Mathis, C. B. Soc. Biol., t. LXI, 8 déc. 1900, p. ooO
5. França et Athias, Ibid, t. LX, 30 juin 1906, p. 1108 et op. oit.; França, Bull. Soc. portug. des Se. nalur., 20 mai 1007.
Fig. CXLV.
Trypan. de Hyla arborea.
868 TRYPANOSOMES ET TUYPANOSOM1ASES
son flagelle; le blépharoplaste et le noyau se divisent; d'après França et Athias, il semble que le blépharoplaste joue un rôle centrosomiquc dans la division du noyau; ce rôle serait particulièrement net au moment du passage du stade à 2 noyaux à celui à 4 noyaux. Dans leur mémoire sur le trypan. d'Hyla arborea, França el Athias ont donné d'excellentes figures de ces transformations nucléaires (fig. CXLVI, 2).
D'après les descriptions des auteurs, on n'est pas fixé sur le nombre des éléments qui dérivent d'un trypan. du sang; le chiffre serait 8 ou plus élevé. Les divergences peuvent tenir à ce que ce nombre
varie avec le volume du trypan. qui se divise. Nous avons énoncé cette règle au chapitre v.
2. Marche des cultures. — Au bout de 24 heures, on commence à voir dans les cultures, des formes Leplomonas et Crilhiclia que l'on retrouvera pendant toute la durée de celles-ci. Nous avons insisté au chapitre v sur la disproportion entre
1, Forme du sang avec noyau f'usiformo n portant lo ^ volume de Ces éléments
eentrosome c à uno de ses extrémités ; — 2, passage celui des tl'VDail
du stado à 2 noyaux au stade à 4 noyaux; les centro- ... „ ^ *
somes c sont aux pôles des noyaux n. initiaux (voir f]g. XIX,
Lewis et Williams 1 ont les premiers obtenu ces formes dans l'eau de condensation d'un milieu gélosé à laquelle quelques gouttes de sang de grenouille ou de crapaud avaient été ajoutées. Mais ils n'ont obtenu qu'un seul réensemencement. La culture en série a été obtenue pour la première fois par Bouet, à l'Institut Pasteur, en se servant du milieu Novy-Mc Neal ordinaire, puis par Mathis avec son milieu chauffé. Doflein a consacré à cette question un long mémoire très documenté. Lebedeff a obtenu aussi des cultures sur milieu Novy; mais elles ont toujours montré, tardivement, des impuretés bactériennes; Lebedeff voit leur origine dans une bactérie (B. hydrophilus fuscus) présente dans le sang de la grenouille.
Dans les laboratoires de nos pays, le trypan. de la grenouille constitue, avec le Tr. Lewisi, un matériel de choix quand on veut obtenir des cultures de trypan. pour démonstrations.
D'après Bouet, les premières cultures apparaissent au bout de
Fig. CXLVI. — Tr. hyl;e (d'après França
1. Lewis et Williams, Amer. Medec., t. XI, 2.f> mars 1905, p. 491.
TRYTANOSOMES DES BATRACIENS 869
4-5 jours; dans les réensemencements, l'apparition est plus variable (de 3 jours à 1 mois). Les flagellés sont les plus nombreux du 18e au 2oa jour; mais ils peuvent rester vivants des mois dans un même tube. Bouet a observé, dans ces conditions, des colonies en dehors clé l'eau de condensation, directement sur la gélose
Les formes de culture sont du type Leplomonas et surtout du type Crithidia; les flagellés mesurent en moyenne 25 [i, flagelle compris, sur 2 f*. Souvent, ils s'agglutinent entre lame et lamelle. Le sérum d'une grenouille infectée a des propriétés agglutinantes que ne possède pas celui d'une grenouille indemne.
Doflein a donné une déscription minutieuse des flagellés des cultures observés à l'état frais. Il distingue 7 catégories d'individus : foliacés, — fusiformes, — en massue (les individus de ces 3 catégories sont plus ou moins du type Leplomonas, on les rencontre surtout au début des cultures), — crithidiformes, — trypanosomes typiques (avec extrémité postérieure extrêmement longue et fine et membrane ondulante large et très plissée), — spirochétiformes (ils se rencontrent au début des cultures, avec les individus des trois premières catégories), — arrondis.
Ces formes, qui onl généralement de 20 à 30 \x de long sur 4 ^ de large en moyenne, peuvent être beaucoup plus petites, par exemple : 2 à 4 ,u de long sur 1/2 à 1 \x de large, si l'on fait la culture dans le milieu où le sang est à la gélose dans la proportion de 1/10.
