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Eo. Hesse, Âcud. des sciences, 22 août

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est dirigé en arrière, contrairement à ce qu'on observe chez les trypanosomes.

Chez un môme poisson, on trouve souvent des trypanopl. qui présentent, au point de vue des dimensions, de grandes différences ; à côté d'éléments de grande taille, on rencontre des éléments de moyenne ou de petite taille. D'après Keysselitz, les éléments de grande taille seraient des gamètes; les gamètes mâles auraient un centrosome bien développé et un noyau relativement petit; le contraire s'observerait chez les femelles. On doit se demander s'il ne s'agit pas simplement de stades différents de l'évolution du parasite; Minchin qui a étudié avec soin cette question ne se prononce pas.

D'après Keysselitz, la masse chromatique d'où partent les flagelles (centrosome) comprend de la vraie chromatine et de la plastine. ce qui constitue un argument de plus en faveur de la nature nucléaire de cette formation.

Minchin constate que le kinétonucléus (centrosome) des trypanopl. est beaucoup plus grand que celui des trypan. et qu'il se colore uniformément, sans qu'on puisse distinguer, même par le procédé de l'hématoxyline au fer, aucun détail de structure.

On voit souvent au voisinage du kinétonucléus, à la naissance des flagelles, 2 corpuscules qui se colorent comme les flagelles et qui, d'après Minchin, sont des blépharoplastes.

D'après Keysselitz, le noyau serait décomposable en un caryosome central et 8 granules chromatiques unis à la masse centrale par des filaments de même nature (fig. CLX1I, 2). La division se ferait par pseudo-mitose; la masse centrale s'étirerait, puis se segmenterait, chacun des granules se divisant en deux.

Il résulte des recherches de Minchin que la structure du noyau est la même que chez les trypan. ; la membrane trophonucléaire est seulement moins apparente chez les trypanopl. que chez les trypan. On distingue dans le noyau, après coloration à l'hématoxyline au fer, un ou plusieurs caryosomes. Minchin n'a pas vu les chromosomes signalés par Keysselitz.

On ne voit pas de myonèmes dans le protoplasme (Minchin).

Brumpt a signalé l'existence de granulations de pigment chez le trypanopl. de Cottus gobio, Trpl. Guernel.

La cuticule des trypanopl. est très mince, ce qui explique la facilité avec laquelle leur corps se déforme.

L'infection des carpes, tanches et brèmes par les trypanopl. présente, d'après Keysselitz, une certaine périodicité; c'est pendant les mois chauds de l'année qu'on observe les trypanopl. en plus grand nombre dans le sang de ces poissons; les poissons avec œufs mûrs, ou en voie de maturité, seraient peu ou pas parasités; après la ponte, les flagellés deviendraient abondants.

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Plusieurs observateurs ont signalé des états pathologiques chez des poissons infectés par des trypanoplasmes.

Marianne Plehn a constaté que les carpes infectées par Trpl. cyprini se reconnaissaient à la pâleur des branchies et Hofer a émis l'opinion que ce trypanopl. avait pu être la cause de certaines épizooties des carpes, observées en Allemagne.

Les trypanopl., lorsqu'ils abondent dans le sang des vairons, produisent une anémie profonde; le poissou, pâli et enflé, se tient immobile dans l'eau, et finit par mourir (Léger).

D'après Keysselitz, un certain nombre de poissons succombent à l'infection produite par les trypanopl. Le symptôme principal est l'anémie qui se traduit par la pâleur des branchies. A l'autopsie, on constate l'existence de sérosité dans le péritoine, d'œdèmes et parfois d'une péricardite.

Les travaux de Léger, de Brumpt, de Keysselitz et de Muriel Robertson, résumés plus loin, ont établi le rôle des sangsues dans la transmission des trypanoplasmes.

La technique pour l'étude des trypanopl. est la même que celle qui a été indiquée pour l'étude des trypan. des poissons (voir p. 887); la fixation des trypanopl. est plus difficile à obtenir, dans de bonnes conditions, que celle des trypan. ; les frottis de sang, encore humides, seront exposés aux vapeurs d'acide osmique, puis fixés à l'alcool absolu (une heure au moins). La coloration au Laveran ou au Giemsa est aussi plus difficile que celle des trypanosomes.

