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ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE

infection par un trypanosome, ont acquis l'immunité pour ce trypanosome, conserve pendant longtemps son activité quand on l'expérimente en mélange avec le sang virulent. Laveran a cité les exemples suivants : le sérum d'un mouton est resté actif en mélange deux ans et six mois après guérison d'une infection par Tr. dïmorphon; le sérum d'un bouc était actif en mélange dix-sept mois après la guérison d'une infection par Tr. gambiense '.

§2. — Anatomie pathologique générale.

Parmi les altérations anatomiques les plus constantes dans les trypanosomiases, il faut citer celles de la rate et des ganglions lymphatiques.

A. Raie. — La rate est presque toujours augmentée de volume, mais le degré de l'hypersplénie varie beaucoup suivant les espèces animales et suivant la durée de l'infection.

L'hypersplénie, très forte chez les animaux qui, comme la souris, le rat, le cobaye, le chien, meurent avec de nombreux trypanosomes dans le sang, est beaucoup moins marquée chez ceux qui, comme le lapin, la chèvre, le mouton, les bovidés, ne montrent d'ordinaire que des trypanosomes rares ou très rares. D'autre part, dans le premier groupe de ces animaux, les infections à marche très aiguë s'accompagnent d'une hypertrophie moindre de la rate que les infections à marche lente.

L'hypersplénie prend parfois des proportions énormes.

Chez des souris du poids moyen de 21 gr. 90, infectées par Tr. congolense, Laveran a trouvé que le poids de la rate était, en moyenne, de I gr. 43 ; il atteignait chez quelques souris 2 gr. à 3 gr. ; chez une souris de 25 gr., le poids de la rate était de 5 gr., soit le cinquième du poids du corps, alors que, à l'état normal, le poids de la rate d'une souris est le 300e environ du poids du corps, soit 7 cg. pour une souris de 20 gr.

Chez les cobayes morts de trypanosomiase, on trouve constamment une hypersplénie plus ou moins marquée. La rate qui, chez un cobaye normal de 400 gr. environ, ne pèse que 0 gr. 70, pèse, en moyenne, 2 gr. 50 chez les cobayes, de même poids, morts d'une infection à trypanosomes et il n'est pas rare de trouver, chez ces animaux, des rates beaucoup plus volumineuses, pesant de 3 à 10 gr.

La rate est ramollie, parfois diffluente; sa capsule, distendue et amincie, cède souvent, elle se déchire et des épanchements de sang rapidement mortels se produisent dans la cavité péritonéale.

I. A. Laveran, Acad. des Sciences, 0 janvier 11)11 el Soc. de palh. exotique, 8 novembre 1011. — K. Mksnil et M. Léger, Soc. de palh. exotique, 10 janvier 1012.

*66 THYPANOSOMES ET TRYPANOSOMIASBS

Ces déchirures de la capsule de la rate ne sont pas également fréquentes dans toutes les trypanosomiases et chez toutes les espèces animales; on ne les observe que chez les animaux qui ont des hypersplénies très fortes, en particulier chez les cobayes; c'est dans les infections produites par Tr. congolense et par Tr. gambiense qu'elles ont été notées avec le plus de fréquence '.

Sur 76 cobayes infectés par Tr. congolaise, la déehirure de la rate a élé. notée 16 fois par Laveran, soit dans 21 p. 100 des cas environ et. dans un 17e cas, un foyer hémorragique de la rate était sur le point de se rompre dans le péritoine.

Sur 95 cobayes infectés par Tr. gambiense, des déchirures de la rate ont été observées 7 fois, soit dans 7,36 p. 100 des eas.

D'autres altérations importantes de la rate ont été notées 7 fois : hypersplénie énorme, hémorragies intraspléniques, périsplénite.

Sur 92 cobayes morts du surra de Maurice, un seul cas de déchirure de la rate avec épanchement sanguin inlrapéritonéal a été observé.

Chez un cobaye de 180 gr. mort du surra de Nha-Trang, la rate, infiltrée de sang, très molle, avait le poids énorme de 33 gr. ; il n'y avait pas de déchirure, pas d'épanchement sanguin intrapéritonéal.