La division est souvent inégale et c'est ainsi qu'apparaissent les éléments spirochétiformes qui ont aussi la mobilité si spéciale des spirochètes et en particulier la faculté de s'enrouler sur eux-mêmes. Ces éléments si minces seraient en relation avec des périodes de jeûne. Ils ont un noyau aussi typique que les autres formes.
Souvent on h*ouve des associations de deux individus de taille inégale. Il s'agit en principe de la fin d'une division et il n'y a aucune raison d'y voir un début de copulation.
Modes de transmission. — Malgré l'ubiquité du Tr. roiaiorium, jusqu'ici, un seul observateur, França1, a publié des faits au sujet de l'hôte invertébré du trypan. en question.
Ayant trouvé, sur des grenouilles de Cintra, dont le sang contenait des Tr. coslalum et rotalorium, de petites sangsues (Helobdella algira) renfermant dans leur intestin des Leplomonas, França a inoculé avec ce contenu intestinal 6 grenouilles paraissant indemnes; 3-4 jours plus tard, ces grenouilles avaient, dans leur sang, de nombreux Tr. coslalum et roiaiorium.
Des sangsues, qui avaient sucé quelque temps auparavant des grenouilles infectées parle Tr. coslalum, sont portées sur des grenouilles
I. França, Bull Soc. porlug. Se. nal., t. I, séances du 18 juin el du 20 nov. 1907.
870 TRYPAN0S0MES ET TllYPANOSOMI A.SES
indemnes el, depuis un an dans le laboratoire. Quelques jours après, presque toutes étaient infectées.
Des coupes, colorées au Giemsa, de sangsues ayant sucé des grenouilles à trypan., montrent une localisation des formes Lepiom&nas et Crithidia contre les parois des cœcums gastriques et intestinaux.
Helobdella algira, au Portugal tout au moins (car l'espèce manque en France), sert donc d'hôte invertébré, non seulement au Tr. inopinatum (voir ci-dessous), mais encore au Tr. rotalorium.
França a pensé qu'on pourrait revenir aux formes trypanosomiques en soumettant le sang renfermant les formes culfurales à un mouvement rythmique et constant. Il y est parvenu en opérant avec le contenu intestinal (THelobdella infectées mélangé à du sang de grenouille non parasité. Ce mélange est introduit dans des tubes capillaires à l'intérieur desquels on détermine des variations de pression à l'aide d'une poire en caoutchouc rythmiquement comprimée. Au bout de 48 heures, les deux tiers des flagellés sont devenus des trypan. rappelant le Tr. inopinalum.
Inoculations expérimentales. — Nous avons essayé de réaliser expérimentalement l'infection de grenouilles vertes avec le sang d'autres grenouilles ayant des trypan. Ce sang était inoculé soit dans le sac dorsal, soit dans le péritoine. Nos résultats qui portent sur 7 à 8 grenouilles ont été négatifs, à une exception près : une grenouille a montré, du 4e au 8e jour après l'inoculation, de rares trypan. dans son sang.
D'après Lebedeff, le Tr. rotalorium n'est inoculable qu"à certaines phases de son cycle évolutif, rares dans les infections naturelles.
Cinq fois, Lebedeff a réussi à infecter des grenouilles neuves en leur inoculant des cultures dans le péritoine : 3-4 jours plus tard, on observait dans le sang des trypan. du type « ordinaire » ; ils n'y persistaient jamais longtemps. Par comparaison avec l'échec des inoculations du sang trypanosomé, le résultat est à souligner.
Bouetn'a eu que des résultats négatifs clans ses essais d'inoculation des cultures.
§ 3. — Trypan. des Leptodactylus américains et genres voisins d'Australie.
Carini a fait connaître, en 1907, un trypan. du Leptodactylus ocellatus de Saint-Paul (Brésil) sous le nom de Tr. leplodaciyli1 . Voici les dimensions de la forme décrite. Longueur, 30 à 35 p pour
t. Carini, Rev. med. de S. Paulo, 30 nov. 1907.
TUYPANOSOMES DES BATRACIENS 871
le corps, 15 à 23 * pour le flagelle, largeur 2 f*,B à 4 Le centrosome n'est qu'à 2 ft, 5 du noyau ; il est à 10-15 [jl de l'extrémité postérieure, souvent très effilée.
11 y a parfois presque autant de parasites dans le sang que d'hématies. Les trypan. sont souvent disposés en rosaces de o à 30 éléments, avec flagelles au centre; mais de plus grosses agglomé-. rations se rencontrent dans le rein.