S 3. — Description des espèces.

Nous décrirons : 1° les trypanopl. sanguicoles des Poissons européens; 2° les trypanopl. sanguicoles des Poissons exotiques; 3° les trypanopl. trouvés dans les voies digestives de quelques Poissons marins.

{. — Trypanoplasmes sanguicoles des Poissons européens.

Tous ces trypanopl. ont été trouvés chez des Poissons d'eau douce.

Les poissons chez lesquels l'existence des parasites a été signalée appartiennent aux familles, genres et espèces dont les noms suivent. On remarquera que les trypanopl. ont été rencontrés principalement chez des Cyprinidœ comme les trypan. et souvent chez les mêmes espèces que ces derniers.

Çypmniuwb. — Cyprinus carpio. — Carassius vulgaris et C. auralus. — Tinca tinca. — Barbus fluviatilis. — Gobio /hwiatilis. — Phoxinus hcvis. — Abramis brama. — Leuciscus idus. — L. raiilus

(gardon). — Scardinius erylhrophtalmus (rotengle). — Squahus cephalus (chevaine).

Gadid.k. — Lola vulgaris.

Connut e. — Cobitis barbatula.

EsociD/E. — Esox liicius.

Peucid.e. — Perça fluvialilis. — Acerina cernua. Salmonidés. — Salmo fario.

TiUGLin.E. — Cottus gobio.

Nous commencerons l'étude de ces trypanopl. par celle du Tr. Borreli qui est le premier en date et le mieux connu.

Trpl. BonnELi, Lav. et Mcsn., 1901. — Ce parasite a été trouvé dans le sang de la moitié des rotengles (Scardinius erythrophiatmus) péchés dans les étangs de Garches. Les jeunes rotengles sont plus rarement infectés que les rotengles qui mesurent 15 à 17 cm. de long. Chez tous les rotengles que nous avons examinés, aussi bien chez ceux infectés naturellement, que chez ceux infectés expérimentalement, les Trypanoplasma étaient en petit nombre dans le sang, un examen prolongé était souvent nécessaire pour les découvrir.

Minchin qui a examiné, à Sutton Broad (Angleterre), le sang de nombreux rotengles n'a vu des trypanopl. que chez un de ces poissons, et les parasites étaient très rares.

Dans les préparations de sang frais, Trpl. Borreli a des mouvements très vifs et il est impossible de se rendre un compte exact de sa structure. On constate seulement que le parasite change souvent de forme ; tantôt il se courbe en C et l'on voit, du côté de la convexité, une membrane ondulante; tantôt il s'étale comme une amibe et le corps devient alors aussi transparent que la membrane ondulante; il se déplace, l'extrémité la plus grosse en avant. On ne distingue ni noyau, ni granulations d'aucune sorte.

Les préparations colorées révèlent une structure bien différente de celle des Trgpanosoma.

Le corps des Trpl. Borreli est aplati, souvent recourbé en arc comme l'indique la figure CL1X, 1 (voyez aussi la planche en couleur, fig. 16). La partie située du côté de la concavité est plus épaisse que la partie située du côté de la convexité qui se continue, sans ligne de démarcation nette, avec la membrane ondulante. Cette partie convexe du corps se colore plus faiblement que la région du côté de la concavité; le tout prend une teinte d'un bleu assez homogène, au milieu duquel tranchent parfois des granules foncés. Chez certains exemplaires, l'extrémité postérieure se colore en bleu d'une façon intense alors que l'extrémité antérieure reste claire. L'extrémité postérieure est amincie; tantôt elle se termine brusquement, tantôt elle finit en pointe très aiguë en longeant le flagelle.

Le corps du parasite est soumis d'ailleurs à des déformations nom-

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breuscs et il s'en faut de beaucoup qu'il se présente toujours sous l'aspect indiqué en 1 (fig\ GLIX). La forme qui porte le n° 2 (môme figure) est assez commune. Parfois le protoplasme est encore plus étalé et les contours dessinent un ovale plus ou moins régulier.

La longueur du corps (flagelles non compris) oscille peu autour de 20 [jl; la largeur est variable : 3 à 4 ;x ou môme davantage.

