‹ Tu ne tenteras point ... Proverbe en un acteChapitre 4 sur 13 · DINE · texte numérisé non relu

DINE

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RICHARD

A quoi tient la tendresse d'une femme!

NADINE

La jalousie est souvent la première manifestation de l'amour. Puis, la tendresse des homme-- tient à moins encore. Le... <( non » qu'on oppose au » oui » qu'ils at tendent suffit à leur faire trouver nulle vertus à une rouée.

RICHARD. Ils ont gagné le milieu.) Qui de nous peut se vanter de ne point retrouver devant certaines femmes sa gaucherie de collégien ?

NADINE

Et pourtant, on est le maître Bertier, la grande médaille du Salon, l'auteur de .. Frisson d'octobre »

RICHARD

Oui, oui. dans les journaux. Mais pour vous, je ne suis rien de tout cela. Je suis seulement \otre amant qui n'est heureux d<? sa gloire que pour autant qu'elle vous aide à l'aimer.

NADINE Ingrat !

RICHARD Voulez-vous savoir ce qui m'a fait le plus plaisir au Salon d'automne '.'

NADINE

Votre triomphe parbleu !

RICHARD

Non. C'est d'y avoir connu votre jeune sœur.

NADINE (S'assied mr le fauteuil de pose.) Quoi, Rita, sœurette ?

RICHARD (A sa droite).

Oui, tout de suite, elle m'a plu ! Je retrouvais tant de souvenirs exquis dans ce visage qui ressemblait si bien au vôtre. Et la découverte d.' cette petite âme m'a été bien douce.

NADINE

\ussi fûtes- vous vraiment très chic ! Vous, que les amateurs d'art s'arrachent et savent irréductible clans les transactions, vous avez demandé à Sœurette de vous laisser faire son portrait.

RICHARD

Que voulez-vous, un artiste, ça ne se vend que pour manger et ça se donne toujours à ce qu'il aime.

\ \DI\K elle se lève .

Et comment va votre travail ?

RICHARD (Gagnant à gauche, au-dessus du chevalet) Voyez vous-même.

NADINE (A droite du chevalet) Oh ! merveilleux -

RICHARD

oui, je suis assez content.

NADINE Décidément, vous avez le don rare de saisir le caractère d'une ligure ; vous savez, comme personne...

RICHARD De la pommade ? Laissez donc cela aux journalistes.

NADINE Sincèrement. Puis ce fut une idée vraiment heureuse que celle d'habiller Rita en fille de Boyard : ce costume de chez nous est bien celui qui lui convenait le mieux.

RICHARD

N'est-ce pas ? Voyez comme il fait valoir les nattes épaisses de la chevelure, cette chair où se mêlent la rose et l'ambre et où l'on sent déjà l'orient, cette bouche pareille à quelque fruit des jardins mélancoliques et ces yeux, ces yeux où il y a tant de mystère...

NADINE (Gagnant à droite.) Oh ! comme vous vous emballez, mon cher...

RICHARD (La suit un peu) Rassurez-vous, ce n'est là que l'admiration du peintre pour un beau modèle. .

NADINE

Oui, tous les artistes en disent autant !

RICHARD

Voyons, Nadine !

NADINE

C'est vrai, à les entendre, ils ne voient jamais en une femme que le caract/re artistique.

RICHARD

Sans doute, que chercherions- nous d'autre en elle, sinon la couleur et la forme.

NADINE Oui, oui, bon apôtre. Et si le bourgeois proteste, on lui dit qu'il n'y c tait rien. C'est de l'art ! Un beau jour, il trouve une femme, sa fille, dans les bras du peintre o-' du sculpteur. C'est de l'art, bourgeois, c'est de l'art ! (Elle a gagné l'extrême droite.)

On appelle Ça pousser l'étude à fond.

NADINE (se retournant vers lui.) Vous voyez ?

RICHARD

Est-ce à dire que Mademoiselle Karnovitch et moi ?

NADINE <" »t à Richard., Richard, j espère que vous sa\ :

el i' vous conna sez homme d'honneui

RICH ' RD

Merci pour lui..

NADINE Néanmoins, je sais a issi que votre ,in.. de papillon aime à plaire à toutes les femmes Elle e ra, tied m le faul'iui di posi i ■ ■

surprise que déjà, vous eussiez été galant avec Sœurette.

RII II .Mil).

h- vous affii me qu il nti e nous

que des politesses.

Vrai ?

Vrai '

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