‹ Trypanosomes et trypanosomiases [electronic resource]Chapitre 98 sur 410 · C. — MÉTHODES SPÉCIALES D'IDENTIFICATION DES TRYPANOSOMES · texte numérisé non relu

C. — MÉTHODES SPÉCIALES D'IDENTIFICATION DES TRYPANOSOMES

L'étude morphologique et biologique des trypanosomes ne fournissant pas toujours des données assez précises, on a cherché des méthodes d'identification plus sûres.

Epreuve de l' immunité croisée. — Deux trypanosomes A et B étant donnés, on recherche si un animal ayant acquis l'immunité pour A possède ou non l'immunité pour B, et réciproquement. S'il y a immunité croisée, les virus sont de même espèce; dans le cas contraire, on peut conclure qu'il s'agit de deux virus différents.

Celte méthode que nous avons préconisée a fait ses preuves; elle a servi à résoudre maint problème difficile '2. Nous savons, grâce à elle, que Tr. Brucei et Tr. Evansi appartiennent à deux espèces bien distinctes; que le surra de Nha-Trang ne doit pas être identifié au surra indien; que Tr. congolaise diffère de Tr. dimorphon; Tr. pecoram de Tr. congolense; Tr. hippicum de Tr. Evansi; que le trypanosome de la mbori est une simple variété de Tr. Evansi; que le surra de Maurice doit être identifié au surra de l'Inde, cl Tr. soudanense

1. II. Kocn, Ueber die Unterscheidung der Trypanosomenarten, Sitzungsberichic der Kônigl. preussisclie A laide mie der Wissenschaflen, 1005.

2. Voyez notamment A. Lavehan et F. Mesnil, Acad. des Sciences, 27 murs 1008. — A. Laveran, Acad. des Sciences, 27 février 11)1 1, et Soc. de palh. exotique, 14 février 1912.

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aux trypanosomes des épizooties algériennes connues sous les noms d'el-debab et de mal de la Zousfana; que Tr. rhodesiense appartient à une autre espèce que Tr. gambiense.

Les chèvres, les moutons et les bovidés qui, placés dans de bonne* conditions, offrent une grande résistance aux trypanosomiases, et qui acquièrent d'ordinaire l'immunité à la suite d'une première atteinte, sont les animaux de choix pour l'épreuve d'immunité croisée. Bien entendu, avant de déclarer qu'un animal est guéri d'une trypanosomiase donnée, il faut s'assurer, en inoculant à des animaux sensibles de fortes quantités de sang (30 à 50 ce.), que la guérison est réelle; lorsqu'on a acquis cette conviction, l'animal est réinoculé avec une forte dose du même virus; une quinzaine de jours après cette réinoculation, on injecte de nouveau du sang (30 à 50 ce.) à des animaux d'épreuve, et c'est seulement lorsqu'on s'est assuré que cès animaux ne se sont pas infectés qu'on inocule le virus à identifier.

De ce que des animaux ayant acquis l'immunité pour un trypanosome s'infectent quand on leur inocule un trypanosome d'une autre origine, on ne peut pas conclure qu'il s'agit de parasites d'espèces différentes, des animaux qui résistent à une variété peu virulente d'un trypanosome pouvant être infectés par une variété plus virulente; l'épreuve d'immunité croisée, telle qu'elle est définie plus haut, répond à cette objection.

On peut reprocher à celle épreuve la longueur des expériences qu'elle nécessite, aussi a-t-on cherché des méthodes d'identification plus rapides.

Méthodes de sëro-diagnostic. — En 1906, nous avons appelé l'attention sur les services que peut rendre le séro-diagnostic.

Le sérum d'un animal qui a acquis l'immunité contre un trypanosome se montre actif quand on l'emploie, à dose suffisante, en mélange avec le sang contenant ce trypanosome, inactif quand on fait le même essai avec d'autres trypanosomes; le sérum acquiert donc souvent, à un degré assez élevé, des propriétés spécifiques qui peuvent être utilisées pour l'identification des trypanosomes1.

Le sérum d'un animal qui a acquis l'immunité contre un trypanosome peut conserver pendant longtemps son activité spécifique en mélange. Laveran a cité l'exemple d'un sérum de bouc qui avaiteonservé son activité dix-sept mois après guérison d'une infection par Tr. dimorphon et celui d'un mouton qui étaitencore actif en mélange deux ans et six mois après guérison d'une infection par le môme trypanosome -.

Le sérum des animaux atteints d'une trypanosomiase à marche

1. A. Laveran et F. Mesnil, Acad. des Sciences. 25 juin 1906.

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