Sur 47 cobayes morts de mbori, des hémorragies interstitielles de la rate ont été notées 3 fois, les poids des rates atteignaient : 14, 16 et 23 gr. Dans un des cas, il y avait un épanchement sanguin inlrapéritonéal. suite de déchirure de la rate.

Sur 47 cobayes morts de l'infection produite par Tr. soudanaise. deux cas de déchirure de la rate avec épanchement abondant de sang dans le péritoine ont été notés; les cobayes pesaient respectivement 460 et 510 gr.. et les rates 12 gr. et 10 gr. 50.

Sur 14 cobayes morts de caderas, un cas de déchirure de la raie avec épanchement de sang dans le péritoine a été noté. Le cobaye pesait 557 gr. et. la rate 12 gr.

Sur 41 cobayes infectés par Tr. logolense, aucun cas d'hémorragie ni de déchirure de la rate n'a été noté; l'hypersplénie était cependant bien marquée, le poids de la rate atteignait parfois 5 à 6 gr.

Les déchirures de la rate se produisent par un des procédés suivants : 1" la capsule fortement distendue cède sur un ou plusieurs points; ±' il se produit une hémorragie int rasplénique qui, si elle esl superficielle, soulève la capsule, la décolle et la rompt.

Les traumatismes (chute, action de saisir brusquement les cobayes, etc.) faciritenl le-- déchirures de la rate, mais ils ne sont pas nécessaires pour la production de ces accidents. Laveran a

I. A. Laveran, Bullet. Soc. palh. cxoïi<\uc, 11)08, l. 1, p. B98.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉiRA'LE 167 observé fa déchirure de la raie chez des cobayes qui, depuis plusieurs jours, n'avaient pas été maniés.

Les hémorragies intraspléuiques expliquent, l'énorme développement que la raie prend quelquefois (raies pesant 20, 30, voire même 42 et 45 gr. chez des cobayes de 500 gr. environ).

Des déchirures de la rate suivies d'hémorragies intrapéritonéales oui été observées aussi chez les souris, notamment dans des infections produites par Tr. congolaise (Laveran).

L'étude histologique de la rate hypertrophiée montre que ce viscère est le siège d'une forte congestion avec hyperplasie des éléments normaux et foyers de nécrose '.

Ces nécroses de la rate étaient très marquées chez les souris infectées par Roudsky avec le Tr. Lewisi renforcé2.

Nous reviendrons plus loin sur l'état dans lequel les trypanosomes se trouvent dans la rate et sur les éléments qui ont été décrits comme latent bodies (voir Pathogénie, rôle de la rate).

B. Ganglions lymphatiques. — La polyadénite lymphatique qui constitue un des symptômes les plus constants de la maladie du sommeil existe aussi dans les trypanosomiascs animales. Les ganglions inguinaux et axillaires hypertrophiés sont souvent le siège d'une vive hyperémie.

D'après Breinl (Op. cit.), les ganglions prennent souvent l'aspect de glandes hémo-lymphatiques; il y a hyperplasie prononcée du tissu connectif, agrandissement des follicules, formation d'un système de sinus contenant des hématies et de larges phagocytes dans un fin réticulum de tissu connectif.

Mole et Mott, (jiii ont étudié les lésions des ganglions lymphatiques hypertrophiée extirpés pendant la vie, chez des sujets atteints de maladie du sommeil, ont constaté qu'il y avait d'abord hypertrophie de la substance centrale et, en dernier lieu, altération scléreuse pouvant gêner le cours de la lymphe 3.

Les ganglions lymphatiques sont un des sièges d'élection des trypanosotnes, ce qui explique la fréquence des altérations qu'ils subissent. A la première période de la maladie du sommeil et des autres trypanosomiases, les trypanosomes sont souvent plus nombreux, et par suite pins faciles à voir, dans la lymphe extraite des ganglions hypertrophiés que dans le sang.

Le- altérations des ganglions lymphatiques dans les trypanosomiases son! évidemment en rapport avec l'augmentation du nombre

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