Carini a décrit ultérieurement d'autres formes rencontrées chez le leptodactyle avec la préoccupation de rattacher ces trypan. à des formes endoglobulaires.
Une description d'ensemble a été donnée par Astrogildo Machado.
Fig. CXLV1I. — Trypan. du Leptodactylus (d'après Asm. Machado-).
1, Grande forme allongée; — 2, forme discoïde; — 3, division nucléaire chez la forme discoïde; — 4, forme do multiplication; — 5, petite forme allongée.
Il signale des grandes formes allongées avec membrane ondulante bien développée, flagelle libre et noyau assez éloigné du centrosome (fig. CXLVII,!). Il a vu, sur le vivant, ces formes allongées se transformer en formes arrondies ou plus exactement en disques minces plus ou moins circulaires, à la surface desquels la membrane ondulante apparaît comme un gros pli. Le ceutrosome vient au voisinage du noyau. Un certain nombre de changements s'accomplissent dans le noyau (en particulier dissolution du caryosome) et finalement le centrosome y pénètre (fig. 2).
On trouve enfin de petits trypan. allongés (fig. 3) qui dériveraient des précédents (voir ci-dessous).
Toutes ces formes sont caractéristiques des infections récentes, rencontrées chez les leptodactyles les plus jeunes.
872 TllYPANOSOMES ET TRYPANOSOMI ASES
Dans les infections anciennes, on observe ce que Machado appelle des formes larges; les dimensions en sont très variables; elles commencent à celles des petites formes allongées. Le cytoplasme renferme souvent des granulations chromophiles. D'après les figures données, on ne se fait pas une idée précise de la structure du noyau. 11 est possible qu'il soit du type fusiforme que nous avons décrit dans le paragraphe précédent. Ces formes larges seraient susceptibles de se diviser en deux, mais aucune figure démonstrative n'est donnée.
Carini et Machado (op. cit.) ont décrit des formes assez particulières rentrant dans le cycle de ces trypanosomes.
Pour le premier de ces observateurs, certains des types flagellés du sang ont pour point de départ des formes endoglobulaires (hématies ou hématoblastes), d'abord uninucléées, qui grossissent en s'individualisant peu à peu dans la cellule-hôte, apparaissent avec un noyau et un centrosome et finissent par prendre tous les caractères d'un vrai trypan., identique aux trypan. que l'on trouve libres dans le plasma. Il peut- y avoir des divisions en 2 à l'intérieur de la cellule-hôte.
Ultérieurement, Carini a décrit, à l'intérieur de cellules mononucléaires, des formes ovoïdes, avec noyau et centrosome, ressemblant à des Leishmania, et, dans le plasma, des formes crithidiennes disposées en rosace.
Astr. Machado décrit une multiplication des formes discoïdes. Le noyau modifié subit un certain nombre de divisions successives (fig. CXLVII, 3), les unes du type égal, les autres d'un type inégal; il se forme ainsi un nombre de noyaux allant de 5 à 17, répartis dans la masse cytoplasmique. Autour de ces noyaux s'individualisent des territoires cytoplasmiques et on aboutit ainsi à des éléments ovoïdes, uninucléés, logés dans l'enveloppe périplastique qui est restée indivise (fig. 4). Ces éléments se transforment dans les petits trypan. allongés dont nous avons déjà parlé (fig. 5).
L'auteur assimile la division multiple de son trypan. à la division pulmonaire gamétogonique du Schizotrypanum Cruzi; sa division binaire à la division intramusculaire du même trypan. qui est aussi binaire, et a lieu sous la forme Leishmania.
Tr. rotalorium, auquel il assimile son trypan. du Leptodactylus, étant l'espèce type du genre Trypanosoma, Machado propose de faire entrer la notion de la division multiple dans la diagnose de ce genre.
Il a obtenu des cultures sur milieu Novy-Mc Neal. Il a suivi cette culture dès le début, a vu les formes allongées, grandes et petites, s'arrondir, et toutes les catégories de formes se diviser de façon à arriver à égaliser les volumes des petites boules aflagellées qui se transforment en Crithidia; la partie postérieure est généralement
TRYPANOSOMBS DES BATRACIENS 873
mince et pointue. Chez quelques individus, le centrosome est en arrière du noyau et il y aune membrane ondulante bien développée; cette apparition de trypan. paraît liée à la présence dans le sang ensemencé de grandes formes allongées.
