Hindle, Parasilology, t. IV, 1911, p
78 TRYPANOSOMBS ET TllYPANOSOMI ASliS
Dans un pays jusque-là indemne, la maladie est incapable de devenir endémique ou môme épidémique par ce mode.
§4. — Réservoirs de virus.
La connaissance de révolution des trypan. en dehors de l'hôte invertébré suffit évidemment à trancher le problème étio logique pour ce qui concerne les trypan. non pathogènes, parasitant une seule espèce animale, répandue à l'état sauvage. Elle ne suffit pas pour ce qui concerne les trypanosomes qui déterminent des maladies graves, souvent mortelles pour les animaux atteints. Pour que le virus se perpétue, il est nécessaire qu'il se conserve chez un animal relativement peu sensible, tolérant même.
L'existence de ces « réservoirs de virus » a été démontrée pour un certain nombre de trypanosomiases. C'est ainsi que Bruce, au Zoulouland, tenant compte de l'avis des indigènes qui incriminaient le gros gibier dans la conservation et la dissémination du nagana, a démontré que le sang d'un certain nombre de mammifères sauvages, en particulier des Ruminants, renfermait le trypan. 11 y est rare et, en général, son existence ne peut être reconnue que par l'inoculation du sang suspect à un animal sensible.
L'animal supporte bien l'infection; il permet aux tséfsés d'être infectantes en l'absence de tout animal domestique; dès que celui-ci apparaît dans la région contaminée, une épizootie se déclare. On conçoit donc que les trypanosomiases animales à tsétsés soient liées à la présence du gibier sauvage et que la disparition du gibier rende les pays africains aptes à l'élevage des mammifères.
Pour le surra, le bœuf, très peu sensible, paraît bien constituer le réservoir de virus. Pour les trypanosomiases qui évoluent lentement, comme la dourine du cheval, ou encore la maladie du sommeil humaine, il semble que le réservoir du virus soit, en règle générale, simplement constitué par l'espèce, principale victime de la maladie. Mais, même dans ces cas, une espèce tolérante peut exister : Bruce et ses collaborateurs ont mis en évidence le rôle des bovidés et des antilopidés dans la conservation du virus humain sur les bords désertés du lac Victoria.
s — L'hôte primaire est-il l'invertébré ou le vertébré?
Pour tous les trypan. du type non pathogène, se rencontrant dans toutes les classe- de vertébrés, il y a certainement un second hôte invertébré : arthropode ou hirudinée et le Irypanosome (ou brypa-
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noplasmè) y accomplit une partie de son évolution. Ce second hôte se retrouve pour une grande catégorie de trypanosomes pathogènes, ceux qui sont transmis par les tsétsés. On peut en conclure que, typiquement et fondamentalement, les trypan. sont des parasites à deux hôtes. Les cas où les insectes ne paraissent jouer qu'un rôle mécanique, ou bien môme pas de rôle du tout (cas de la domine), devraient donc théoriquement être considérés comme dérivant des précédents. Comme conséquence, on est amené à regarder l'invertébré comme l'hôte primitif des trypanosomes.
C'est la thèse soutenue par L. Léger1, à la suite de sa découverte de flagellés parasites dans le tube digestif des Tabanicles. Les trypanosomes auraient pour origine des parasites d'insectes non piqueurs, qui se seraient modifiés chez ceux d'entre eux qui devinrent hématophages, puis seraient passés dans le sang circulant des vertébrés.
Novy1 et Brumpt3 ont développé des thèses analogues en appelant l'attention sur l'identité des formes de trypan. vivant dans les tsétsés, ou les sangsues, et celles des cultures artificielles. Brumpt a eucore tiré argument de ce que les flagellés d'insectes se présentent surtout sous la forme Leplomonas ou Crilhidia, que d'autres considérations amènent à regarder comme la forme ancestrale des Trypanosorna. 11 a enfin insisté, à juste titre, sur l'existence de trypan. qui peuvent être transmis héréditairement par l'invertébré, à travers l'œuf (ex. : Tr. inopindium et Ilelobdella algira).
Roubaud1, en 1909, a condensé tous ces arguments et a cherché à tracer les étapes de l'évolution des trypan., liée à leur mode de transmission. D'hôte d'abord secondaire, ou autrement dit, accessoire (cas des trypan. à infection héréditaire chez les sangsues), le vertébré devient peu à peu hôte nécessaire et fondamental et finalement reste seul hôte du trypanosome.
Entre temps, Minchiiv' a développé une thèse exactement opposée. L'hôte constant du trypan. est le vertébré; l'hôte inconstant, l'invertébré. Minchin est donc eonvaincu que les trypan. étaient primitivement de simples parasites de Vîntes Un des vertébrés qui ont passé dans leur sang, puis en dernier lieu dans le tube digestif de l'invertébré suceur de sang. Comme stades intermédiaires, il y aurait le cas d'un parasite sanguin du vertébré, s'échappant à l'extérieur et étant absorbé par le tube digestif; puis celui d'un parasite sanguin du vertébré qui, sucé par l'invertébré, s'y enkysterait et repasserait