CHAPITRE XXXIII
TRYPANOSOMES DES POISSONS
§ 1. — Historique.
En 1841, Valentin a signalé dans le sang d'une truite (Salmo fario), l'existence d'un parasite qu'il rapproche des Amibes d'Ehrenberg1, mais qui, d'après la courte description et les figures qu'il en donne, doit être rapproché plutôt des hématozoaires pour lesquels Gruby a créé, en 1843, le nom de Trypanosomes, ou des Trypanoplasmes.
Remak a observé, dans le sang du brochet (Esox lucius) et de plusieurs autres poissons d'eau douce, des hématozoaires animés de mouvements très vifs, ayant une partie membraneuse transparente et des prolongements dentés qui disparaissent quand les parasites sont au repos2. Il ne semble pas douteux qu'il s'agisse de trypanosomes; la membrane ondulante donne très bien, dans les préparations examinées à l'état frais, l'impression des prolongements dentés décrits par Remak.
Gros a constaté l'existence de vermicides dans le sang de bon nombre de poissons : goujon, motelle, perche, sterlet, lotte, tanche, etc. 3 L'hématozoaire de la motelle a 45 \j- de long sur 1 ;j. de large, il est animé de mouvements très vifs; protéiforme, il se présente le plus souvent sous l'aspect d'un ruban qui se plisse et se tord dans tous les sens. A cette description, on ne peut pas méconnaître des trypanosomes.
Berg et Creplin ont décrit le trypan. du brochet qui a été rencontré par Berg quatre fois sur cinq. La longueur des parasites, d'après Berg, est de une fois et demie à trois fois le grand diamètre des hématies1.