Sur les préparations bien colorées, on distingue, à l'union du tiers antérieur du corps avec le tiers moyen, deux amas de chromatine qui ont généralement une forme allongée, le grand axe étant parallèle à celui du corps du parasite. De ces deux amas de chromatine, l'un, celui qui est situé d'ordinaire du côté de la convexité, est plus volumineux, moins fortement coloré et plus globuleux que l'autre,

Fig. CL1X. — Trypanoplasma Borreli.

1 et 2, Trypanoplasma du rotenglo. — 3, 4, Eléments on voie de division. — 5, Trypanoplasmo du vairon. — Gr. = 1 800 diamètres environ.

c'est le noyau (fig. CL1X, 1, 7i); l'autre, situé d'ordinaire du côté de la concavité, plus allongé, plus mince et prenant une teinte violette plus foncée que celle du premier, représente le centrosome (1, c).

Le centrosome donne naissance aux deux flagelles : flagelle antérieur qui devient libre immédiatement (fa) et flagelle postérieur (fp) ; ce dernier contourne l'extrémité antérieure, borde la membrane ondulante et ne devient libre qu'à la partie postérieure; il se détache souvent du corps du parasite avant d'avoir atteint l'extrémité postérieure, comme cela est indiqué pour les éléments 3 et 5 de la figure CHX. La longueur des flagelles antérieur et postérieur (parties libres) est de 15 \>. environ.

Nous avons observé quelques formes de division dans le sang de rotengles infectés expérimentalement; le centrosome se divise le premier, les flagelles se dédoublent ensuite; la figure CLIX montre (3 et h) deux phases de cette division.

Léger a rencontré fréquemment dans le sang des vairons [Phoxinus Uevis Agass.) du Dauphiné, des trypanopl. ayant une

grande ressemblance avec Trpl. Borreli. Chez certains vairons, ces hématozoaires qui existent en très grand nombre produisent une anémie profonde; le poisson décoloré se tient immobile, refuse la nourriture et finit par mourir

L'expérience suivante paraît démontrer que, conformémentà l'opinion émise par Léger le trypanopl. du vairon doit être identifié à celui du rotengle -.

Ali mois de juin 1904,13 vairons péchés dans la Marne et n'ayant dans le sang ni trypan. ni trypanopl. sont inoculés, par Laveran, dans le péritoine, avec le sang d'un rotengle provenant de Garches (Seinc-et-Oise'. ayant dans son sang de rares Trpl. Borreli. 9 des vairons inoculés meurent peu de temps après l'inoculation; chez 2 des survivants, l'examen du sang, fait 13 à 14 jours après l'inoculation, démontre l'existence de trypanopl. ayant tous les caractères du Trpl. Borreli; chez l'un des vairons les trypanopl. sont assez nombreux, ils sont rares chez l'autre. Les 2 derniers vairons ne s'infectent pas.

Le sang d'un dos vairons infectés est inoculé à un rotengle chez lequel l'examen du sang avait démontré l'absence de trypanopl., ce rotengle s'infecte.

L/Trpl. cyprini, M. Plehn, 1903 3. — Mlle M. Plehna trouvé ce parasite, dans le sang de carpes de diverses provenances, à la station de pisciculture de Munich. Quelquefois les parasites étaient très nombreux et les poissons infectés se reconnaissaient à la pâleur des branchies.

D'après Hofer, cette maladie aurait ravagé certains étangs de l'Allemagne où l'on fait l'élevage des carpes; les carpes malades restent pendant des semaines sur le côté, repliées en arc; quand on les touche, elles nagent pendant quelques instants, mais pour reprendre bientôt leur position première. Les assertions de Hofer sur la cause des épizooties des carpes, de 1900 à 1902, comportent quelques réserves, puisque Trpl. cyprini n'a été décrit qu'en 1903.

Le parasite est assez résistant; dans les préparations faites avec du sang mélangé à de l'eau physiologique, il reste mobile pendant plusieurs jours.

Quand les mouvements se sont un peu ralentis, on distingue les flagelles et la membrane ondulante.

La membrane ondulante commence à la partie antérieure; elle ne va pas jusqu'à la partie postérieure, elle se termine vers le dernier quart du corps.

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