Les Limnodynastes, chez lesquels Clelandet Johnston 1 ont découvert des trypan. en Australie, appartiennent à la même famille que les Leplodactylus. Les trypan. observés sont tous du même type : pointu en arrière, avec partie libre du flagelle assez développée, en avant; le centrosome est à peu près à mi-chemin du noyau à l'extrémité postérieure ; la longueur totale varie de 32 jjl à 60 [/.; la largeur varie encore plus et va de 3 jx, 4 à 9 (/., ou bien, si on ne compte pas la membrane ondulante, de 1 jjl, 6 à S \i, 4; il y a donc des formes minces et des formes trapues.
Pittaluga2 a créé l'espèce innominatum pour une forme particulière décrite par Mario Lebredo chez des grenouilles (?) de Cuba 3.
§ 4. — Trypan. inopinatum, Ed. et Et. Sergent, 1904, espèce pathogène pour les grenouilles.
Au commencement de 1904, Ed. et Et. Sergent ont signalé une espèce certainement nouvelle de trypanosome de Rana esculenta, qu'ils ont trouvée en extrême abondance dans le sang d'une grenouille de Kabylie. Ils ont donné à cette espèce le nom de Tr. inopinatum. (Soc. de Biologie, l. c.)
« Ce trypan. (fig. CXLVIII, 6 à 10) mesure environ 25 à 30 pi de long (flagelle compris) sur 3 y. de large. Il ressemble beaucoup au Tr. Lewisi des rats; il en diffère en ce qu'il est plus trapu, moins effilé (surtout dans la partie post-centrosomique); son noyau est situé vers le milieu du corps protoplasmique, tandis que, chez le Tr. Lewisi, il est dans la moitié antérieure. Le centrosome est très développé, comme chez le Tr. Lewisi; c'est souvent une masse allongée transversalement et occupant toute la largeur du parasite. La membrane ondulante ne présente généralement pas de plis, elle paraît encore plus rigide que celle du Tr. Lewisi. Bien que la préparation contienne autant de trypan. que d'hématies, tous les parasites observés sont à peu près de même taille, et en fait de formes de division, nous n'avons vu que, chez un seul trypan., le dédoublement du centrosome et du début de la membrane ondulante, les deux centrosomes sont au voisinage du noyau, au lieu d'occuper la posi-
1. Cleland et Johnston, Journ. a. Proc. Roy. Soc. New South Wales, t. XLIV, 1911, p. 252.
2. Pittaluga, Rev. R. Acad. de Ciencias, Madrid, t. II, 1905.
3. Lebredo, Rev. de Med. y Cirurg. de la Habana, 25 nov. 1903, p. 488.
874 TRYPANOSOMES ET TllYPANOSOM IASES
tion normale du centrosome. Chez quelques autres parasites, nous avons également vu le centrosome voisin du noyau; il s'agissait sans doute de formes se préparant à la division. » (Ed. et Et. Sergent.)
Billet, qui a retrouvé le Tr. inopinatum en Algérie, a cherché à établir qu'il existe des relations onlogéniques entre ce trypan. et une hémogrégarine de la grenouille. Les observations subséquentes de Brumpt et de França n'ont pas confirmé cette manière de voir. Au cours de ses recherches, Billet est arrivé à l'opinion qu'une sangsue (Ilelobdella algira), ectoparasite des grenouilles, est l'hôte intermédiaire normal du Tr. inopinatum qui montre, dans le tube
Fig. CXLVIII. — Tr. inopinatum (d'après Brumpt). 1-5, Formes évolutives chez Helobdella algira; — 6 à 15, formes du sang do la grenouille: — 6-10, Tr. inopinatum s.s.\ — 11-13, formes intermédiaires de Bruinpt (= Tr. elegans França et Athias); — 13-15, formes géantes do Brumpt (= Tr. undulans F. et A.). (Figure empruntée au Précis de parasiloloyie do Brumpt). — Gr. = 1200 D. environ.
digestif des sangsues, une grande variété de formes qu'il ne présente jamais dans le sang de la grenouille.
Guidé par ces constatations de Billet, Brumpt a fait venir à Paris des hélobdelles infectées d'Algérie et il a pu, en leur faisant piquer des grenouilles vertes, fournir la preuve indiscutable que ces sangsues sont bien les hôtes du Tr. inopinatum (espèce tout à fait inconnue chez les grenouilles de France). França a vérifié le fait au Portugal
D'après Brumpt, chez les grenouilles piquées par les sangsues, l'incubation est de 8 à 10 jours. Les parasites inoculés pullulent