Le Tr. Mesnili du Buteo lineatus donne, en culture, de grosses rosaces à cellules énormes avec longs fouets convergeant au centre, et des formes volumineuses et larges, renfermant des granules.
« Les caractères culturaux, nous écrit le professeur Novy, persistent indéfiniment. J'ai encore en culture quelques-uns des trypan. isolés en 1904; ils en sont au 332-34u2c réeilsemencement et ils possèdent les mêmes caractères morphologiques qu'au début1. » Novy attache donc une très grande importance à ces caractères pour la distinction des espèces. Il a pu ainsi démontrer récemment la présence, chez la buse (Buteo lineatus), d'une espèce
, .«>, , rji ... 1 , Rosace d'éléments trapus ; 2, forme trypan. , 3, élément
dltlérente de lr. Mesnili, spirochétiformo. - Gr. = 1100 D. environ.
ses caractères culturaux
étant ceux du Tr. avium, tel que le comprennent Novy et Me Neal. . Thiroux, dans ses cultures du Tr. paddee, n'a pas observé de formes trypan. Il n'a vu que des rosaces d'agglutination. De pareilles rosaces s'obtiennent en grand nombre quand on ajoute tin peu de sang d'un padda guéri de son infection à trypan. ; le sérum de padda neuf n'a pas d'action.
D'après de Castro Cerqueira, qui a cultivé le trypan. d'un héron brésilien, Nycticorax gardénia, les flagellés des cultures se multiplient sous 3 formes : trypan. proprement dits, éléments spirochétiformes, et sphères de tailles variées. La division de ces sphères avait déjà été observée à l'état frais par Novy et Me Neal. Cerqueira a complété cette observation par des examens de préparations colorées qui lui ont permis de reconnaître des phénomènes de division karyokinélique. Le centrosome se divise, les deux parties se portent de
I. Lettre du Prof F.-G. Novy ù M. Mesnil, datée du 2iJ juillet 1012. Novy nous informe en même temps qu'il en est au 220° réensemencement de In Leishmania infantum, et au 310* du Tr. Lewisi, toujours avec les mêmes caractères de culture.
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chaque côté du noyau, puis apparaît un fuseau chromatique. Le protoplasme se partage à son tour soit par étranglement, soit en une fois à la façon dont se briserait, suivant son diamètre, un disque de bois. Le travail est accompagné défigures explicatives et de photogravures qui mettent en évidence le mode de division décrit par l'auteur.
On trouvera dans Woodcock une étude très détaillée des cultures du Tr. fringillinarum. Ce qui s'en dégage surtout, c'est que les flagellés passent par une phase trypanomonade (c'est-à-dire crithidienne) pour revenir à un état trypaniforme. C'est la loi générale, semble-t-il, en fait de cultures de trypan. du sang (voir ch. v).
Chose curieuse, avec leurs cultures généralement très luxuriantes, Novy et Me Neal n'ont réussi qu'une fois à reproduire une infection chez des oiseaux; un canari a montré de rares trypan. pendant 3 mois à la suite de l'injection d'une culture provenant d'un rougegorge (robin). Par injection intrapéritonéale de cultures (1er et 2e passages), Thiroux a donné aux padda une légère infection. Bettencourt et França ont infecté une mésange bleue (Parus cœruleus) (dont l'examen microscopique du sang et les cultures de ce sang avaient été négatifs), en lui injectant dans la plèvre une culture, âgée de 7 jours, d'un trypan. provenant d'une autre mésange bleue. Enfin Woodcock a infecté un pinson avec une culture d'un trypan. provenant de la linotte.
§4. — Modes d'infection.
On est encore très peu renseigné sur la façon dont les trypan. sont inoculés aux oiseaux dans la nature. En traitant, au chapitre vi, des relations entre hémocytozoaires et trypan., nous avons fait connaître un certain nombre de faits qui paraissent bien établir que des moustiques, qui ont sucé du sang d'oiseaux infectés, présentent dans leur tube digestif des flagellés qui s'y multiplient. Ces flagellés font vraisemblablement partie du cycle évolutif d'un trypanosome. Nous ajouterons ici, à ce qui a été dit au chapitre vi, que, d'après Schaudinn, ces flagellés circulent dans les diverses parties de l'estomac du moustique, puis dans l'intestin postérieur; de là, par le vaisseau dorsal, ils arrivent au voisinage d'une région de moindre résistance du pharynx; ils passent alors par effraction dans la trompe et peuvent être inoculés à l'oiseau sous la forme trypan. L évolution et la circulation des flagellés chez le moustique seraient donc comparables à ce qu'elles sont, pour les formes évolutives d'autres trypan. de vertébrés, chez les sangsues ou les glossines. Il convient
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de remarquer que c'est dans ce cas qu'une pareille circulation de flagellés a été signalée pour la première fois chez un hôte invertébré. Minchin et Woodcock se déclarent aussi partisans du rôle des moustiques clans la propagation du Tr. noctuse; mais ils n'ont pas encore publié leurs recherches à ce sujet.
Le cas des jeunes rolliers au nid, déjà infectés, doit être rappelé ici. Il y aurait lieu dans ce cas, d'après Austen (cité par Woodcock), de songer au rôle des Ornilhomyia, hippoboscides fréquents sur les oiseaux au nid.